Guy Lombardo and His Royal Canadians

L'« orchestre » était en fait un quatuor, constitué de Guy (violon), de ses frères Carmen (flûte et, plus tard, également saxophone et chant; voir article précédent) et Lebert (London, 1904; batterie et, en 1923, trompette) et de Freddie Kreitzer (piano).

Lombardo, Guy

Guy Lombardo and His Royal Canadians

 Guy Lombardo and His Royal Canadians. Orchestre de danse constitué à London, Ont., identifié sous ce nom à Cleveland en 1923 et connu pour faire « la musique la plus douce de ce côté-ci du ciel » (« the sweetest music this side of Heaven »), selon l'expression d'Ashton Stevens du Chicago Tribune en 1928. Guy (Gaetano Alberto) Lombardo (London, Ont., 19 juin 1902, naturalisé amér. 1938 - Houston, 5 novembre 1977; D.Mus. h.c., Western Ontario, 1971) dirigea l'orchestre dès sa formation (v. 1917) sous le nom de Lombardo Brothers' Orchestra and Concert Company, et fut à sa tête jusqu'à sa mort.

L'« orchestre » était en fait un quatuor, constitué de Guy (violon), de ses frères Carmen (flûte et, plus tard, également saxophone et chant; voir article précédent) et Lebert (London, 1904; batterie et, en 1923, trompette) et de Freddie Kreitzer (piano). La « compagnie » inclut, à diverses périodes : une soeur des Lombardo, Elaine (soprano); leur père, Gaetano (baryton; Lipari, Italie, v. 1873 - Stamford, Conn., 6 octobre 1954); parfois, un fantaisiste écossais et des danseurs. Le quatuor Lombardo remplit son premier engagement important à un pavillon de danse en plein air à Grand Bend, Ont., pendant l'été 1919. Avec un ensemble augmenté, les Lombardo passèrent la saison d'hiver 1922-23 au Winter Garden, à London, et l'été 1923 à Port Stanley. Ayant réduit sa seconde saison au Winter Garden à la fin de 1923, le Lombardo Brothers' Orchestra - le quatuor, plus Archie Cunningham (saxophone, qui devint un animateur radiophonique populaire à Toronto), Jim Dillon (trombone), Eddie Mashurette (tuba), Francis « Muff » Henry (guitare) et George Gowans (batterie) - se rendit à Cleveland et devait rester aux É.-U. à partir de ce moment, excepté quelques tournées au Canada.

En 1924, l'orchestre, qui s'appelait désormais Guy Lombardo and His Royal Canadians, s'installa pour deux ans à la Claremont Tent (un cabaret de Cleveland) où il répétait sous la direction du propriétaire, Louis Bleet. On a attribué à l'influence de Bleet le fait que l'ensemble ait alors ralenti ses tempos, diminué son volume sonore et introduit à son répertoire des pots-pourris pour satisfaire les demandes nombreuses de la clientèle. De telles innovations, si l'on tient compte du style des orchestres de danse de l'époque, ainsi que le développement croissant du « son Lombardo », contribuèrent de façon importante à la popularité des Royal Canadians. Plusieurs éléments caractérisaient le son Lombardo : le vibrato moelleux des saxophones, avec Carmen en tête à l'alto; le chant sentimental de Carmen, si souvent ridiculisé à cause de son trémolo marqué et de sa prononciation; la prépondérance des scottishes dans le répertoire de l'orchestre; l'emploi du tuba au lieu de la contrebasse dans un rôle harmonique plutôt que rythmique; la batterie très sourde de Gowans, à peine perceptible, sauf pour les musiciens de l'orchestre.

À Cleveland, Guy Lombardo utilisa à son avantage le nouveau média qu'était la radio; il joua à une série d'émissions de la station WTAM et développa un auditoire considérable pour les spectacles des Canadians dans la région. L'ensemble fit ses premiers enregistrements le 10 mars 1924 à Richmond, Ind., chez Gennett. Après s'être produit à Cleveland et aux environs jusqu'en 1927, il s'établit à Chicago où il joua au Granada Cafe et se fit entendre à la station WBBM. L'année 1929 marqua le début d'un collaboration de 33 ans au Roosevelt Grill à New York. La radiodiffusion (plus tard la télédiffusion) par CBS du spectacle annuel des Canadians au Roosevelt Grill (subséquement à la grande salle de bal de l'hôtel Waldorf-Astoria), la veille du Jour de l'An, devint un élément traditionnel de ces festivités dans toute l'Amérique du Nord; des millions de personnes écoutaient chaque année son interprétation de « Auld Lang Syne » au douzième coup de minuit. Cette chanson figurait au répertoire de l'orchestre depuis qu'il se produisait dans des comunnautés écossaises autour de London.

Les Canadians jouèrent en outre à Los Angeles pendant les années 1930 et firent de longs séjours dans d'autres cabarets de New York après avoir quitté le Roosevelt Grill en 1962. Ils firent de nombreuses tournées aux États-Unis et au Canada, au cours desquelles ils jouèrent dans les salles de danse de petites localités et dans les cabarets des grandes villes. Tout en se faisant entendre le plus souvent sur les ondes de CBS, l'orchestre participa aussi à des émissions de radio aux stations NBC et MBS, et à une série télédiffusée en direct du Roosevelt Grill par WNBT New York au milieu des années 1950. Il figura dans les films Many Happy Returns (1934), Stage Door Canteen (1943) et No Leave, No Love (1946). Il joua lors du bal d'investiture de chacun des présidents américains, de F.D. Roosevelt à Dwight Eisenhower, puis de nouveau pour Ronald Reagan en 1985 et à plusieurs des séries mondiales de baseball au Yankee Stadium de New York.

La composition de l'ensemble, qui comptait 16 membres à la fin des années 1940, demeura remarquablement stable sous la direction de Lombardo. Outre les frères Lombardo, trois autres membres de longue date dépassèrent 40 années de service : Gowans, Kreitzer et le saxophoniste Fred « Derf » Higman (qui avait remplacé Cunningham en 1924). Le chanteur amér. Kenny Gardner, qui remplaça Carmen comme chanteur principal en 1940, épousa Elaine Lombardo et fut membre de l'ensemble pendant plus de 30 ans. Une autre des soeurs Lombardo, Rose Marie (London, 22 novembre 1925), chanta avec l'orchestre de 1941 à 1949. D'autres Canadiens jouèrent dans l'orchestre, dont Bernard Davies, qui remplaça Eddie Mashurette vers 1926, et Hugo D'Ippolito, l'un des nombreux pianistes à avoir joué en duo avec Kreitzer.

À la mort de Guy, l'orchestre connut plusieurs directions successives, dont celles d'un autre frère Lombardo, Victor (London, 1912; saxophoniste et clarinettiste qui se joignit aux rangs des Canadians en 1930 et dirigea ultérieurement son propre ensemble dans le style Lombardo), le fils de Lebert, Bill (qui avait remplacé Gowans comme batteur en 1971) et Art Mooney. L'orchestre faisait toujours des tournées en 1990, sous la direction d'Al Pierson.

Outre leurs deux 78t. pour Gennett, les Royal Canadians gravèrent plus de quarante-cinq 78t. chez Columbia (1927-31) et une quarantaine d'autres chez Brunswick (1932-34). Ils enregistrèrent chez Decca de 1934 à 1957, puis chez Capitol mais Decca continua de distribuer du matériel inédit après 1957. Leurs disques (1924-42) figurent dans l'ouvrage Complete Dance Band Discography 1917-1942 (New Rochelle 1975) de Brian Rust et plusieurs d'entre eux figurent avec du matériel plus récent dans une collection intitulée The Sweetest Music This Side of Heaven (1961-65) : 1926-32 (Decca 78962), 1932-39 (Decca 74229), 1941-43 (Decca 74328) et 1949-54 (Decca 74329). À la mort de Lombardo, une centaine de micr. avaient déjà été mis en circulation et comprenaient des chansons populaires du jour (plusieurs écrites par Carmen Lombardo, et d'autres, encore plus nombreuses, présentées au public par l'orchestre Lombardo), des airs de spectacles de Broadway, des chansons folkloriques, des mélodies italiennes ou d'autres origines ainsi que des morceaux de musique classique légère interprétés au complet ou groupés en pots-pourris. Les ventes de « Winter Wonderland », « The Third Man Theme », « Easter Parade » et « Humoresque » atteignirent le million. Au début des années 1970, les ventes totales avaient dépassé les 300 millions, ce qui confirmait Guy Lombardo and His Royal Canadians comme l'orchestre de danse le plus populaire de son époque.

Indépendamment des Canadians mais avec la participation de ses frères, Guy Lombardo présenta pendant plus de 20 ans des spectacles de musique à grand déploiement au Jones Beach Marine Theatre, près de son domicile de Freeport, Long Island, N.Y. Il prit également part à des courses de canots automobiles (1940-42, 1946-63) et en gagna beaucoup un peu partout en Amérique du Nord.


Lecture supplémentaire

  • Best, Katharine. 'Some like it sweet,' Stage, Jan 1939

    Israels, Josef, II. 'Corn is always green,' Maclean's, 15 Jul 1949

    Various 25th-anniversary tributes. Variety, 28 Sep 1949

    Herndon, Booton. The Sweetest Music This Side of Heaven (Toronto 1964)

    Carroll, Jock. 'Luck of the Lombardos,' Weekend Magazine, 4 and 11 Jul 1964

    Miller, John. 'The sweetest music this side of Kilgore,' Canadian Magazine, 26 Dec 1970

    Wilson, John S. 'Guy Lombardo,' International Musician, Sep 1971

    Lombardo, Guy, with Altschul, Jack. Auld Acquaintance (New York 1975)

    Fenwick, Harry. 'Should old acquaintance be forgot,' Weekend Magazine, 31 Dec 1977

    Cline, Beverly Fink. The Lombardo Story (Don Mills, Ont, 1979)

Liens externes