François Cousineau

François Cousineau, compositeur, pianiste, accompagnateur, arrangeur, réalisateur, chef d’orchestre (né le 10 mai 1942 à Montréal, au Québec).

François Cousineau, compositeur, pianiste, accompagnateur, arrangeur, réalisateur, chef d’orchestre (né le 10 mai 1942 à Montréal, au Québec). François Cousineau joue un rôle important dans le milieu de la musique québécoise pendant plus de quatre décennies. C’est un artiste aux nombreux talents dont le travail touche plusieurs genres musicaux et plusieurs domaines créatifs, comme le théâtre musical, le cinéma, la télévision et la musique populaire. Il écrit des chansons pour un nombre de vedettes québécoises, dont Clémence Desrochers, Robert Charlebois, Céline Dion et Ginette Reno. On attribue la transformation de la chanson québécoise des années 1970 à sa collaboration avec le parolier Luc Plamondon pour la chanteuse Diane Dufresne. Il obtient le prix Félix et plusieurs prix SOCAN, et il est Chevalier de l’Ordre national du Québec.

Éducation et début de carrière

Frère de Jean Cousineau et Luc Cousineau, il commence l’étude du piano à cinq ans. Il obtient son baccalauréat en musique à l’École Vincent-d’Indy en 1961. Au début des années 1960, il étudie le droit et il accompagne de jeunes chansonniers pour payer ses études. Sa première chanson, La robe de soie, est composée pour Clémence Desrochers. Un peu plus tard, Pauline Julien le remarque lors d’une présentation de films muets, et il devient son accompagnateur pour sept ans. Il la suit en France, l'ex URSS, au Festival de Sopot (Pologne) et à celui de Cuba. Il fait des arrangements de plusieurs de ses chansons, et compose pour elle Le temps des vivants, Le voyage à Miami et Un gars pour moi, entre autres.

Points saillants de carrière

En 1966, l’année quand François Cousineau passe le Barreau du Québec, Marcel Dubé lui commande la musique de scène des pièces de théâtre Pauvre amour et Les beaux dimanches. Depuis, il participe à de nombreuses émissions à Radio-Canada, dont Jeunesse oblige (1967), Zoom (1968, 1969 et 1970), Place aux femmes (1970) et Studio 11 (1971). Il se fait connaître aussi en France à l’émission Champs Élysées (1980). Il compose la musique de l’émission Prévert, rose ou bleu? (1979), réalisée à l’occasion de l’Année internationale de l’enfance, qui mérite le prix Clio, à New York.

Il écrit deux comédies musicales avec Louis-Georges Carrier, Crackpot (1970) et Mascarade (1971), ainsi que de la musique pour huit longs métrages, dont L’Initiation (1970), de Denis Héroux, et L’Amour humain (1970). Le thème musical de L’Initiation,« Un jour il viendra mon amour », écrit en collaboration avec Marcel Lefebvre, est vendu à plus de 100 000 exemplaires. François Cousineau est l’auteur de la musique de la comédie musicale Les Girls, de Clémence Desrochers. C’est grâce à cette dernière qu’il rencontre une jeune chanteuse peu connue, Diane Dufresne. Avec le parolier Luc Plamondon, il compose pour elle des dizaines de chansons, dont certaines deviennent des classiques, notamment J’ai rencontré l’homme de ma vie, En écoutant Elton John, Pars pas sans m’dire bye-bye et Chanson pour Elvis. Sur des airs de blues, de jazz ou de rock, ce « trio infernal » transforme le paysage de la chanson québécoise des années 1970.

En plus de ses arrangements, François Cousineau compose plus de 200 chansons pour Robert Charlebois, Renée Claude, Céline Dion, Georges Dor, Claude Dubois, Louise Forestier, Daniel Lavoie, Pierre Létourneau, Danielle Oderra, Ginette Reno, Martine St-Clair, Fabienne Thibeault et d’autres. Il est aussi l’arrangeur, le chef d’orchestre et le réalisateur de l’émission Chantez-nous la paix (1987), avec Daniel Lavoie, Jean Lapointe, Ginette Reno, Yvon Deschamps, des danseurs du Bolchoï et les Chœurs de l’Armée rouge.

En 1984, il compose le thème musical Ohé Ohé pour le 450e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier au Canada. En 1985, il dirige l’orchestre pendant le fameux Sommet des Irlandais dans la ville de Québec, entre le président des États-Unis Ronald Reagan et le premier ministre Brian Mulroney. Au cours de sa carrière, il compose aussi plus de 500 courtes mélodies publicitaires. Pour son premier album solo, François Cousineau (1999), il obtient le prix Félix en 2000 dans la catégorie Album instrumental de l’année.

Engagement dans des organisations

François Cousineau défend ardemment les droits d’auteurs au Canada. Il est membre fondateur de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ) et président fondateur de la Société du droit de reproduction des auteurs, compositeurs et éditeurs au Canada (SODRAC). Il est également président de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) de 1994 à 1996 et vice-président de la Music Promotion Foundation de Toronto.

Importance de son travail et distinctions

La qualité la plus impressionnante de François Cousineau par laquelle il se démarque est sa polyvalence artistique. Nathalie Petrowski écrit dans Le Devoir en 1979 : « François Cousineau est le genre de musicien de qui on dit qu’il peut absolument tout jouer. Son vocabulaire musical en fait une véritable encyclopédie ambulante, passant en deux temps trois mouvements, du jazz au boogie, du classique au contemporain. »

En 2003, François Cousineau obtient le prix national francophone de SOCAN pour ses réalisations professionnelles. En 2005, la SPACQ crée le prix annuel François Cousineau pour honorer l’ensemble de la carrière des compositeurs notables du Québec. En 2011, il est nommé Chevalier de l’Ordre national du Québec.

Prix

Meilleur thème musical d’un film canadien (L’Initiation), Gala Méritas (1970)

Prix Les Classiques de la SOCAN (Pars pas sans m’dire bye-bye), SOCAN (1994)

Prix Les Classiques de la SOCAN (J’ai rencontré l’homme de ma vie), SOCAN (1994)

Prix Les Classiques de la SOCAN (En écoutant Elton John), SOCAN (1994)

Prix Les Classiques de la SOCAN (Les hauts et les bas d’une hôtesse de l’air), SOCAN (1995)

Prix Les Classiques de la SOCAN (Chanson pour Elvis), SOCAN (1995)

Prix Les Classiques de la SOCAN (Partir pour Acapulco), SOCAN (1995)

Prix Les Classiques de la SOCAN (Sur la même longueur d’ondes), SOCAN (1999)

Album instrumental de l’année (François Cousineau), prix Félix (2000)

Prix national francophone, SOCAN (2003)

Prix Les Classiques de la SOCAN (Conversation téléphonique), SOCAN (2003)

Prix André-Gagnon pour l’ensemble de sa carrière, SPACQ (2009)

Prix Les Classiques de la SOCAN (T’es belle, coécrite avec Jean-Pierre Ferland), SOCAN (2010)

Chevalier de l’Ordre national du Québec (2011)

Prix Les Classiques de la SOCAN (Un jour il viendra mon amour), SOCAN (2012)


Lecture supplémentaire

  • Roger Chamberland et André Gaulin, La chanson québécoise de La Bolduc à aujourd’hui : anthologie (1994).

  • Robert Léger, La chanson québécoise en question (2003).

  • Nathalie Petrowski, « François Cousineau recommence à zéro », Le Devoir (Montréal), 25 janvier 1979.

  • Robert Thérien et Isabelle D’Amours, Dictionnaire de la musique populaire au Québec, 1955-1992 (1992)

Liens externes