Citadel Theatre

Le théâtre porte le nom de l'ancien immeuble de l'Armée du Salut qu'il a acheté et rénové pour la somme de 250 000 $. La première pièce qu'il y présente, le 10 novembre 1965, est Who's Afraid of Virginia Woolf? (v.f. Qui a peur de Virginia Woolf?) d'Edward Albee.

Citadel Theatre
Vue extérieure du Citadel Theatre; réalisé par l'architecte Barton Myers en collaboration avec Rick Wilkin, 1975 (avec la permission des Provincial Archives of Alberta/A-13324).
Joseph Shoctor
Shoctor a fondé le premier théâtre professionnel d'Edmonton, le \u00ab Citadel \u00bb, en 1965 (avec la permission de Dwayne Brown Photography).

Citadel Theatre

Fondé en 1965 par Joseph H. SHOCTOR et trois partenaires, le Citadel Theatre est le premier théâtre professionnel d'Edmonton et le plus grand théâtre professionnel régional au Canada. À titre de directeur de production et de président du conseil d'administration, Joseph Shoctor y jouera un rôle important jusqu'à sa mort en 2001.

Le théâtre porte le nom de l'ancien immeuble de l'Armée du Salut qu'il a acheté et rénové pour la somme de 250 000 $. La première pièce qu'il y présente, le 10 novembre 1965, est Who's Afraid of Virginia Woolf? (v.f. Qui a peur de Virginia Woolf?) d'Edward Albee.

Constitué d'un mélange de classiques et de grands succès étrangers ainsi que d'œuvres canadiennes répondant à la « norme », le programme du Citadel est typique des théâtres régionaux.

Les deux premiers directeurs artistiques du Citadel sont John Hulbert (1965-1966) et Robert Glenn (1966-1968). C'est toutefois Sean Mulcahy (1968-1973) qui réussit le premier à attirer le public local. John NEVILLE prend la relève (1973-1978) et fait connaître le Citadel sur la scène nationale. En 1975, il met en place un programme intitulé « Citadel Too », dans le cadre duquel sont présentées des pièces destinées à un public jeune et audacieux.

En 1978, le choix du Britannique Peter Coe pour remplacer Neville soulève une controverse à laquelle sont mêlés le théâtre canadien et les nationalistes du milieu culturel, le ministère canadien de l'Immigration, le syndicat des artistes de la scène et la GUILD OF CANADIAN PLAYWRIGHTS. Cependant, Peter Coe reste directeur jusqu'en 1980 et est à l'origine d'une période qui se poursuit jusqu'au milieu des années 1980 et pendant laquelle le Citadel a des visées plus internationales. La compagnie essaie de mettre en scène des pièces susceptibles d'être exportées à New York ou à Londres. Parmi les productions effectivement présentées à l'étranger, A Life, créée pendant la saison 1980-1981, est mise en nomination pour quatre Tonys après avoir été présentée à Broadway. Toutefois, on se souvient davantage des échecs retentissants comme Duddy (pendant la saison 1983-1984). Cette première coproduction entre un théâtre régional et un théâtre commercial a coûté environ un million de dollars et le projet d'une tournée nationale a été abandonné.

Peter Coe démissionne et le Citadel fonctionne sans directeur artistique de 1980 à 1984, ce qui ne s'était jamais vu auparavant dans un théâtre régional. La situation se reproduit de 1987 à 1991, lorsque Joseph Shoctor dirige des équipes de gestion qui mettent au point le répertoire de la saison et embauchent des metteurs en scène pour chacune des pièces. Gordon McDougall, directeur artistique de 1984 à 1987, ouvre le nouveau Maclab Theatre en décembre 1984 avec une production de Peter Pan, de J.M. Barrie, qui connaît un immense succès. La comédie musicale ambitieuse et onéreuse qui suit, Pieces of Eight (une adaptation de Treasure Island), n'obtient pas le même succès auprès des critiques et du public. Par contre, McDougall est probablement le directeur qui a remporté le plus grand succès avec le Rice; il dirige des pièces contemporaines risquées en utilisant avantageusement la plus petite des scènes du Citadel.

Au milieu des années 1990, sous la direction de Robin PHILLIPS (directeur général de 1991 à 1995), le Citadel retrouve sa réputation nationale. En 1996, il est le premier théâtre régional à collaborer à une mise en scène avec le FESTIVAL DE STRATFORD, pour la farce de Feydeau intitulée A Fitting Confusion (v.a. de Tailleur pour dames).

Pendant le mandat du directeur résident Duncan McIntosh, directeur artistique de 1995 à 1999, le Citadel n'offre qu'une seule série d'abonnements, ce qui représente une réduction importante par rapport aux saisons précédentes, où l'on a offert en même temps jusqu'à trois séries d'abonnements : une série de grandes représentations au Shoctor (1976-1995), une série de productions plus petites et plus risquées au Rice (1976-1995), et une série à l'intention des familles au Maclab (1986-1995). En 1996, le Rice accueille une série de nouvelles œuvres canadiennes subventionnées par l'Edmonton Community Foundation.

McIntosh est le premier directeur du Citadel né et formé au Canada. Son passage est marqué par une période de repli ouvrant la voie à différentes innovations comme l'Actors' Ensemble, qui deviendra une troupe à demeure procurant du travail de façon régulière à un groupe d'acteurs locaux. Il présentera également en première mondiale South of China (1997) de Raymond Storey, première œuvre d'un Canadien à prendre l'affiche sur la scène principale du Citadel depuis 1980.

À l'automne 1998, le Citadel annonce la nomination du premier directeur artistique né et formé à Edmonton, Bob BAKER, qui entre en fonction en janvier 1999. Son mandat est le plus long de l'histoire du Citadel et est marqué par des innovations, dont la principale est la production de davantage de nouvelles pièces; c'est ainsi que Marty Chan devient le premier dramaturge attitré du Citadel, en 2002. Dès la saison 2004-2005, le Citadel, théâtre autrefois critiqué pour l'absence de nouvelles pièces, présente une nouvelle pièce, d'un dramaturge de la région, dans chacune de ses trois séries principales. En 2007, Vern Thiessen, qui a été collaborateur artistique pour le développement des pièces du Citadel, succède à Chan au poste de dramaturge attitré. Einstein's Gift, de Thiessen, créée au Citadel en 2003, a remporté la même année le PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL dans la catégorie théâtre.

Le Citadel a mis sur pied divers programmes remarquables, dont la Citadel Theatre School, fondée en 1966 et qui existe toujours; une troupe itinérante à vocation éducative nommée la Citadel on Wheels/Wings (1968-1985), qui a joué 55 pièces de théâtre (dont 65 % étaient canadiennes) en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest (ce qui a fait du Citadel le premier théâtre à se rendre au nord du Cercle Arctique); l'International Children's Festival (1982-1994); et le Teen Festival of the Arts (1988-1994).

En 1995, une contribution de cinq millions de dollars est versée au fonds de fiducie du Citadel par la famille Hole, philanthropes d'Edmonton. Il s'agit de l'un des plus importants dons de particuliers jamais faits à un théâtre canadien.

Le bâtiment d'origine de 277 places a été remplacé par un imposant complexe évalué actuellement à une quarantaine de millions de dollars. Le nouveau Citadel, dont la construction s'est faite en trois étapes de 1974 à 1989, abrite cinq salles de spectacle : le Shoctor Theatre, un proscenium de 685 places; le Maclab, un théâtre à avant-scène prolongée de 685 places également; le Rice, un studio théâtre de 250 places; le Zeidler Hall, un auditorium de 240 places où l'on présente surtout des films; et le Tucker, un amphithéâtre de 150 places. On y trouve aussi le magnifique Lee Pavilion, un vaste parc couvert comprenant une cascade. Sur le plan architectural, le Citadel Theatre réunit les différents espaces de représentation dans un bâtiment dont les façades sont une alternance de grands vitrages et de briques rouges. Grâce aux nombreuses fenêtres, ses activités sont visibles de l'extérieur, donnant ainsi de la vie à une importante intersection du centre-ville. Les critiques d'architecture de l'époque ont souligné la présentation claire des différentes fonctions du théâtre; le responsable du projet, Barton MYERS, a dit avoir voulu créer « un endroit théâtral et chaleureux ».