Archéologie maritime

 Colombie-BritanniqueEn Colombie-Britannique, la plupart des travaux ont été menés par la Underwater Archaeology Society of British Columbia (UASBC), un large regroupement d'archéologues, la plupart bénévoles, formé en 1975. La Société a publié sept inventaires régionaux d'épaves.


Archéologie maritime

 L'ARCHÉOLOGIE maritime au Canada s'est développée considérablement au cours des 40 dernières années. Plusieurs travaux ont été menés par des archéologues du Service canadien des parcs et des groupes bénévoles provinciaux, spécialement en Colombie-Britannique et en Ontario. Le sujet est enseigné occasionnellement et de façon ad hoc dans quelques universités canadiennes, mais de plus en plus de Canadiens vont à l'étranger pour faire des études supérieures dans le domaine. Présentement, il y a des travaux en cours sur les côtes atlantique, arctique et pacifique du Canada, ainsi que dans certains cours d'eau et lacs intérieurs.

 Colombie-Britannique
En Colombie-Britannique, la plupart des travaux ont été menés par la Underwater Archaeology Society of British Columbia (UASBC), un large regroupement d'archéologues, la plupart bénévoles, formé en 1975. La Société a publié sept inventaires régionaux d'épaves. Ceux-ci traitent de douzaines d'épaves des XIXe et XXe siècles, qui comptent parmi plus de 1,500 épaves se trouvant dans les eaux de la Colombie-Britannique. Parmi les plus intéressantes étudiées il y le BEAVER, le premier bateau à vapeur sur la côte de la Colombie-Britannique; le Zephir, qui transportait des colonnes de granite pour la San Francisco Mint; le USS Suwanee, un vaisseau de guerre de l'époque de la guerre civile qui percuta contre un récif et coula au nord de l'île de VANCOUVER en 1868; et le Ericcson, un bateau à vapeur de 1852 avec un moteur thermique révolutionnaire qui coula en 1892 sans ses moteurs originaux, conçus par John Ericcson. Durant les années 1980, la UASBC a aussi fouillé, en eaux peu profondes, un amoncellement de coquillages datant de 6,000 ans au port Montague sur l'île de GALIANO. Des pêcheurs ont également recueilli des vases chinois émaillés dont on ne connaît pas l'âge et qui proviennent d'au moins deux site différents à l'ouest de l'île de Vancouver, mais l'exploration des épaves n'a pas encore eu lieu. D'autres membres de la Société ont localisé, cartographié, et publié les résultats de leurs recherches sur des épaves de bateaux à aubes dans les Kootenays.

LA UASBC a aussi des programmes de sensibilisation du public et donne des cours d'archéologie sous-marine à la Nautical Archaeology Society (NAS). Le Musée maritime de la Colombie-Britannique et son ancien directeur exécutif, James Delgado, ont été impliqués dans les activité de la UASBC, en plus de fournir des installations pour la conservation de ses découvertes.

Un autre projet dans les eaux de Colombie-Britannique s'est concentré sur la recherche du TONQUIN, un bateau de traite des fourrures qui coula en 1811 et constitue probablement l'une des premières épaves européennes sur la côte. Un développement récent et excitant a été la découverte de vestiges d'établissements de l'ÉPOQUE GLACIARE, profondément submergés le long d'une route possible de migration pour les premier habitants de l'Amérique du Nord.

Ontario

 En Ontario, une grande partie de l'archéologie maritime est réalisée par la demi-douzaine de branches locales et régionales du Save Ontario Shipwrecks (SOS), qui a des objectifs et programmes similaires à ceux de la Underwater Archaeology Society of British Columbia (UASBC). Fondé en 1981, le SOS compte aussi un programme d'installation de bouées d'amarrage qui vise à protéger les épaves historiques des dommages causés par les ancres. Le programme inclue également la pose de plaques sur les épaves pour y inscrire leur histoire et encourager la préservation du patrimoine maritime en laissant les artéfacts sur place. L'Ontario compte plusieurs milliers d'épaves, principalement dans les GRANDS LACS, le long du Fleuve SAINT-LAURENT, et dans les canaux RIDEAU et Trent/Severn. L'infestation de MOULES zébrées y a des avantages et des inconvénients. Leur présence a considérablement augmenté la clarté de l'eau, mais la plupart des épaves sont maintenant couvertes d'une couche de moules.

D'autres groupes ont localisé les épaves du Hamilton et Scourge, deux bateaux marchands convertis en vaisseaux de guerre américains. Il furent coulés dans une tempête sur le lac ONTARIO près de Hamilton pendant la GUERRE DE 1812. En raison de la profondeur de 91 m à laquelle ils se trouvent, les bateaux ont été conservés dans un état remarquable, des détails, tels les figures de proue, étant bien préservés.

Québec

 Au Québec, les plongeurs bénévoles ont formé une société semblable à celle de l'Ontario suite à la découverte, en 1994, de la barque Elizabeth and Mary. Celle-ci coula en 1690, lors de l'une des invasions malchanceuses de la VILLE DE QUÉBEC par Sir William PHIPS. Cette épave, qui est la plus vieille jusqu'à maintenant découverte au Québec, a été fouillée et interprétée à travers une collaboration unique entre ces plongeurs et l'unité d'archéologie subaquatique du Service canadien des parcs. Le site a révélé un trésor d'artéfacts pour l'interprétation de la construction d'embarcations maritimes et de la vie à bord d'un navire au XVIIe siècle.

L'Est canadien

 Le Service canadien des parcs possède le programme de recherche sur le terrain le plus ambitieux et le mieux financé au Canada; il s'est concentré sur plusieurs épaves importantes dans les eaux de l'Est canadien. Celles-ci incluent trois navires BASQUES de chasse à la baleine et quatre embarcations de bord du XIVe siècle, qui coulèrent à RED BAY au Labrador (ils ont été fouillés par Robert Grenier entre 1978 et 1984). Il y a également une frégate française datant du milieu du XVIIIe siècle, le Machant, coulée en 1760 dans la baie des CHALEURS au Nouveau-Brunswick (elle fut fouillée entre 1969 et 1972). Le Service canadien des parcs a aussi exploré des vaisseaux de guerres français du XVIIIe siècle, coulés près de la grande forteresse de LOUISBOURG sur l'île du Cap-Breton.

L'Arctique

 Dans l'Arctique, la découverte, par le Dr. Joseph MACINNIS, du BREADALBANE à une profondeur d'environ 100 m, a révélé une autre épave bien préservée. Celle-ci date du milieu du XIXe siècle. Même les gréements ont survécu dans l'eau glacée. Le bateau fut broyé par la glace et coula alors qu'il recherchait le « Saint Graal » de l'exploration maritime dans l'Arctique, l'Erebus et Terror de Sir John Franklin (voirRECHERCHE DE SIR FRANKLIN). Une épave plus modeste est celle du Maud, le bateau de l'exploration polaire de Roald AMUNDSEN qui coula plus tard à CAMBRIDGE BAY, alors qu'il était au service de la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON. Une équipe de la UASBC l'a exploré en 1995-1996. Une autre découverte modeste fut celle d'archéologues danois près de l'embouchure de la rivière CHURCHILL en 1964. Ils y ont trouvé des éléments (des barres de fer de la coquerie) du navire de Jens MUNK, le Unicorn, qui coula pendant l'hiver 1619-1620 alors que Munk et son équipe y séjournaient.

Voir aussiNAUFRAGES ET ÉPAVES; PLONGÉE SOUS-MARINE


Lecture supplémentaire

  • G. Bass, Ships and Shipwrecks of the Americas (1987); J. Delgado, Encyclopedia of Underwater and Maritime Archaeology (1997); J. MacInnis, The Search for the Breadalbane (1985).

Liens externes