​Commandement canadien pendant la Grande Guerre

Le Corps expéditionnaire canadien (CEC), formé presque entièrement de soldats civils, compte environ 630 000 hommes pendant la Grande Guerre, de 1914 à 1918.

Le Corps expéditionnaire canadien (CEC), formé presque entièrement de soldats civils, compte environ 630 000 hommes pendant la Grande Guerre, de 1914 à 1918. Des fermiers, des commis, des étudiants et des travailleurs d’avant-guerre s’enrôlent pour servir le roi et le pays. Tout de même, près de 100 000 hommes sont conscrits au service pendant la dernière année de la guerre. La plupart des officiers canadiens hauts gradés sont issus de la classe moyenne, parmi eux des avocats, des ingénieurs, des soldats professionnels, des hommes d’affaires, des fermiers et même un dentiste. Dans une étude réalisée en 1916, il s’avère que les trois quarts des 48 officiers hauts gradés sont nés au Canada, ce qui est beaucoup plus élevé que chez le personnel subalterne du CEC, dont seulement 51 % sont nés au Canada. L’année de naissance moyenne des officiers hauts gradés est 1873. Avant la guerre, ils avaient tous acquis de l’expérience militaire, soit en servant pendant la guerre des Boers (1899-1902) ou dans la milice canadienne. Ce petit groupe d’hommes mène les Forces de combat canadiennes dans la guerre la plus coûteuse jamais menée par le Dominion.

Premier contingent politisé

Avant la guerre, la milice est formée d’unités réparties au Canada. Les effectifs de la milice comptent plus de 100 bataillons d’infanterie, et d’unités supplémentaires d’artillerie et de cavalerie. Les unités de milice, habituellement formées d’au plus quelques centaines d’hommes, marchent, s’entraînent et pratiquent le tir à la carabine quelques fois par mois. Avant la guerre, l’armée professionnelle ne compte que 3100 hommes. C’est pourquoi la milice, avec environ 59 000 soldats à temps partiel en 1914, forme la base de la défense du Canada, le CEC.

Le ministre de la Milice et de la Défense, Sam Hughes, joue un rôle central en août 1914, surtout dans la création du CEC, la nouvelle armée d’outre-mer du Canada. En tant que colonel de milice, Sam Hughes est un fervent partisan de la milice. Il croit que les hommes canadiens possèdent des qualités innées en tant que robustes guerriers du nord, et qu’ils sont de meilleurs soldats que les troupes professionnelles, paresseuses et peu intelligentes, à ses yeux. Au départ, il choisit la plupart des commandants hauts gradés du CEC. Ce noyau de commandants et de brigadiers de bataillon, issus en majorité de la milice, forme la base de l’expansion massive des Forces armées. Son étroitesse d’esprit à l’égard des Canadiens français fait en sorte que peu de ces derniers accèdent à des postes de commandement supérieur.

Première génération de chefs

Les nominations les plus importantes de Sam Hughes sont celles des trois brigadiers d’infanterie : Malcom Mercer, Richard Turner et Arthur Currie. Chacun d’entre eux commande une brigade formée au total d’environ 4000 hommes répartis dans 4 bataillons d’infanterie. Bien qu’ils soient des commandants de milice d’expérience, aucun n’a été aux commandes lors d’une bataille, à l’exception de Richard Turner, qui a été officier subalterne pendant la guerre des Boers et pour laquelle il s’est vu décerner la croix de Victoria, la plus prestigieuse décoration pour bravoure de l’Empire.

Le brigadier Richard Turner en 1917.
Image : WikiCommons.

Les brigadiers ne disposent que de peu de temps pour entraîner leurs troupes dans le chaos de Valcartier, au Québec, alors que 35 000 Canadiens convergent vers le camp de l’armée dans l’espoir d’être envoyés outre-mer. Malgré cela, les brigadiers recrutent quelques officiers d’état-major d’expérience pour les aider à accomplir des tâches administratives cruciales d’apparence banale. Ces officiers d’état-major, qui seront plus tard la risée des soldats, puisqu’ils ne combattent pas l’ennemi au front, sont indispensables d’abord à Valcartier, puis sur le front de l’Ouest. Ils assurent la formation adéquate, le mouvement efficace des troupes et du matériel, en plus de mettre en action les ordres d’un commandant. En raison de la nature technique de leur travail, bon nombre d’officiers d’état-major sont des soldats professionnels britanniques prêtés au Canada. Pendant la guerre, la milice canadienne et les soldats professionnels dépendent grandement des soldats britanniques, mais à mesure qu’ils gagnent en expérience, les Canadiens occupent les postes de commandement et d’état-major.

Le premier commandant du Canada est aussi un soldat professionnel britannique. Le lieutenant-général E.A.H. Alderson est un officier de la cavalerie britannique rappelé de sa retraite pour diriger les troupes canadiennes. Il avait auparavant commandé des Canadiens pendant la guerre des Boers. Lorsque le premier contingent de 31 000 Canadiens débarque en Grande-Bretagne en octobre 1914, E.A.H. Alderson encadre ses brigadiers et ses commandants de bataillon. Bien qu’il ait écrit de façon critique que « l’autorité ou l’habitude de commandement » faisait défaut à plusieurs de ses officiers, très peu d’entre eux sont étonnamment jugés inaptes et renvoyés chez eux. Sam Hughes est en partie responsable de ce problème, car il est profondément loyal à de nombreux officiers qu’il a lui-même nommés et est en conflit avec E.A.H. Alderson dans sa volonté d’exercer son influence sur le CEC. Le renversement par ce dernier de la politique de sobriété de Sam Hughes contre l’alcool dans le CEC signale le début de leur relation houleuse. Avec l’aide de ses copains en Angleterre, dont sir Max Aitken et le colonel John Carson, son représentant spécial en Grande-Bretagne, Sam Hughes ne manque aucune occasion de nuire à E.A.H. Alderson dans le but de contrôler les nominations militaires à caractère politique.

Baptême de feu

La Division d’infanterie canadienne arrive sur le front de l’Ouest en février 1915 sous le commandement d’E.A.H. Alderson. Elle combat au sein du Corps expéditionnaire britannique. Après deux mois de guerre de tranchées où les tireurs d’élite et les éclats d’obus entraînent régulièrement des pertes, les Canadiens combattent dans la deuxième bataille d’Ypres, à la fin avril. Le 22 avril, les Allemands attaquent avec du chlore gazeux pour pratiquer une trouée dans la ligne alliée, mais les Canadiens jouent un rôle de premier plan en contre-attaquant et en livrant un habile combat défensif.

Le brigadier Richard Turner est blâmé d’avoir perdu le contrôle de ses Forces pendant la bataille, mais la pression sur le front était énorme et les communications étaient constamment défaillantes, ce dont il n’était qu’en partie responsable. Le brigadier Arthur Currie livre une meilleure bataille en utilisant judicieusement ses Forces et ses réserves. Toutefois, il est plus tard critiqué pour sa décision controversée du 24 avril d’aller vers l’arrière pour chercher du renfort. S’ils avaient été dans une division britannique, Richard Turner et Arthur Currie auraient tous deux probablement été congédiés, mais E.A.H. Alderson n’avait pas non plus fait preuve de génie en s’isolant loin derrière. Malcolm Mercer, le troisième brigadier, ne participe que très peu à la bataille. La deuxième bataille d’Ypres est le baptême de feu des Canadiens. En une semaine de bataille, ils perdent plus de 6000 hommes. Toutefois, les bataillons d’infanterie, les batteries d’artillerie et les autres formations comme les ingénieurs se sont bien battus, malgré la mort de plusieurs commandants de bataillon alors qu’ils dirigent leurs troupes au front.

D’autres batailles ont lieu à Festubert (mai 1915). Elles sont suivies par un été de guerre de tranchées à Saint-Éloi (avril 1916) et au Mont Sorrel (juin 1916). Dans ce milieu rude et impitoyable, les Canadiens s’adaptent au front et apprennent à y survivre.

Corps expéditionnaire canadien

Au moment de la création du CEC, en septembre 1915, E.A.H. Alderson s’en voit confier le commandement. Arthur Currie devient l’officier général commandant (OGC) de la 1re Division d’infanterie canadienne, et Richard Turner, celui de la 2e Division d’infanterie canadienne. Malcolm Mercer prend les commandes de la 3e Division d’infanterie canadienne à l’arrivée de celle-ci, en décembre 1915, mais il meurt six mois plus tard au Mont Sorrel. Le CEC compte éventuellement 100 000 soldats répartis dans 4 divisions d’infanterie. Il représente la plus grande formation canadienne sur le front de l’Ouest, mais il n’est pas seul. S’y trouvent aussi, entre autres, la Brigade de cavalerie canadienne, et les unités forestières et ferroviaires, qui ne sont pas sous le commandement du CEC. Toutes les unités canadiennes font partie du CEC.

Arthur Currie et Richard Turner rivalisent l’un avec l’autre pendant la guerre, mais leurs rapports ne dégénèrent jamais au-delà d’une légère mauvaise volonté. Les deux ont été nommés par Sam Hughes. Ils entretiennent des liens amicaux avec le ministre pendant un certain temps, bien qu’ils soient mécontents de ses attaques répétées contre E.A.H. Alderson, tout particulièrement après que le général britannique ait tenté de faire remplacer les fusils Ross peu fiables, fabriqués au Canada, par des fusils de modèle britannique Lee-Enfield, plus robustes. Sam Hughes, un individu dominant d’humeur de plus en plus instable, croit qu’E.A.H. Alderson est incompétent, insensible aux vies canadiennes perdues au combat et peu enclin à promouvoir les intérêts canadiens.

Sir Julian Byng

Après l’échec des Canadiens lors de la bataille de Saint-Éloi, en avril 1916, où ils se font écraser solidement par les Allemands, Sam Hughes manigance pour déloger E.A.H. Alderson. Le commandement du CEC est confié à sir Julian Byng, un excellent général de la cavalerie britannique. Au départ, Julian Byng est perplexe et affirme n’avoir jamais même rencontré de Canadiens de sa vie. Toutefois, le CEC devient une formation de guerre efficace sous sa gouverne. Son style décontracté convient aux soldats canadiens, qui se voient davantage comme une bande indisciplinée d’hommes des bois et de chasseurs hardis du Nord que comme des soldats astiqués. En tant que chef inspirant, Julian Byng gagne le cœur de ses Canadiens, qui tirent rapidement une grande fierté d’être surnommés les « hommes de Byng ». Il réduit aussi l’ingérence politique de Sam Hughes dans le CEC, surtout la propension du ministre à tenter de lui imposer la nomination d’officiers. Sa tâche est facilitée lorsque Sam Hughes est démis de ses fonctions de ministre pour grossière incompétence par le premier ministre sir Robert Borden, en novembre 1916.

« Bungo » Byng était étroitement lié à la royauté britannique et au feld-maréchal sir Douglas Haig, commandant en chef britannique. Il est un mentor enthousiaste auprès de ses commandants de division et de brigade. Le major général Arthur Currie est rapidement choisi comme le meilleur commandant de division canadien, même si la division de Richard Turner est plus efficace au combat pendant la bataille de la Somme, où les Canadiens perdent 24 000 hommes de septembre à novembre 1916. Le major général Louis Lipsett, un soldat professionnel britannique, est à la barre de la 3e Division d’infanterie canadienne. Il est tenu en haute estime par presque tous. Seul le major général David Watson, commandant de la 4e Division d’infanterie canadienne et ancien journaliste conservateur de Québec, est perçu comme étant faible. Comme tous les autres commandants de division, David Watson a gravi les échelons. Il était un très bon commandant de bataillon, mais médiocre à titre de brigadier. Il s’avère un OGC faible, qui s’appuie fortement sur son officier d’état-major d’expérience, le soldat professionnel britannique William Edmund Ironside. Selon la rumeur, William Edmund Ironside dirige la division. Il connaîtra d’ailleurs une brillante carrière au sein de l’armée britannique, dans laquelle il accèdera au poste de chef d’état-major général impérial.

Le lieutenant-général Julian Byng est à la tête des Canadiens pendant la bataille de la crête de Vimy, en avril 1917. Cette victoire majeure permet de prendre possession d’une position allemande d’apparence imprenable. En juin 1917, il est nommé « commandant » de la troisième armée britannique. Il désigne Arthur Currie à titre de successeur. Six mois plus tôt, Richard Turner avait été muté au poste clé de chef d’état-major en Angleterre, où il s’occupe efficacement de la formation, de la main-d’œuvre, de la discipline, du moral des troupes et même des relations diplomatiques avec les civils britanniques et le haut commandement militaire. Il est aussi le nouveau représentant militaire au nouveau ministère des Forces militaires du Canada outre-mer, créé à la fin de 1916. L’organe politique vise à superviser la gestion du CEC au sein de l’effort de guerre britannique. Le lieutenant-général Richard Turner a été largement oublié par les Canadiens, mais il a joué un rôle clé pendant la guerre, puis après celle-ci, en appuyant les anciens combattants.

Arthur Currie

Le général Sir Arthur Currie en juin 1917.
Image : Département de la défense nationale/ Biblioth\u00e8que et Archives Canada/ PA-001370.

Arthur Currie se voit donner les rênes du CEC. Le général canadien, qui fait près de 1,90 m et dont les 113 kg débordent de son uniforme, a l’esprit vif et étudie continuellement les enjeux de la guerre de tranchées. Il assemble une équipe efficace, et l’encourage à tirer des leçons des victoires et des défaites au combat. Bien qu’il se rapporte à Douglas Haig, un commandant de l’armée relevant du commandant en chef du Corps expéditionnaire britannique, il est aussi le représentant militaire du gouvernement canadien au front et n’hésite pas à exercer son autorité morale en questionnant les ordres des Forces britanniques qui nuiraient à son CEC. Par exemple, lors de la bataille de la côte 70, en août 1917, Arthur Currie modifie radicalement le plan d’attaque. L’attaque frontale prévue dans la ville française de Lens est remplacée par une opération sophistiquée ayant recours à la tactique « mordre, tenir bon et détruire », dirigée dans les hauteurs de la côte 70, sise au nord de la ville. Quelques mois plus tard, alors que les Britanniques cherchent des moyens pour pallier la pénurie de renforts, Arthur Currie refuse de réduire la taille des effectifs du CEC pour permettre la création de nouvelles unités. Grâce à cette décision courageuse, le CEC demeure une formation de choc aux effectifs excédentaires.

En 1918, le CEC, qui compte plus de 100 000 soldats répartis dans 4 divisions, est désormais une formation mature et efficace. Les officiers hauts gradés gravissent les échelons lors de la création de nouvelles unités, ou lorsqu’un commandant meurt, se blesse ou est démis de ses fonctions. Les commandants de division, de brigade et de bataillon possèdent des connaissances solides. Dans la dernière année de guerre, ils ont de nombreux mois, voire des années, d’expérience de commandement. Par exemple, en août 1918, les commandants de corps, de division et de brigade sont en poste depuis en moyenne 17 mois, alors que les commandants de bataillon y sont en moyenne depuis plus de 12 mois. Les brigadiers canadiens, notamment J.H. MacBrien (futur chef d’état-major général), Archibald Macdonell (qui gravit les échelons de commandant de bataillon à OGC de la 1re Division d’infanterie canadienne), Frederick Loomis (OGC de la 3e Division d’infanterie canadienne dans les derniers mois de la guerre) et William C. Griesbach, sont des commandants d’exception.

Certains officiers hauts gradés craquent sous le stress accumulé pendant leur service incessant (d’ailleurs, Arthur Currie destitue trois brigadiers de longue date entre mai et septembre 1918), mais dans l’ensemble les commandants forment un groupe d’expérience qu’ils ont acquise au combat. Selon une étude menée auprès de 59 généraux canadiens postés en France et en Angleterre, 17 ont été blessés et un seul, le major général Malcolm Mercer, est mort au combat. Un autre commandant de division, le major général Louis Lipsett, professionnel britannique de longue date, quitte le commandement de la 3e Division d’infanterie canadienne en septembre 1918, puis meurt lors d’une patrouille près du front le 14 octobre.

Le CEC est une formation de combat homogène au sein de laquelle les quatre divisions combattent ensemble sous son commandement. Il présente de nombreux avantages, en comparaison avec le Corps expéditionnaire britannique. Sa nature semi-permanente permet à Arthur Currie de mobiliser les ressources et la puissance de feu. Du côté du Corps expéditionnaire britannique, il laisse la gestion aux divisions, et souffre des défis posés par la coordination des ressources entre les commandants hauts gradés qui, souvent, ne se connaissent pas et n’ont pas combattu ensemble.

Le général Sir Arthur Currie avec le feld-marechal Sir Douglas Haig, en février 1918.
Image : Département de la défense nationale/ Biblioth\u00e8que et Archives Canada/ PA-001370.\r\n

Le style de commandement d’Arthur Currie consiste à organiser des batailles où il déploie une forte puissance de feu pour briser la résistance ennemie, neutraliser les armes de l’ennemi, puis aider l’infanterie à traverser la zone de destruction située entre les tranchées opposées pour affronter directement l’ennemi. Cette approche de combat descendante est assez rigide, mais à mi-parcours de la guerre, les officiers subalternes et les sous-officiers de l’infanterie sont encouragés à combattre en frayant leur chemin, en s’adaptant au terrain et aux points forts de l’ennemi, et en lançant des attaques même si des officiers hauts gradés sont morts ou blessés. Malgré tout, les communications entre le quartier général et les lignes de front demeurent le maillon faible tout au long de la guerre et sont à l’origine de l’échec de nombreuses batailles.

Campagne des Cent-Jours

Dans la première moitié de 1918, le CEC d’Arthur Currie ne subit que quelques pertes lors des offensives allemandes. Il est toutefois jeté dans une série de batailles pendant la campagne des Cent-Jours, du 8 août au 11 novembre 1918. C’est au cours de ces combats que l’armée allemande est défaite d’une bataille à l’autre. Les Canadiens mènent de nombreuses attaques décisives à Amiens, à Arras, sur la ligne Hindenburg et lors de l’offensive finale vers Mons. Arthur Currie s’efforce toujours de bien préparer les batailles en assemblant une forte puissance de feu sous forme d’artillerie et de mitrailleuses, mais il ne peut atténuer complètement les pertes occasionnées par les attaques frontales contre les lignes fortifiées de l’ennemi. Les troupes de choc canadiennes sont lancées dans quelques-unes des batailles les plus ardues. Au final, les troupes canadiennes sont décimées de 45 000 hommes pendant la campagne des Cent-Jours.

Les Canadiens sont encensés pour leur rôle pendant la campagne des Cent-Jours. Cependant, certains des soldats d’Arthur Currie estiment que ce dernier a, tel un boucher, sacrifié leur vie dans des batailles futiles. Même s’il est le meilleur général de combat de l’histoire du Canada, Arthur Currie est, pendant plusieurs années, aux prises avec ce qui est considéré aujourd’hui comme un trouble de stress post-traumatique. Il se bat pour sauver sa réputation ternie par les rumeurs de son insensibilité. Avant la fin de la guerre, Sam Hughes, ancien ministre de la Milice et de la Défense, verbalise ces rumeurs alors qu’il exprime son mécontentement lors d’attaques notoires. Les accusations se poursuivent après la mort de Sam Hughes, en 1921. En 1928, Arthur Currie poursuit en diffamation, à Cobourg, en Ontario, un petit journal ayant rapporté les rumeurs dans une cause qui fait les manchettes. Il gagne sa cause, mais subit un accident vasculaire cérébral dont il ne se remettra jamais complètement. Il meurt en 1933.

Mémoire

Dans la mémoire populaire de la Grande Guerre, les généraux hauts gradés et les commandants ne sont que des bouchers et des incompétents n’ayant su s’adapter aux réalités de la guerre moderne. En réalité, le CEC avait de très bons commandants sur les champs de bataille. Les membres de la milice d’avant-guerre et les soldats professionnels sont soudés dans le feu de l’action et guidés par des mentors britanniques. Ce mélange permet aux meilleurs d’entre eux d’accéder aux postes de commandement. Il n’y avait pas moyen de se battre sur le front de l’Ouest sans déverser de sang, mais les Canadiens se sont révélés être parmi les meilleurs du Corps expéditionnaire britannique. Une grande part de ce crédit revient aux officiers et aux commandants hauts gradés, qui ont fait preuve d’intelligence, de dévouement et de capacité d’adaptation.


En savoir plus // Tim Cook

Collection: Première Guerre mondiale

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