Gilles Latulippe

Gilles Latulippe, comédien, humoriste et directeur de théâtre québécois (né le 31 août 1937 à Montréal, QC; décédé le 23 septembre 2014 à Montréal).

Gilles Latulippe, comédien, humoriste et directeur de théâtre québécois (né le 31 août 1937 à Montréal, QC; décédé le 23 septembre 2014 à Montréal).

Début de carrière

Ardent admirateur des artistes qui font rire et particulièrement de Marcel Gamache, il décide très jeune de faire carrière dans le domaine artistique. Yvon Deschamps, qu'il rencontre alors qu'il est messager à la discothèque de Radio-Canada, lui conseille, en 1957, de s'inscrire en art dramatique avec François Rozet, célèbre acteur de l'époque. Il suit immédiatement ce conseil.

Une fois sa formation complétée, en avril 1959, il fait ses débuts au théâtre. Il joue dans la pièce La bande à Bonnot dont la mise en scène est assurée par Paul Buissonneau. Ce dernier l'incite à faire partie de sa troupe La Roulotte, qui présente des spectacles pour enfants dans les parcs montréalais.

À la fin de l’été 1959, sa carrière professionnelle est lancée. Il obtient alors un rôle dans la comédie de Gratien Gélinas Bousille et les justes; il y incarne le Frère Nolasque. La pièce est présentée à Seattle, dans le cadre de l'exposition universelle en 1962.

Carrière à la télévision

Sa première chance de se produire à la télévision lui est offerte au cours de l'année 1959-1960 alors que Radio-Canada lui confie le rôle-titre dans Antoine. Cette série qui s’inspire du cinéma muet ne durera que 13 épisodes. Durant l'année 1960, il monte, avec Robert Desroches, un numéro de cabaret présenté au Riviera de Trois-Rivières.

En 1964 et ce jusqu'en 1973, c'est Télé-Métropole, station privée de télévision, qui requiert ses talents. Il participe à la série pour enfants Le zoo du Capitaine Bonhomme qui change de nom pour devenir par la suite Capitaine Bonhomme puis Le cirque du Capitaine Bonhomme. L'auteur Marcel Gamache qu'il admirait dans sa jeunesse, lui offre, en 1965, de jouer dans la comédie Cré Basile, mettant en vedette Olivier Guimond (fils). G. Latulippe y incarne un concierge du nom de Symphorien Laperle, un rôle qui lui collera si bien à la peau qu'il le reprendra comme acteur principal dans une série intitulée Symphorien, un succès télévisuel de 1970 à 1977.

En 1979, Marcel Gamache lui offre une nouvelle comédie, Les Brillant. Elle est à l'affiche de TVA jusqu'en 1982, année où il accepte de jouer dans une autre comédie, cette fois présentée à la télévision de Radio-Canada. Écrite par Gilles Richer, Poivre et Sel est aussi une émission à succès qui est diffusée jusqu'en 1987 et dans laquelle Latulippe partage la vedette avec Janine Sutto. De 1987 à 1993, Gilles Latulippe anime une émission de variétés où il reçoit les grands de l'humour en compagnie de l’animatrice Suzanne Lapointe.

Directeur de théâtre

Porté par un rêve de jeunesse, il fait l’acquisition en 1967 d'un ancien cinéma (le théâtre Dominion) qu’il transforme en Théâtre des Variétés où le burlesque et le vaudeville sont à l’honneur (voir Théâtre d’expression française). Les plus grandes vedettes du genre – Olivier Guimond, Rose Ouellette (la Poune) et Manda Parent – s’y produisent. Pendant les 33 ans où il en assure la direction, cette institution du rire présente plus de 7000 représentations. Après sa fermeture en 2000, le Théâtre des Variétés est transformé en une salle de spectacles à laquelle on donne le nom de La Tulipe en son honneur. Des concerts de musique rock, des soirées de danse et de la chanson francophone y sont dorénavant présentés.

Parallèlement à ses activités de directeur, de comédien et à ses apparitions à la télévision, Gilles Latulippe touche aussi au cinéma. Il tourne dans le film à succès de Claude Fournier Deux femmes en or (1970) et participe à d'autres films dont Kamouraska (1973) de Claude Jutra. En 1997, il publie aussi son autobiographie aux Éditions de l’Homme qu’il intitule Avec un sourire. De 2000 à 2007, cet humoriste infatigable publie chaque année un recueil de blagues pour son public fidèle.

Prix et distinctions

Gilles Latulippe a eu une influence indéniable sur de nombreux artistes et humoristes francophones. Son immense talent et son rire communicatif lui ont attiré la faveur du public. La série de variétés Le 5 à 6 qu'il anime de 1968 à 1971 à la télévision obtient un tel succès qu’il est choisi personnalité artistique préférée du public et reçoit en 1969 le titre de Monsieur Radio-Télévision.

En 1972, il reçoit le Trophée Affection Olivier-Guimond, et le Métrostar du meilleur animateur d'une émission de variétés pendant trois années consécutives (1990, 1991 et 1992). Il est intronisé en 1995 au Temple de la Renommée de l'humour québécois et Télé-Métropole lui décerne une étoile sur la Promenade des Stars à Montréal.

Alors que les portes du Théâtre des Variétés se ferment en 2000, il reçoit le trophée Coup de Cœur, lors du Gala Métrostar. Il est aussi fait chevalier de l'Ordre de la Pléiade.

En 2004, Gilles Latulippe devient membre de l'Ordre du Canada. On l'honore une fois de plus en 2007 alors qu'il reçoit, pour l'ensemble de sa carrière, le Grand Prix de l'Académie lors du Gala des Prix Gémeaux. Le 17 juin 2009, il est faitchevalier de l'Ordre national du Québec.

Pour célébrer ses 55 ans de carrière, le Festival juste pour rire lui rend hommage lors d’un gala en juillet 2014. Deux mois plus tard, le dernier des grands artistes burlesque du Québec n’est plus et les drapeaux de la ville de Montréal sont mis en berne afin de rendre un dernier hommage à l’homme qui a su faire rire plusieurs générations de Québécois.

En mars 2015, il a reçu à titre posthume le grade d'Officier de l'Ordre de la Pléiade de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.


Lecture supplémentaire

  • « Dossier : L’humour au Québec », À Rayons ouverts, no 92 (printemps–été 2012).

    Robert Aird, « Le dernier "Burlesker" », La Presse, 24 septembre 2014.

    Robert Aird, Histoire de l’humour au Québec de 1945 à nos jours (Montréal : VLB éditeur, 2004).

    Chantal Hébert, Le burlesque au Québec. Un divertissement populaire (Montréal : Éditions Hurtubise HMH, 1981) et Le burlesque québécois et américain (Québec : Les Presses de l'Université Laval, 1989).

    Gilles Latulippe, Avec un sourire (Montréal : Éditions de l'Homme, 1997).

Liens externes