​Bataille de Beaumont-Hamel

Le 1 juillet 1916, pendant la Première Guerre mondiale, les Forces alliées lancent une offensive majeure en France.

Le 1erjuillet 1916, pendant la Première Guerre mondiale, les Forces alliées lancent une offensive majeure en France. Cependant, l’ouverture de la Bataille de la Somme devient l’un des jours les plus meurtriers de l’histoire militaire moderne. Au village de Beaumont-Hamel, le Newfoundland Regiment subit des pertes catastrophiques : après seulement 30 minutes de combats, plus de 90 pour cent du régiment manque à l’appel.

Naissance d’un régiment

Quand l’Angleterre déclare la guerre à l’Allemagne, en août 1914, Terre-Neuve, alors colonie britannique, n’avait ni armée ni milice de l’armée. Pourtant, quand l’Empire appelle à l’aide, des centaines de jeunes hommes se portent volontaires, et le Newfoundland Regiment est né. Des uniformes sont produits rapidement, et on en vient à manquer de kaki. On utilise donc des tissus bleu marine pour fabriquer les jambières, ou bandes molletières, pour les soldats, d’où leur sobriquet les « Blue Puttees », ou bandes molletières bleues.

Le premier contingent terre-neuvien de 537 soldats et officiers s’embarque pour l’Europe en octobre 1914 et est rapidement rejoint par d’autres.

Bataille de la Somme

À l’été 1916, après avoir combattu à Gallipoli, le Newfoundland Regiment est transféré sur le front de l’Ouest, en préparation pour l’offensive dans la vallée de la Somme. Dans le cadre de la phase initiale de la Bataille de la Somme, les Terre-Neuviens reçoivent l’ordre d’attaquer le village de Beaumont-Hamel, où les Allemands sont solidement retranchés.

Dans les jours menant à la « Grande Poussée », qui marque le début de l’offensive, les commandants alliés bombardent les lignes allemandes à plusieurs reprises dans l’espoir d’endommager sévèrement les fortifications ennemies. Mais quand la première vague de soldats alliés sort des tranchées, le 1erjuillet 1916 à 7 h du matin, et s’avance dans le no man’s land, il s’avère que la plupart des Allemands ont survécu au barrage d’artillerie et attendent l’assaut de pied ferme.

À Beaumont-Hamel, des centaines de soldats alliés jonchent bientôt le champ de bataille, certains morts, d’autres agonisants. Pourtant, les commandants décident de poursuivre l’offensive. À 9 h 15, les Terre-Neuviens reçoivent l’ordre d’attaquer à partir de leur tranchée située derrière la ligne de front, surnommée la « route de Saint-Jean de Terre-Neuve ». Ralentis par leurs sacs à dos pesant presque 30 kg, ils doivent pourtant traverser un terrain découvert exposé aux mitraillettes et à l’artillerie des Allemands. Les soldats du Newfoundland Regiment sont massacrés en moins d’une demi-heure.

Le soldat Anthony Stacey, qui observe le carnage depuis une tranchée avoisinante, rapporte plus tard comment ces hommes sont fauchés vague après vague : « L’ennemi n’a eu qu’à aligner ses mitrailleuses vers les espaces entre les fils barbelés avant de faire feu. […] [Je] ne pouvais voir aucun mouvement, seulement des monceaux de kaki affalés contre le sol. »

Les pertes sont hallucinantes : des 801 soldats du Newfoundland Regiment, seulement 68 sont en mesure de répondre à l’appel après la bataille. Plus de 700 sont tués, blessés ou portés disparus. Parmi les morts, on compte plusieurs fratries.

Répercussions

Les premières nouvelles à parvenir à Terre-Neuve parlent d’une glorieuse victoire. Mais dans les semaines qui suivent, les habitants de la colonie apprennent peu à peu la terrible vérité : des centaines de jeunes hommes avaient trouvé la mort.

Dans ses condoléances aux Terre-Neuviens, le général britannique Aylmer Hunter-Weston écrit : « Il n’y eut aucun indécis, aucun retardataire. Pas un seul homme n’a regardé derrière lui. Ce fut un étalage magnifique de valeur exercée et disciplinée, et si cet assaut a échoué, c’est seulement parce que les morts ne peuvent plus avancer. »

Malgré ses pertes ahurissantes, le Newfoundland Regiment est renforcé par de nouveaux soldats et prendra part à plusieurs autres grandes batailles de la guerre, notamment à Guedecourt, à Ypres, à Arras, à Courtrai et à Cambrai.

En 1917, après les combats à Cambrai et à Ypres, la Couronne britannique décerne au régiment le préfixe « Royal ». Le régiment sera seul à se voir accorder cet honneur pendant la Première Guerre mondiale.

À la signature de l’armistice, en 1918, 6 241 hommes avaient servi dans le Royal Newfoundland Regiment. De ceux-là, 1 304 sont tués. Des centaines d’autres rentrent chez eux avec des blessures graves. La perte d’une génération de jeunes hommes laisse une marque indélébile sur le développement économique et culturel de Terre-Neuve.

Commémoration

Terre-Neuve n’a pas oublié le sacrifice de ses enfants à Beaumont-Hamel. Le premier jour du Souvenir est organisé à Saint-Jean de Terre-Neuve le 1erjuillet 1917. Un an plus tard, une loi décrète le 1erjuillet comme étant le jour officiel de commémoration de Terre-Neuve.

À Beaumont-Hamel, l’ancien champ de bataille est maintenant un parc. À son point le plus élevé, la statue d’un caribou, emblème officiel du Royal Newfoundland Regiment, surplombe le champ où tant d’hommes sont morts. Leurs noms remplissent trois plaques de cuivre à la base du monument.


En savoir plus

Statistiques de la Première Guerre mondiale

Début :

4 août 1914

Fin :

11 novembre 1918

Population du Canada :

8 millions

Canadiens qui ont servi (hommes et femmes) :

630 000

Ceux qui sont allés outre-mer :

425 000

Canadiens tués :

60 661

Canadiens blessés :

172 000

Grandes batailles (auxquelles le Canada a participé) :

St. Eloi (1916)

Mont Sorrel (1916)

La Somme (1916)

Crête de Vimy (1917)

Côte 70 (1917)

Passchendaele (1917)

Amiens (1918)

Collection: Première Guerre mondiale

Réserver la visite d’un orateur

Liens externes