Division Alpha

La Division Alpha est une équipe de superhéros canadiens créée par John Byrne, né en 1950, dont Marvel Comics publie les aventures.

La Division Alpha est une équipe de superhéros canadiens créée par John Byrne, né en 1950, dont Marvel Comics publie les aventures. Elle apparaît pour la première fois dans le numéro 120 de Uncanny X‑Men en 1979 lorsque ses membres se rendent aux États‑Unis pour y récupérer le personnage des X‑men, Wolverine. John Byrne raconte [traduction libre] : « Selon Chris Claremont, c’est Dave Cockrum qui est à l’origine de cette histoire. C’est lui qui a envisagé la réaction, probablement très peu enthousiaste, du gouvernement canadien à l’idée de voir son investissement de plusieurs millions de dollars, l’agent Wolverine, prendre la direction du sud comme l’avaient fait avant lui tant d’autres ressources canadiennes et qui a suggéré que, dans ce cas, Ottawa enverrait certainement quelqu’un, voire une équipe, pour le récupérer. » Bien que John Byrne soit, au départ, plutôt réticent à l’idée de créer un titre indépendant à partir de la Division Alpha, les personnages s’avèrent populaires auprès du public et le premier numéro de la série Division Alpha, dans lequel le premier ministre Pierre Elliott Trudeau fait une brève apparition, paraît en août 1983.

L’équipe originale de superhéros canadiens regroupe des personnages extrêmement divers : l’ingénieur d’Ottawa, James McDonald Hudson, le chef du groupe, se fait appeler successivement Arme Alpha, Guardian puis Vindicator; originaire de Colombie‑Britannique, le Dr Walter Langkowski est un scientifique surnommé Sasquatch dans son rôle de superhéros; les jumeaux québécois, Jeanne‑Marie et Jean‑Paul Beaubier, sont connus sous les pseudonymes d’Aurora et de Véga; la demi‑déesse et métamorphe inuite Narya, dont le nom de code est Harfang, mène une existence civile sous le nom d’Anne McKenzie, originaire de Yellowknife; Michael Twoyoungmen, un médecin autochtone, devient sorcier guérisseur à Calgary sous le nom de Shaman; le nain Eugene Milton Judd de Toronto apparaît sous le nom de Puck; enfin, l’équipe compte également dans ses rangs une extraterrestre, Marrina Smallwood, élevée à Terre‑Neuve.

Après la mort de Guardian dans le no12 de Division Alpha, sa veuve Heather MacNeil Hudson reprend son costume de superhéros ainsi que les commandes du groupe. Dans un clin d’œil au superhéros de l’âge d’or de la bande dessinée canadienne, Nelvana of the Northern Lights, Harfang se voit attribuer une ascendance remontant à la déesse Nelvanna. Véga est présenté comme l’un des premiers superhéros ouvertement homosexuels de la bande dessinée, un élément du scénario que John Byrne réussit à imposer en dépit des politiques de la Comics Code Authority et dont il est particulièrement fier.

En novembre 1985, à l’issue du no 28 de Division Alpha,John Byrne quitte la série et de nombreux autres scénaristes, auteurs et dessinateurs vont alors se succéder. Cent‑trente numéros de la première série de Division Alpha sont publiés jusqu’en mars 1994. Ultérieurement, Division Alpha renaît dans deux nouvelles séries, la première, pour 20 numéros, entre août 1997 et mars 1999, et la deuxième, sous le titre de Nouvelle Division Alpha, pour 12 numéros, entre mai 2004 et avril 2005. En outre, l’éditeur publie un numéro unique en 2010, La Guerre du Chaos, avant une quatrième, et dernière à ce jour, série en 2011. Chaque version introduit de nouveaux membres dans la phalange des superhéros canadiens, notamment un cyborg, un clone, des mutants, un supercheval et la fille de Puck.

La Division Alpha, qui se consacre à la défense du Canada, trouve sur sa route différents ennemis, dont des monstres comme Wendigo, Tundra et Bedlam. Ses membres travaillent pour le Département H, un organisme canadien de défense imaginaire, et interagissent avec d’autres personnages de l’univers Marvel. Les scénarios de la série regorgent d’éléments fantastiques, parfois à la limite de la bouffonnerie, allant du voyage dans le temps à des dilemmes moraux sur la destruction d’œufs extraterrestres non éclos. Malgré sa publication intermittente, Division Alpha peut s’appuyer sur une base d’amateurs enthousiastes et a généré une quantité fascinante de lettres publiées dans le courrier des lecteurs discutant de l’identité canadienne et de l’ignorance des Américains à son égard.

Voir aussi l’article La bande dessinée de langue anglaise au Canada.