Fleuve Columbia

Le fleuve Columbia s’écoule du sud-est de la Colombie-Britanniquejusqu’à l’océan Pacifique en passant par les États de Washington et de l’Oregon, aux États-Unis.

Le fleuve Columbia et son bassin.

Le fleuve Columbia s’écoule du sud-est de la Colombie-Britanniquejusqu’à l’océan Pacifique en passant par les États de Washington et de l’Oregon, aux États-Unis. Son bassin hydrographique est l’un des plus grands de toute l’Amérique du Nord et les barrages aménagés sur la partie canadienne de son cours fournissent environ la moitié de l’hydroélectricité produite en Colombie-Britannique.

Cours

Avec ses 2 000 km (dont 801 km sur le territoire canadien), le Columbia est un fleuve long et puissant. Il a taillé de profondes gorges sur une grande partie de son cours et forme, sur une superficie de 660 500 km2 (dont 156 000 km2 au Canada), l’un des plus grands bassins hydrographiques de l’Amérique du Nord.

Le Columbia débute à la sortie du lac Columbia, dans le sud-est de la Colombie-Britannique. Il s’écoule ensuite vers le nord-nord-ouest en faisant un large détour autour de la chaîne de Selkirk, forme le lac Kinbasket puis bifurque de manière abrupte vers le sud pour alimenter le lac Revelstoke. De là, il traverse les lacs Upper et Lower Arrow jusqu’à Castlegar, où il est rejoint par la rivière Kootenay, l’un de ses plus gros affluents. Le fleuve Columbia traverse la frontière des États-Unis au confluent de la rivière Pend d’Oreille.

Il continue son cours vers le sud à travers l’État de Washington puis tourne abruptement vers l’ouest et s’élargit à l’entrée du réservoir de l’imposant barrage Grand Coulee. Il est rejoint plus en aval par la rivière Okanogan puis s’écoule une fois de plus vers le sud. Un peu au nord de la frontière avec l’Oregon, il est rejoint par la rivière Snake – son plus gros affluent – puis fait un virage à angle droit pour s’écouler vers l’ouest jusqu’à son estuaire sur l’océan Pacifique, à Astoria, en Oregon.

Flore et faune

Columbia, fleuve
Le Columbia prend sa source dans le Sud de la Colombie-Britannique et fait plusieurs grands détours avant d'atteindre le Pacifique (Corel Professional Photos).

La partie nord-est du Columbia traverse la région des terres humides du sillon des Rocheuses. Ces terres humides s’étendent du lac Columbia jusqu’au lac Kinbasket, plus au nord, et sont bordées à l’est par les Rocheuses et à l’ouest par la chaîne Columbia.Cette région abrite une grande diversité d’oiseaux, notamment des aigles, des balbuzards pêcheurs, des picset des grands héronsbleus, ainsi qu’un grand nombre d’oiseaux migrateurs tels que des cygnes, des canards, des oies (bernaches du Canada), des grèbeset d’autres oiseaux de rivage. Elle offre également un habitat aux tortues peintes, aux loutresde rivière, aux castors, aux cerfs, auxcoyoteset aux couguars. Parmi les arbres dominants, on peut citer le peuplier deltoïde, le bouleau et le mélèze occidental.La truite arc-en-ciel, l’omble à tête plate et la truite fardée fréquentent cette partie du fleuve, tandis que le saumon quinnat et l’esturgeon blanc l’empruntent lors de leur migration saisonnière.

Les zones montagneuses qui bordent le cours supérieur du fleuve Columbia sont peuplées de loups, d’ours noirs et de grizzlys, de carcajous, de chèvres de montagne, de mouflons d’Amérique et d’orignaux.Les forêts sont composées, à faible altitude, de pins tordus latifoliés, de Douglastaxifoliés, de pruches occidentales, de cèdres rouges de l’Ouest et d’épinettes blanches et, plus haut, d’épinettes d’Engelmann, de sapins subalpins et de pins tordus latifoliés.Le bassin du Columbia, dans les régions intérieures plus sèches au sud de la frontière avec les États-Unis, est aujourd’hui une région d’agriculture extensive où l’on cultive des légumes, des arbres fruitiers et du raisin. Le cours inférieur du Columbia traverse la forêt pluviale tempérée de la chaîne des Cascades côtière.

Préoccupations environnementales

Revelstoke, barrage
On a construit le barrage de Revelstoke apr\u00e8s un accord international visant \u00e0 rendre plus efficaces les centrales électriques américaines situées en aval (avec la permission de BC Hydro and Power).

Quatorze barrages ont été construits sur le fleuve Columbia, dont trois au Canada (le barrage Mica, le barrage de Revelstoke et le barrage Hugh Keenleyside).Ces barrages canadiens fournissent approximativement la moitié de l’hydroélectricité produite en Colombie-Britannique.

La création d’un barrage s’accompagne la plupart du temps de celle d’un réservoir et il en fut ainsi sur le Columbia. Le lac Kinbasket est ainsi un réservoir artificiel créé par le barrage Mica, tandis que le lac Revelstoke est associé au barrage du même nom.

Les réservoirs permettent de contrôler le débit qui passe le barrage de manière à ce qu’il reste toujours suffisamment d’eau pour produire de l’hydroélectricité. En été, les réservoirs sont remplis de manière à pouvoir répondre à la forte demande en électricité, tandis qu’en hiver, leur niveau est réduit. Ses fluctuations saisonnières du niveau des réservoirs peuvent avoir un impact sur l’habitat des oiseaux migrateurs, tandis que la variation de niveau du fleuve peut affecter le frai et la migration de certains poissons. En dernier lieu, les barrages agissent eux-mêmes comme des obstacles au passage des poissons migrateurs tels que les saumons et les esturgeons.

En plus des barrages, le fleuve Columbia a été perturbé par l’exploitation minière, l’industrie, la foresterie et l’agriculture. L’urbanisation et d’autres changements dans l’utilisation des sols sont également préoccupants, en particulier aux États-Unis.Ces changements dans l’utilisation des sols peuvent affecter le ruissellement et l’accumulation de la neige au sol ainsi qu’introduire des contaminants, tels que des pesticides et des métaux lourds, dans l’environnement aquatique.De nombreuses routes et autoroutes, telles que celle passant par le col Rogers,un lieu historique, traversent le basin et contribuent à fragmenter l’habitat de la faune.Enfin, on s’attend à ce que le changement climatique ait un impact sur le Columbia en faisant diminuer le manteau neigeux sur les montagnes et en faisant reculer les glaciers, ce qui contribuera à réchauffer l’eau des rivières et affectera les poissons.

Historique

Les Premières Nations habitent le bassin du Columbia depuis approximativement 10 000 ans, c’est-à-dire depuis la fin de la dernière période glaciaire.Avant l’arrivée des premiers Européens, les résidents de cette région étaient essentiellement semi-nomades. Ils utilisaient le fleuve pour le transport et la pêche de subsistance, chasser des mammifères terrestres et récolter des racines, des baies et d’autres végétaux indigènes de la région. D’abord baptisé « Rio de San Roque », en 1792, par des explorateurs espagnols, le fleuve est renommé « Columbia » par un marchand de fourrures de Boston, Robert Gray, en l’honneur de son navire. À l’époque, la région abrite plus de 100 000 autochtones.

Les sources du Columbia se situent sur le territoire traditionnel des Ktunaxas. La région autour du lac Kinbasket et de Revelstoke fait partie du territoire traditionnel des Secwepemc tandis que la région située entre Revelstoke et le bassin intérieur du Columbia est sur le territoire traditionnel des Sinixts.Le marchand de fourrures européen David Thompson, arrivé en 1807, construit un poste de traite des fourrures (Kootenae House) et explore le cours supérieur du Columbia.En 1811, il devient le premier Européen à avoir parcouru le Columbia sur toute sa longueur.Les Ktunaxas, une Première Nation locale, ont fourni un soutien essentiel pour l’établissement de la traite des fourrures et l’exploration de la région.La colonisation du cours supérieur du Columbia s’est faite sous l’impulsion de l’exploitation minière, de la foresterie et de l’agriculture. Elle a été facilitée par l’installation du chemin de fer du Canadien Pacifique, terminée en 1885.


Rivière // Mots clés

Aire de drainage (bassin versant ou bassin hydrographique)

Portion du territoire entourant un cours d’eau, en général délimitée par des frontières naturelles topographiques plus élevées, au sein duquel l’ensemble des précipitations et la fonte des neiges convergent vers ce cours d’eau.

Débit moyen

Volume de l’écoulement moyen du cours d’eau par unité de temps; formulé habituellement en mètres cubes par seconde; la moyenne est calculée pour l’ensemble de l’année, mais il y a des mois au cours desquels le débit est naturellement plus ou moins élevé.

Affluent

Cours d’eau qui se jette dans un cours d’eau plus important; le point de rencontre entre les deux cours d’eau s’appelle un point de confluence ou confluent.