George Frederic Matthew

Matthew est l'un des membres fondateurs du Steinhammer Club (1857-1862), formé pour étudier la GÉOLOGIE et la PALÉONTOLOGIE des environs de Saint John. J.W.


George Frederic Matthew

  George Frederic Matthew, agent des douanes, géologue, paléontologue (Saint John, NB, 12 août 1837 - Hastings-on-Hudson, NY, 14 avril 1923). Matthew fréquente la Saint John Grammar School mais, au cours de sa jeunesse, il acquiert largement ses connaissances en géologie par lui-même. Il est influencé par les travaux pionniers de reconnaissance géologique d'Abraham GESNER, menés au Nouveau-Brunswick de 1838 à 1842, où le Musée Gesner ouvre d'ailleurs ses portes à Saint John en 1842.

Matthew est l'un des membres fondateurs du Steinhammer Club (1857-1862), formé pour étudier la GÉOLOGIE et la PALÉONTOLOGIE des environs de Saint John. J.W. DAWSON encourage le club à mettre sur pied la Société d'histoire naturelle du Nouveau-Brunswick en 1862, où Matthew passe sa carrière de géologue, principalement en tant qu'« amateur ». Jusqu'en 1919 Matthew y joue plusieurs rôles, dont ceux de conservateur de la Société, bibliothécaire, président et principal géologue et paléontologue. Le géoparc Stonehammer, premier site nord-américain du Réseau mondial de géoparcs, tire son nom du Steinhammer Club et présente plusieurs des sites géologiques de Matthew.

Loring Woart BAILEY de l'Université du Nouveau-Brunswick commence à cartographier la géologie du Nouveau-Brunswick avec l'aide de Matthew et de Charles Frederick Hartt. Lorsque la COMMISSION GÉOLOGIQUE DU CANADA étend son travail aux provinces maritimes après la Confédération, le directeur William Edmond LOGAN rencontre Bailey et Matthew pour discuter de la poursuite des travaux. De 1864 à 1880 Matthew, Bailey et le géologue de la CGC, Robert Wheelock Ells, publient de nombreux rapports et cartes sur la géologie du Nouveau-Brunswick.

Employé du gouvernement du Canada au service des douanes, Matthew est occasionnellement détaché et travaille pour la Commission géologique du Canada en tant que géologue temporaire, où il est considéré comme l'expert sur les FOSSILES du Cambrien. Il est parmi les premiers à décrire des fossiles de la formation de Stephen en Colombie-Britannique, qui contient le biote des SCHISTES DE BURGESS, et il examine également des fossiles de l'île du Cap-Breton et de Terre-Neuve pour la Commission.

Matthew effectue la plupart de ses travaux dans sa région à Saint John. En 1863, Matthew, Bailey et Hartt se rendent à Ratcliffe Brook, où ils découvrent les premiers TRILOBITES du Cambrien au Canada. J.W. Dawson inclut ces découvertes dans sa deuxième édition d'Acadian Geology. Bien qu'au départ, Matthew s'intéresse principalement à la cartographie géologique et aux minéraux, il développe un intérêt pour les fossiles suite au départ de Hartt de la Société d'histoire naturelle. Matthew étudie la faune cambrienne du groupe Saint John et publie plusieurs de ses articles classiques dans les mémoires de la SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA. En 1888, il publie une description de Paradoxides regina, le plus gros trilobite alors connu, trouvé par son jeune fils William Matthew Diller. Il est également l'un des premiers à identifier de « petits coquillages fossiles » d'origine plus ancienne que les trilobites. Ses travaux sur le Cambrien inférieur le font entrer dans un conflit d'amitié avec Charles Doolittle Walcott, l'expert américain du Cambrien qui deviendra plus tard le directeur de la Commission géologique des États-Unis.

Matthew décrit des fossiles de plantes et d'ARTHROPODES du Carbonifère provenant du célèbre site de Fern Ledges, découvert à Saint John par le Steinhammer Club. Il est le pionnier de la classification des empreintes de tétrapodes du Carbonifère suite à l'étude de fossiles en provenance des FALAISES FOSSILIFÈRES DE JOGGINS en Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. L'une des réalisations peut-être les moins connues de Matthew, bien que des plus importantes, est la description d'Archaeozoon acadiense qu'il publie dans le Bulletin de la Société naturelle du Nouveau-Brunswick en 1890. Ce stromatolithe de Saint John est le premier fossile précambrien au monde à faire l'objet d'une description scientifique. Matthew est alors bien conscient de la quête aux fossiles précambriens en cours et de la description que Dawson a fait du pseudo-fossile Eozoön canadense.

Matthew est l'un des membres fondateurs de la Société royale du Canada, fondée en 1882. L'Université Laval lui confère un doctorat ès sciences en 1894. Il reçoit également deux diplômes honorifiques de l'Université du Nouveau-Brunswick, dont une maîtrise en 1878 et un doctorat en droit en 1897. En 1917, Matthew se voit décerner la médaille Murchison par la Geological Society of London. Au cours de sa carrière, il écrit plus de 200 articles sur la géologie et les fossiles. Ses collections de spécimens et ses lettres sont conservées au Musée du Nouveau-Brunswick et au MUSÉE ROYAL DE L'ONTARIO.


Lecture supplémentaire

  • G.J. Cassidy, "George Frederic Matthew: invertebrate paleontologist" in Proud Heritage: People and Progress in Early Canadian Geoscience (2004); R. F. Miller and D. N. Buhay, "The Steinhammer Club: geology and a foundation for a natural history society in New Brunswick" in Proud Heritage: People and Progress in Early Canadian Geoscience (2004); R.F. Miller, "George Frederic Matthew's contribution to Precambrian paleobiology" in Proud Heritage: People and Progress in Early Canadian Geoscience (2004); M. Zaslow, Reading the Rocks (1975).