La vallée de l’Okanagan

La vallée de l’Okanagan est située à la frontière de la Colombie‑Britannique et des États‑Unis, et s’étend sur près de 200 km vers le nord.

Okanagan, lac
Près de Vernon (photo de James Marsh).
Okanagan, vallée de l
La vallée de l'Okanagan s'étend entre deux chaînes de montagnes. La ville de Vernon, en Colombie-Britannique, apparaît à l'extrémité nord du lac, sous forme d'une tache bleue, et Kelowna se trouve plus loin vers le sud. La vallée constitue le centre de la culture fruitière de la province (avec la permission du Centre canadien de télédétection).
Okanagan, carte de la vallée de l
Lac Okanagan
Vue sur le lac d'Okanagan dans le district de Summerland, dans la vallée de l'Okanagan (avec la permission du district de Summerland).\r\n \r\n
Blue Mountain, vignoble
Les terrasses McIntyre sont situées à l'extrémité du lac Okanagan dans la ville d'Okanagan Falls, en direction sud vers Oliver. Blue Mountain est le nom du vignoble (photo de Steven Elphick).
Okanagan, vignoble de l
La plus grande superficie de vignobles de Colombie-Britannique se trouve dans la région aride mais protégée de l'Okanagan (avec la permission du British Columbia Wine Institute).

La vallée de l’Okanagan est située à la frontière de la Colombie‑Britannique et des États‑Unis, et s’étend sur près de 200 km vers le nord. Lieu de vie d’origine des Premières Nations de l’Okanagan, la région compte maintenant les villes de Vernon, Kelowna et Penticton. Elle est l’une des plus grandes productrices de fruits et de vin au Canada.

Géographie

La vallée de l’Okanagan mesure à peu près 200 km de longueur et 20 km de largeur. Elle repose entre les chaînes de montagnes Columbia et Cascade, au centre‑sud de la Colombie-Britannique. Le paysage, constitué de basses collines et de lacs allongés, a été formé par les glaciers du Pléistocène qui se sont retirés il y a 9 000 ou 11 000 ans. Ces derniers ont laissé derrière eux de vastes dépôts de gravier, de limon et de sable dans le fond et sur les flancs de la vallée. L’érosion de ces sédiments par l’eau et le vent a formé de grands cônes d’alluvions (c.‑à‑d. des dépôts de sédiments en forme d’éventail) et des deltas, comme ceux des villes de Vernon, de Kelowna et de Penticton, partiellement exploités pour les sédiments qui sont maintenant utilisés en agriculture. La vallée compte plusieurs lacs, tous issus d’un seul grand lac glaciaire. Le plus grand de ceux-ci est le lac Okanagan. D’est en ouest, les lacs Swan, Kalamalka et Wood s’enchaînent, et au sud, se trouvent les lacs Skaha, Vaseux et Osoyoos. Tout ce système se déverse au sud par la rivière Okanagan, avant d’aller rejoindre la rivière Columbia.

Climat

La vallée se trouve au pied du littoralet des montagnes Cascade, ce qui crée un climat chaud, ensoleillé et sec. La majeure partie de la vallée reçoit en moyenne 2 000 heures de soleil et de 250 à 400 mm de précipitations par année. Le sud de la vallée, qui reçoit environ 300 mm de précipitations par année, est une terre désertique où poussent des cactus et où vivent des serpents à sonnettes et des mantes religieuses.

Peuple

Au départ, la vallée est habitée par la tribu Okanagan appartenant aux Salish du continent qui donne son nom à la région, nom qui signifie à peu près « lieu où il y a de l’eau ». On retrouve d’importantes réserves au nord-ouest et au sud-ouest du lac Okanagan, de même qu’au nord d’Osoyoos, et d’autres près d’Enderby et de Kelowna.

Les trois principaux centres sont Kelowna, Penticton et Vernon. Enderby et Armstrong sont dans la région du Nord, productrice de légumes et de produits laitiers, alors qu’au sud de Penticton, Okanagan Falls, Oliver et Osoyoos, on cultive plutôt des fruits.

Établissements européens

C’est le marchand de fourrures écossais David Stuart, un employé de la Pacific Fur Company, qui est le premier Européen à voir la vallée en 1811. Son cousin, John Stuart, de la Compagnie de la baie d’Hudson, emprunte le même trajet en 1814 qui est utilisé par les marchands de fourrures jusqu’en 1847 et, plus tard, par les mineurs. Des missionnaires construisent les premiers établissements près de Kelowna en 1859. À la suite d’une courte ruée vers l’or à Cherry Creek, à 50 km à l’est de Vernon, certains mineurs décident de s’y établir, tout comme certains des Overlanders de 1862. La première industrie rentable du nord de la vallée est l’élevage du bétail.

Abondance de fruits

Après les basses terres du Fraser, la vallée de l’Okanagan est la région agricole la plus importante de la Colombie-Britannique, dont la principale source de culture est les arbres fruitiers. Les premiers pommiers sont plantés par Hiram « Okanagan » Smith près d’Osoyoos (vers 1857) et les missionnaires oblats près de Kelowa (vers 1862). Dans les années 1890, le gouverneur général Aberdeen, propriétaire d’un immense pâturage naturel dans le nord de la vallée, favorise grandement le développement de l’industrie en cédant des terres aux cultivateurs de fruits. On fait de nouvelles plantations autour d’Osoyoos, après la Première Guerre mondiale, pour les soldats qui reviennent de la guerre. Les premiers vergers souffrent du manque d’irrigation, de l’inefficacité du système de commercialisation, du gel hivernal et de la pyrale de la pomme.

Ce n’est qu’à partir des années 1930 qu’un bon système d’irrigation transforme le semi-désert de buissons d’armoises en une région de fruiticulture de premier plan. Les premières plantations commerciales de vignes se font en 1926 autour de Kelowna. Aujourd’hui, les raisins de la vallée approvisionnent les vineries locales et côtières. Actuellement, la majeure partie des arbres fruitiers de la Colombie‑Britannique poussent dans la vallée de l’Okanagan. Entre 2011 et 2013, la province produit plus de 80 % des cerises et des abricots, 40 % des poires et des prunes, et 20 % des pommes, des nectarines et des pêches produits au Canada. La région regorge également de framboises et de raisins (voir Industrie vinicole).

Un nombre croissant de touristes sont attirés par la splendeur du paysage de la vallée, la chaleur de ses étés, ses plages d’eau douce et plusieurs festivités. On y trouve plusieurs parcs provinciaux, dont les deux plus grands sont Silver Star et Okanagan Mountain. Les anciens chemins, tunnels et chevalets du chemin de fer de Kettle Valley font maintenant partie d’un réseau de pistes cyclables et de randonnée pédestre très utilisé. Malheureusement, nombre de ponts de chevalets ont été détruits au cours d’un incendie dans le parc Okanagan Mountain en 2003.


Lecture supplémentaire

  • Paul M. Koroscil, The British Garden of Eden: Settlement History of the Okanagan Valley, British Columbia (2003); Tanya Lloyd, Okanagan (1999); Jean Webber, A Rich and Fruitful Land: The History of the Valleys of the Okanagan, Similkameen and Shuswap (1999).

Liens externes