Canadiens d'origine Russes

Les Russes composent le plus grand groupe ethnique des pays slaves, et il s'agit de la nationalité dominante au sein de la Fédération de Russie, qui a succédé à l'Empire russe et à l'URSS.

Canadiens d'origine Russes

Les Russes composent le plus grand groupe ethnique des pays slaves, et il s'agit de la nationalité dominante au sein de la Fédération de Russie, qui a succédé à l'Empire russe et à l'URSS. En 1994, ils composaient environ 81,5 % de la population, soit quelque 148 549 000 de personnes dans la Fédération de Russie. En outre, 25,3 millions de Russes vivaient à l'extérieur de la Fédération de Russie à cette époque. Au Canada, en 2006, on recensait 500 600 Canadiens d'origine russe (réponses unique et multiple). À l'exception des communautés de Doukhobors, relativement unifiées et concentrées (entre 30 000 et 40 000 personnes), les membres de ce groupe ethnique s'assimilent rapidement dans la société canadienne et ont tendance à se disperser partout dans le pays. Toutefois, leur contribution aux domaines des arts, des sciences et des professions au Canada est plus importante que ne l'indique leur nombre.

Migration et peuplement

Les premiers Russes du Canada sont des chasseurs de fourrure, basés sur le territoire qui est aujourd'hui l'Alaska. Ils exercent leur activité dans les îles de la Reine-Charlotte [Haida Gwaii] et le long de la côte vers le sud dans les années 1790. Plusieurs officiers russes en service détaché, membres de la marine britannique, sont basés à Halifax de 1793 à 1795.

Bien que certains membres des autorités russes aient recommandé l'occupation des terres côtières jusqu'en Californie espagnole, les conventions de 1824 et 1825 conclues entre les États-Unis et la Grande-Bretagne mettent court à leurs aspirations en restreignant l'Amérique russe à la frontière Canada-Alaska actuelle.

Les limitations officielles canadiennes et russes font habituellement obstacle à l'émigration en Russie. Par conséquent, les premiers immigrants d'origine russe arrivent au Canada principalement en groupes, par suite d'un arrangement particulier. De 1874 à 1880, près de 8000 colons Mennonites allemands provenant du sud de la Russie s'installent en Saskatchewan. En 1899, 7500 doukhobors s'installent au Canada, grâce à l'aide du célèbre écrivain Léon Tolstoï, en Russie, du professeur James Mavor et de Clifford Sifton, alors ministre de l'Intérieur, au Canada. À partir des années 1890, plusieurs milliers de Juifs russes émigrent, fuyant la vie de ghetto et les pogroms de l'ouest de la Russie. De petites communautés russes s'établissent à Montréal, à Toronto, à Windsor, à Timmins, à Winnipeg, à Vancouver et à Victoria.

Immigration russe au XXe siècle et au-delà

Les premiers immigrants sont en majorité des paysans qui trouvent du travail dans diverses industries. Après la Deuxième Guerre mondiale, une grande partie du million de Russes, composée surtout d'ouvriers agricoles et de travailleurs d'usines, fuyant les répercussions de la Révolution russe cherche à entrer au Canada, où l'on favorise l'immigration des hommes disposés à travailler comme ouvriers agricoles, bûcherons et mineurs. Les intellectuels qui parviennent à entrer au pays et à exercer leur profession accomplissent un travail exceptionnel dans de nombreux domaines. Leonid I. Strakhovsky (1898-1963) ouvre la voie aux études slaves à l'U. de Toronto. Boris P. Babkin (1877-1950) poursuit sa carrière en gastroentérologie à l'Université Dalhousie et à l'Université McGill. Nicolas, Vladimir, Alexis et George Ignatieff, les quatre fils du comte Paul Ignatieff, dernier ministre de l'Éducation du tsar Nicolas II, apportent une importante contribution à l'ingénierie et au gouvernement. Paraskeva Clark (née Plistik) deviendra une peintre renommée. Certains Russes rejoignent le Bataillon Mackenzie-Papineau du Canada qui combat du côté des républicains au cours de la guerre civile espagnole.

La Crise des années 30 et la Deuxième Guerre mondiale interrompent pratiquement toute immigration, mais, de 1948 à 1953, un nombre considérable de Russes immigrent au Canada. Certains d'entre eux avaient à l'origine quitté la Russie pour s'établir en Europe, mais la majorité est constituée des millions de personnes déplacées qui se sont retrouvées en Allemagne après la guerre, soit parce qu'elles s'opposaient à Staline, soit parce qu'on les avait condamnées aux travaux forcés. Ces deux groupes se composent de personnes généralement jeunes, instruites, plutôt urbaines et conscientes de leur patrimoine russe.

Après 1953, l'immigration russe décline fortement (au début des années 70, le nombre annuel moyen d'immigrants provenant de l'ensemble de l'URSS n'est que de 230), bien que le gouvernement soviétique commence, à cette époque, à autoriser l'émigration de certains Juifs. À la fin des années 80, le Canada avait admis près de 1500 immigrants juifs soviétiques. Depuis la dissolution de l'URSS, en décembre 1991, les Juifs russes ont continué à composer une grande partie de l'immigration en provenance de la Fédération de Russie.

En tout, selon le recensement de 2006, 500 600 personnes au Canada sont d’origine russe. Cependant, pour seulement 98 245 de celles-ci constituent des réponses uniques, avec 402 360 réponses multiples.

Avec l’adoption en Russie de lois interdisant toute manifestation de comportement homosexuel en 2013, on croyait généralement que beaucoup d’homosexuels russes revendiqueraient le statut de réfugié au Canada. Le ministre de l’Immigration, Chris Alexander, a déclaré que leurs réclamations seraient bien fondées et qu’ils seraient fort probablement les bienvenus. Le nombre total d’éventuels demandeurs de statut de réfugié, ainsi que leur impact sur la population canadienne d’origine russe actuelle, n’a pas encore été estimé.

Vie sociale et culturelle

Si les Canadiens d'origine russe sont de diverses confessions (par ordre d'importance : l'Église unie du Canada, l'Église orthodoxe russe et l'Église catholique romaine), l'église orthodoxe demeure le centre traditionnel des gens les plus ouverts et les plus actifs se réclamant d'origine ou d'ascendance russe.

Le Canada compte quelque 40 paroisses orthodoxes russes. La moitié d'entre elles sont membres de l'Église orthodoxe russe hors frontières, et les autres, de l'Église orthodoxe d'Amérique à laquelle adhèrent de nombreuses églises non russes qui se conforment également au rite byzantin. L'église Saint-Pierre et Saint-Paul (membre de l'Église orthodoxe d'Amérique), l'une des plus anciennes paroisses canadiennes russes, a été fondée à Montréal en 1907.

Une large gamme d'organisations politiques prend forme au sein de la communauté russe. Au cours des années 30, certains Russo-Canadiens adhèrent aux Russians Farmer-Worker Clubs de gauche. Fermés par ordre du gouvernement en 1939, ces clubs réapparaissent en 1942 après l'entrée de l'URSS dans la grande alliance contre les nazis, sous le nom de Federation of Russian Canadians (FRK).

La FRK fonde quelque 15 filiales dans différentes villes canadiennes et publie le journal Vestnik (Herald), qui est longtemps le seul journal russe au Canada. En 1944, la FRK compte environ 4000 membres. En 1949, après les procès pour espionnage d'Igor Gouzenko, le nombre de ses membres descend à 2709 et, à la fin des années 80, à moins de 800. La publication du journal cesse en 1994.

Fondée en 1950, la Russian Canadian Cultural Aid Society est l'association russe la plus active de Toronto. D'orientation anticommuniste, elle publie la revue Russkoe slovo v Kanade (Russian Word in Canada) et tient un centre d'activités sociales et culturelles. Un petit cercle littéraire (1949), un cercle d'art dramatique ainsi que la « Sovremennik » Publishing Association (1960), qui publie la revue littéraire Sovremennik (Contemporary), sont également actifs. Toutefois, nombre de ces activités et des similaires dans d'autres villes, surtout à Vancouver, sont en déclin ou disparaissent dans les années 80, puisque la génération plus âgée diminue en nombre et en influence et que les nouvelles générations d'immigrants moins intéressées par la politique d'émigrés et les activités culturelles sont absorbées dans la masse de la société canadienne.

Éducation

Bien que les immigrants russes s'empressent d'inscrire leur progéniture dans les écoles canadiennes, certains immigrants âgés favorisent la fondation d'écoles dirigées par des groupes paroissiaux (les deux plus importantes se trouvent à Montréal et à Toronto) ou des cercles qui offrent des leçons de langue et de culture russes après les classes. En 2011, 164 330 personnes ont rapporté la langue russe comme étant leur langue maternelle (première langue apprise).

Minorités nationales

L'immigration russe est inférieure à celle de certains peuples minoritaires de l'URSS. Les Ukrainiens soviétiques, qui émigrent en tant que personnes déplacées, après 1945, se joignent aux anciens immigrants d'origine autrichienne ou polonaise pour constituer la troisième collectivité ethnique en importance au Canada. Les Biélorusses du Canada et leurs descendants, provenant principalement de l'est de la Pologne d'avant la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que des Juifs russes gardent de nombreux éléments de la culture russe.


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