Banc de Georges

Le banc de Georges est un grand banc sous-marin (250 km sur 150 km) en bordure du plateau continental de l'Atlantique, entre le cap Cod et la Nouvelle-Écosse. En général, la profondeur de l'eau varie entre 50 et 80 m, mais à certains endroits elle est de moins de 10 m.

Banc de Georges
Image satellite centrée sur le banc de Georges dans le nord-ouest de l'océan Atlantique

Banc de Georges

Le banc de Georges est un grand banc sous-marin (250 km sur 150 km) en bordure du plateau continental de l'Atlantique, entre le cap Cod et la Nouvelle-Écosse. En général, la profondeur de l'eau varie entre 50 et 80 m, mais à certains endroits elle est de moins de 10 m.

Courants
Le banc de Georges fait partie du système de marées de la baie de Fundy et du golfe du Maine. De forts courants de marée oscillatoires, en général de 80 à 100 cm/s (de 1,6 à 2 nœuds), passent au-dessus du sommet du banc et gardent la colonne d'eau bien mélangée, même en été. Cependant, les courants moyens contournent le banc, formant ainsi un tourbillon dans le sens horaire (un important courant marin de surface), et l'eau au-dessus du banc y demeure, en moyenne, plusieurs mois durant l'été.

Productivité
Du point de vue biologique, le banc de Georges est une des régions les plus productives des océans de la planète, en grande partie grâce à la rencontre des marées, qui fait remonter à la surface un flot continu de nutriments. La production primaire élevée, ajoutée au séjour prolongé de l'eau, mène à l'accumulation de fortes concentrations de plancton sur le banc. Par conséquent, le banc de Georges abrite d'importants stocks de poissons, dont le hareng, l'aiglefin et la morue, ainsi que des pétoncles (voir Pétoncle et Peigne).

Pêche
Selon les estimations, moyennant une bonne gestion, il est possible d'y pêcher 420 000 t de poissons par an. Dans les années 1960 et 1970, le banc est surexploité par des flottes de chalutiers dont beaucoup viennent de l'Union soviétique et de la Pologne. Au cours de cette période, le stock de harengs du banc de Georges, un des plus grands au monde, avec une biomasse d'environ un million de tonnes, disparaît presque complètement.

En octobre 1984, une décision de la Cour internationale de La Haye concernant la délimitation accorde les cinq sixièmes du banc aux États-Unis. Le Canada obtient la partie la plus à l'est, riche en poissons de fond et en pétoncles.

Exploration pétrolière
Entre 1976 et 1984, dix puits sont forés dans la partie américaine du banc de Georges. Cependant, l'impact de l'exploitation de ces ressources sur la pêche est mal connu. En 1988, afin de protéger l'industrie de la pêche, le gouvernement fédéral et celui de la Nouvelle-Écosse déclarent un moratoire jusqu'en 2000 sur le forage dans la partie canadienne, à la suite de quoi les Américains font de même concernant leur partie.

Les dispositions législatives par lesquelles le moratoire est décrété en 1988 dans la portion canadienne du banc de Georges prévoient également la mise en place d'un comité d'examen public Canada-province de la Nouvelle-Écosse qui doit formuler une recommandation aux deux ordres de gouvernement avant la fin du moratoire en 2000. Le comité recommande la prolongation du moratoire jusqu'au 31 décembre 2012. Cette décision aboutit à une interdiction des activités liées aux hydrocarbures tant dans la portion américaine que dans la partie canadienne du banc de Georges.

En 2010, le gouvernement des États-Unis prolonge jusqu'en 2017 le moratoire sur les activités liées au pétrole et au gaz naturel sur le banc de Georges et les gouvernements du Canada et de la Nouvelle-Écosse décident conjointement de prolonger le moratoire jusqu'au 31 décembre 2015 pour permettre la réalisation d'études supplémentaires sur les effets des activités liées aux hydrocarbures sur les pêcheries lucratives du banc de Georges.

Comme il n'y a pas de concession accordée du côté américain du banc, les titulaires des concessions sur l'ensemble de la portion canadienne détiennent toujours des droits exclusifs d'exploration. Ces droits sont toutefois suspendus tant que le moratoire reste en vigueur.