James Franklin

James Munroe Franklin, soldat de la Première Guerre mondiale (né le 12 octobre 1899 à Whitaker, au Mississippi ; décédé le 8 octobre 1916 en France). James Munroe Franklin, soldat du Corps expéditionnaire canadien (CEC), a probablement été le premier Noir canadien (et le premier Noir nord-américain) à mourir au combat lors de la Première Guerre mondiale. Il a servi dans les 76e et 4e Bataillons et a été tué lors de la bataille des hauteurs de l’Ancre, qui a fait partie de la bataille de la Somme.

James Munroe Franklin, soldat de la Première Guerre mondiale (né le 12 octobre 1899 à Whitaker, au Mississippi ; décédé le 8 octobre 1916 en France). James Munroe Franklin, soldat du Corps expéditionnaire canadien (CEC), a probablement été le premier Noir canadien (et le premier Noir nord-américain) à mourir au combat lors de la Première Guerre mondiale. Il a servi dans les 76e et 4e Bataillons et a été tué lors de la bataille des hauteurs de l’Ancre, qui a fait partie de la bataille de la Somme.

James Munroe Franklin, soldat de la Première Guerre mondiale (né le 12 octobre 1899 à Whitaker, au Mississippi; décédé le 8 octobre 1916 en France). James Munroe Franklin, soldat du Corps expéditionnaire canadien (CEC), a probablement été le premier Noir canadien (et le premier Noir nord-américain) à mourir au combat lors de la Première Guerre mondiale. Il a servi dans les 76e et 4e Bataillons et a été tué lors de la bataille des hauteurs de l’Ancre, pendant la bataille de la Somme.

Contexte familial

James Munroe Franklin naît à Whitaker au Mississippi, dans un village ayant une importante population noire américaine. Il est le fils d’Angeline Franklin et de Walter Van Twiller Abraham Franklin. Son père, Walter Franklin, est un fermier, un bijoutier, un horloger et un inventeur, et l’invention de la harpe chromatique à clavier originale lui est attribuée (brevet numéro 2-137-160). James Franklin est d’abord élevé dans la foi baptiste (son père se convertit au judaïsme beaucoup plus tard et il devient rabbin).

À la fin des années 1870, les États du Sud commencent à imposer la ségrégation par le biais de ce qui est aujourd’hui connu comme les lois Jim Crow. Ces lois visent à séparer les Blancs des « personnes de couleur » dans les écoles et les transports publics. Ces lois, qui sont en vigueur jusque dans les années 1950, imposent aussi la ségrégation raciale dans d’autres lieux publics, comme les restaurants, les théâtres, les parcs et les cimetières. Cela déclenche une migration de Noirs américains vers le nord et l’ouest, incluant la famille Franklin, qui quitte le Mississippi et traverse éventuellement la frontière canadienne en 1901 et s’installe à Hamilton, en Ontario. Cinq années après ce déménagement, Angelina, la mère de James Franklin, meurt à la suite de complications pendant sa grossesse.

Orphelinat

James Franklin n’a que sept ans lorsque sa mère meurt. Peu après, son père le place à l’orphelinat Stinson Street Boys’ Home, à Hamilton. Comme dans de nombreux orphelinats de l’époque, la majorité des résidents sont probablement des « demi-orphelins », c’est-à-dire des garçons comme James Franklin dont l’un des parents est toujours en vie. Alors qu’il vit à l’orphelinat Boys’ Home, son père épouse une Irlandaise nommée Sarah Margaret Johnson. Le couple a huit enfants, mais James Franklin demeure à l’orphelinat.

En 1911, 79 garçons âgés de 4 à 14 ans habitent à l’orphelinat Stinson Street Boys’ Home. Les conditions de vie y sont difficiles, surtout pour les quelques enfants noirs. Erasmus Toliver est un demi-orphelin qui vivait déjà à l’école lorsque James Franklin y arrive. Plus tard, lors d’entretiens avec l’auteure Nerene Virgin, il décrit Stinson Home comme étant « un lieu horrible » où l’administration et le personnel qualifient les enfants de « détenus » et leur servent des repas immangeables, y compris du gruau infesté d’asticots. Selon Erasmus Toliver, seulement trois enfants noirs vivent dans l’institution durant son séjour, dont l’un est le jeune James Franklin. Il se rappelle que les garçons à la peau foncée étaient couramment traités avec dédain et parfois battus et humiliés. James Franklin y demeure jusqu’à l’âge de 14 ans.

Un enseignant membre du personnel enseigne aux « détenus ». Selon Erasmus Toliver, lorsque les garçons atteignent l’âge de 14 ans, ils deviennent habituellement apprentis dans un commerce local. En 1913, James Franklin reste en pension chez une veuve, Ellen Henrietta Bryant-Johnston, et ses enfants Ellen, Charles et William. La famille demeure près de la pharmacie Parke and Parke. Charles n’a que quelques mois de plus que James Franklin et les garçons s’entendent comme des frères. Charles travaille comme conducteur d’attelage et James travaille comme commis et messager à Parke and Parke, qui est l’une des entreprises de Hamilton les plus éminentes au tournant du 20e siècle. La pharmacie Parke and Parke appartient aux frères George et Walder Parke. Walder Parke a quatre fils, qui s’enrôlent tous volontairement comme officiers au sein du Corps expéditionnaire canadien (CEC) au début de la Première Guerre mondiale.

Au sein du CEC

En 1915, James Franklin décide qu’il veut fonder son avenir sur le CEC. Il s’enrôle sous les ordres de Harold, l’un des fils de Walder Parke, qui est à l’époque le commandant du 91st Canadian Highlanders Regiment. (Harold Parke signe les documents d’attestation de James Franklin en tant que témoin et commandant.)

James Franklin est l’un des premiers Noirs canadiens à s’enrôler dans le CEC. Bien que de nombreux autres tentent de s’enrôler, il existe une résistance considérable parmi les commandants, surtout au début de la guerre.

Selon les documents d’attestation de James Franklin, celui-ci mesure 5 pieds 7 pouces lorsqu’il s’enrôle dans le CEC le 26 juillet 1915. Il n’est âgé que de 15 ou 16 ans et il est donc trop jeune pour le service militaire. Toutefois, il déclare qu’il est plus âgé en indiquant qu’il est né en 1897, alors que selon les registres de recensement, il est né en 1899 (un article publié dans le Chicago Defender soutient également cette date de naissance).

Lorsque James Franklin s’enrôle, le 91st Canadian Highlanders Regiment recrute des hommes pour servir dans le 76th Overseas Battalion. James Franklin et 76 autres soldats du 91 st sont donc affectés à la Compagnie B du bataillon, avec leur commandant Harold Parke.

Le 76e Bataillon monte à bord du Empress of Britain à Halifax le 23 avril 1916, et voyage vers l’Europe en destination de Liverpool en Angleterre, où il débarque le 5 mai 1916. Le 28 juin 1916, James Franklin est transféré au 4e Bataillon et déployé en mission de combat en France.

Mort dans les hauteurs de l’Ancre

James Franklin meurt quelques mois seulement après son arrivée en Europe. Il est tué le 8 octobre 1916 durant la bataille des hauteurs de l’Ancre, qui fait partie de la bataille de la Somme.

Durant la bataille, les troupes canadiennes avancent sur les lignes allemandes dans ce qui s’appelle la tranchée Régina. Cependant, les Canadiens sont incapables de maintenir leur position. Selon le colonel William Ray du 4e Bataillon (commandant de James Franklin), cela est attribuable en grande partie à « l’impossibilité d’être ravitaillé en matériel et en renforts pendant la journée ». Dans son journal militaire, William Ray explique que le fait d’avoir pénétré à l’intérieur des barbelés allemands a causé un retard plus important que prévu et a épuisé l’approvisionnement en bombes des Canadiens.

« Notre ravitaillement en bombes était épuisé et ne pouvait être renouvelé […] la presque totalité de notre premier objectif a dû être dégagée par bombardements, car les barbelés nous empêchaient d’attaquer directement. Ceci n’était pas prévu alors nous avons utilisé un bon nombre de nos bombes de réserve. »

Une tentative est faite dans la matinée du 8 octobre 1916 pour organiser une équipe de transport de bombes dans la brèche. Le groupe perd 12 hommes, et aucune autre tentative n’est faite.

Il est fort probable que James Franklin ait fait partie du groupe de transport qui a été attaqué, bien que son nom ne soit pas mentionné dans le journal de William Ray. Selon l’histoire orale de la famille et de la communauté, le soldat Franklin reçoit l’ordre de charger sa mule et de transporter des approvisionnements de combat lors de ce jour fatidique. Tout comme ses camarades de combat, il est vulnérable aux tireurs d’élite ainsi qu’aux tirs d’artillerie et de mitrailleuse. D’après un article publié dans le Chicago Defender, James Franklin et sa monture ont été « littéralement réduits en pièces » par un « énorme obus grand-mère » qui a explosé près d’eux. Le bataillon de James Franklin signale qu’il a disparu le 8 octobre et confirme son décès plus tard.

Héritage et reconnaissance

Selon son testament militaire, James Franklin laisse 250 $ à la St. Paul’s African Methodist Episcopal Church de Hamilton ; adolescent, James avait été activement impliqué au sein de l’église en tant que bibliothécaire en 1914, et secrétaire adjoint en 1915. Il laisse également 250 $ à « Mrs. E.H. Johnson », la femme qui l’a hébergé pendant deux ans avant qu’il ne s’enrôle dans le CEC. Il y avait de toute évidence des liens solides entre James Franklin et la famille Bryant-Johnson, qui a joué elle aussi un rôle très actif dans la vie de l’église. Environ un mois après avoir appris que James Franklin est porté « disparu au combat, » Charles Bryant s’engage volontairement dans le service militaire au sein du 2e Bataillon de construction, peut-être en espérant retrouver son cher ami. Tout comme James Franklin, il semblerait que Charles Bryant ait falsifié son âge pour pouvoir enrôler. Il navigue outre-mer le 28 mars 1917 avec son bataillon, mais il meurt en France moins de quatre mois plus tard à cause d’une méningite. La congrégation de la Stewart Memorial Church à Hamilton (anciennement nommée St. Paul’s AME Church) continue d’honorer le sacrifice de James Franklin et de Charles Bryant, ainsi que celui de Mark Graham, un membre de la congrégation tué en Afghanistan en 2006.

Le nom de James Franklin est inscrit à la page 88 du Livre du Souvenir de la Première Guerre mondiale, qui se trouve dans la Chapelle du Souvenir de la Tour de la Paix des édifices du Parlement, à Ottawa. Son nom est aussi gravé sur le Monument commémoratif du Canada à Vimy, en France (voir aussi Les monuments des deux grandes guerres).

James Franklin est probablement le premier Noir canadien mort lors de la Première Guerre mondiale. Dans un article publié en 1918, le Chicago Defender rapporte que : « Franklin était un jeune homme courageux qui s’est lui-même éduqué, et il a été le premier Canadien de sa race à mourir dans les champs de France. » Le journal ajoute que : « Ce brave jeune homme qui a donné sa vie pour que la démocratie domine le monde était le seul homme de sa race dans le bataillon entier composé de 2 000 valeureux combattants. » Puisque l’armée était réticente à enrôler des Noirs canadiens, en particulier au début de la guerre, le Defender a probablement raison. De plus, comme les États-Unis ne se sont engagés dans le conflit qu’en avril 1917, soit environ six mois après le décès de James Franklin, ce soldat né au Mississippi est probablement aussi le premier Noir nord-américain à mourir au combat pendant la guerre. Bien que quelques Américains aient servi avec le CEC au début de la guerre, il n’y a aucune information au sujet d’un Noir américain tué au combat avant James Franklin. Il semblerait que James Franklin et Charles Bryant, son frère de famille d’accueil, soient les seuls adolescents noirs canadiens morts pendant leur service outre-mer durant la Première Guerre mondiale.

Bien que l’histoire de James Franklin soit peu connue, le Mississippi Armed Forces Museum (Musée des forces armées du Mississippi) a érigé une exposition en l’honneur de son service. Le directeur du musée Chad Daniels a écrit au chercheur Alan Smith que « l’histoire du soldat Franklin est inspirante, car elle est un exemple de loyauté et de courage à une époque marquée par le préjudice et l’injustice ».

Remerciements

De nombreuses collaborations et recherches ont été nécessaires pour écrire cette biographie. Nous remercions William Huling, Ph. D. ; Patricia Grizzle Huling, Ph. D. ; Evelyn Ali ; Royetta Phillips ; Nerene Virgin; Alan Smith ; Douglas Smith, Ph. D. ; et Stan Overy, curateur du Musée du patrimoine de la Royal Hamilton Light Infantry.