Bergeron, Henri

Henri Bergeron, homme de médias, auteur (Saint-Lupicien, Manitoba 1925-10 juillet 2000). Fils d'un agriculteur et cheminot canadien-français et d'une Cévenole pieuse et dévouée, il naît dans une minuscule maison de pionniers, et grandit au sein d'une famille de 13 enfants.

Bergeron, Henri

Henri Bergeron, homme de médias, auteur (Saint-Lupicien, Manitoba 1925-10 juillet 2000). Fils d'un agriculteur et cheminot canadien-français et d'une Cévenole pieuse et dévouée, il naît dans une minuscule maison de pionniers, et grandit au sein d'une famille de 13 enfants. C'est au cours de sa scolarité au Collège des Jésuites (Saint-Boniface), puis de ses études de doctorat en droit à l'Université du Manitoba (Winnipeg), qu'il se découvre une passion pour le spectacle et la communication. En 1943, il fait ses débuts sur les planches du Cercle Molière, la plus vieille troupe de théâtre au Canada, où le rejoignent bientôt sa soeur Liliane (1928-), pionnière de la radio féminine, et son frère Léandre (1933-), futur docteur ès lettres et écrivain. Toutefois, il ne fera pas carrière dans ce domaine. L'année suivante, il épouse une infirmière, Yvonne Mercier (1923-), qui lui donnera cinq enfants.

Pionnier de la radio lui-même, il devient successivement annonceur au premier poste français de l'Ouest (CKSB, Saint-Boniface, 1946), animateur et directeur des émissions de CKCH-Hull (Qc, 1949-1952), et le premier animateur de langue française à la télévision canadienne (CBFT-Montréal, 1952), où son parfait bilinguisme fait merveille. Tout au long de son riche parcours - où il mène conjointement des activités d'animateur de galas, de présentateur radio, de narrateur à l'Office national du Film (ONF, Montréal) et de professeur de communication à l'Université de Montréal - le succès de ses émissions ne se dément pas: L'Heure du Concert, Concert pour la Jeunesse (années 60), Les Beaux Dimanches (années 70-80), pour ne citer que les plus célèbres.

Ardent défenseur de la qualité et de la pureté de la langue française, respecté par le public savant, adulé par le public populaire - que touchent sa simplicité et son optimisme jovial -, il achève sa carrière couvert d'honneurs et de récompenses, parmi lesquelles le prix du Conseil de la Vie française en Amérique (1963), l'Ordre du Canada (1978), l'Ordre des francophones d'Amérique (1989), l'Ordre de la Pléiade (1994) et l'Ordre national du Québec (1995).

Les dernières années, Henri Bergeron a troqué le micro contre la plume, mais, à travers ses nombreux ouvrages, on retrouve les qualités qui ont fait la gloire de l'homme de radio: rythme du conteur, sens du suspens, clarté et concision de la langue. Si ses mémoires, Un bavard se tait pour écrire (1989) et Le coeur de l'arbre: Le bavard récidive (1995) nous entraînent du pied de la Montagne Pembina (Man.) au faîte de la tour de Radio-Canada, à Montréal, La communication... c'est tout (1992) nous enseigne l'art du bien parler, tandis que L'Amazone (1998), une biographie romanesque écrite en hommage à sa femme et aux pionniers de l'Ouest, nous fait partager la folle chevauchée d'une infirmière du XIXe siècle, partie accompagner un groupe de colons du Québec jusqu'au Manitoba. Henri Bergeron est décédé le 10 juillet de l'an 2000.