Site archéologique Dawson

Le site Dawson est un ancien village iroquoien qui se trouve sur l'île de Montréal, adjacent au mont Royal.

Tesson
Tesson de poterie découvert au site Dawson à Montréal (avec la permission du Musée McCord, ACC2829.3).
Aiguille en os
Aiguille en os des Iroquoiens du Saint-Laurent, découverte par Sir John William Dawson (avec la permission du Musée McCord, M13316).
Épingle en os
Épingle en os découverte au site Dawson, Montréal (avec la permission du Musée McCord, M13300).
Herminette
Herminette en pierre découverte au site Dawson, Montréal (avec la permission du Musée McCord, ACC2844).
Pipe en argile
Pipe iroquoienne en argile décorée en provenance du site Dawson à Montréal. Selon la datation au carbone, cette pipe date d'entre 1475 et 1525 de notre ère (avec la permission du Musée McCord, M4243).
Maison longue
Maquette d'une maison longue iroquoienne (artiste Michel Cadieux; avec la permission du Musée McCord, MR998.71.1).
Pointe barbelée
Pointe barbelée en os découverte au site Dawson à Montréal (avec la permission du Musée McCord, M13306).

Site archéologique Dawson

Le site Dawson est un ancien village iroquoien qui se trouve sur l'île de Montréal, adjacent au mont Royal. Le site, situé auparavant sur une dune de sable, couvre environ deux acres et a été découvert par hasard en 1859 par des ouvriers qui s'affairaient à creuser dans le sol au coin des rues Metclafe et du boulevard Maisonneuve. À cette occasion, plusieurs fragments d'ossements humains ont été mis au jour ainsi que des tessons de poterie et des traces d'établissement, tels que des vestiges d'anciens pieux de maison longue et des cercles formés de charbon de bois indiquant l'emplacement des feux de cuisson dans les MAISONS LONGUES. Toutefois, une partie importante du gisement avait été préalablement excavée pour son sable et servait alors de terre de remplissage pour divers travaux urbains. Par conséquent, bon nombre de preuves archéologiques étaient déjà détruites ou perdues.

Par la suite, ce qui restait du site Dawson a été investigué sommairement par John William DAWSON, à l'époque directeur au collège McGill (à présent l'université McGill), dans le cadre d'un des premiers projets de sauvegarde du patrimoine archéologique implanté sur le territoire canadien. Outre la poterie, représentée par les vases céramiques et les pipes principalement, on y a découvert plusieurs outils en os, entre autres des poinçons et des harpons, des outils en pierre, dont des haches et des meules à main, ainsi que des ossements de divers mammifères : ours, castor et cerf de Virginie. Quelques vestiges osseux, représentant diverses espèces de poissons tels l'esturgeon et la barbotte, se retrouvent également dans l'assemblage faunique. On dénote aussi la présence de plantes cultivées, notamment des fragments de grains de maïs, de haricots et de courges et des restes de cerises et de prunes sauvages.

Sauf exception, la plupart des artefacts ont été récoltés en fonction de leur attrait comme pièce de collection. Ainsi, les objets témoins ne comportant pas de décorations ou trop brisés ont été le plus souvent ignorés. Conséquemment, la collection n'est pas représentative de l'ensemble des habitudes de vie des occupants de l'ancien village, et se démarque de ce que l'on recueille généralement lors des fouilles des villages iroquoiens réalisées suivant les règles de l'art.

Selon toute vraisemblance, l'occupation du site Dawson date du début du XVIe siècle, soit entre 1500 et 1550 de notre ère. La poterie de ce gisement archéologique partage d'ailleurs la même signature stylistique que celle du site MANDEVILLE, un autre village iroquoien qui se trouve plus en aval du fleuve Saint-Laurent, à Tracy. Un style similaire de décorations a été également retrouvé sur les vases céramiques provenant de la Place Royale, dans le Vieux-Montréal. L'analyse typologique (voir DATATION EN ARCHÉOLOGIE) de la poterie découverte sur le site Dawson propose une affiliation sans équivoque avec les IROQUOIENS DU SAINT-LAURENT, un groupe d'agriculteurs sédentaires qui occupe la vallée du Saint-Laurent entre le XIIIe et le XVe siècle de notre ère. Plusieurs villages de ce regroupement culturel ont été retrouvés dans les zones d'arrière-pays, le long de l'axe fluvial entre Cornwall et Québec, notamment les sites DROULERS-TSIIONHIAKWATHA, MCDONALD, MAILHOT-CURRAN, LANORAIE et Mandeville.

Le site Dawson et le village d'Hochelaga

Pendant longtemps, on a cru que le site Dawson correspondait à l'illustre village d'HOCHELAGA que l'explorateur français Jacques CARTIER découvre lors de son deuxième voyage en terre québécoise (1535-1536). Selon les relations de Cartier, on retrouvait à l'époque une cinquantaine de maisonnées dans l'ancien village, abritant une population d'environ 1500 individus. Or, malgré le fait que le site Dawson semble dater de la même période qu'Hochelaga, son envergure n'est pas assez importante pour englober un village tel que celui décrit par l'explorateur français.

Par ailleurs, le peu d'objets en métal découvert lors des investigations sur le site Dawson tranche avec la description que nous a laissée Cartier lors de sa visite à Hochelaga. En effet, à cette occasion, Cartier mentionne la distribution de nombreux objets en métal à la population, notamment des haches aux dignitaires, des couteaux aux hommes, des chapelets et autres menus objets aux femmes et finalement des bagues et des médailles en étain aux enfants. Pour l'instant, l'énigme persiste. Néanmoins, tout indique que le site Dawson représente un petit village contemporain à celui d'Hochelaga, plutôt que l'important village visité par Cartier.


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