Fréchette, Louis-Honoré

Après quelques tentatives infructueuses pour exercer la profession d'avocat et fonder des journaux libéraux, il immigre à Chicago. Il y demeure cinq ans (1866-1871) et travaille pour l'Illinois Central Railway.

Louis H. Fr\u00e9chette
Louis Fr\u00e9chette a \u00e9t\u00e9 l'un des hommes de lettres les plus influents du XIXe si\u00e8cle au Qu\u00e9bec (avec la permission de la Soci\u00e9t\u00e9 canadienne des postes).

Fréchette, Louis-Honoré

Louis-Honoré Fréchette, poète et dramaturge (région de Lévis, Qc, 16 nov. 1839 -- Montréal, 31 mai 1908). Il a été l'homme de lettres le plus important dans le Québec du XIXe siècle. Fils d'un entrepreneur analphabète, il fait d'abord des études sous la tutelle des Frères des écoles chrétiennes, puis dans trois collèges classiques : le petit séminaire de Québec, le collège de Saint-Anne-de-la-Pocatière et le collège de Nicolet. Par la suite, il étudie le droit à l'U. Laval. Déjà à cette époque, il écrit des poèmes et sa première dramatique, Félix Poutré (1862); il publie son premier recueil de poésie, Mes loisirs, en 1863.

Après quelques tentatives infructueuses pour exercer la profession d'avocat et fonder des journaux libéraux, il immigre à Chicago. Il y demeure cinq ans (1866-1871) et travaille pour l'Illinois Central Railway. Durant son séjour à Chicago, il fonde d'autres journaux et écrit des pièces de théâtre, mais ses manuscrits sont détruits dans l'incendie de Chicago en 1871. La seule oeuvre qui ait survécu à cette époque, La Voix d'un exilé (1866-1869), consiste en une virulente polémique poétique dans laquelle l'auteur dénonce la Confédération canadienne de 1867 et ses partisans conservateurs.

À son retour au Canada, il se lance en politique et siège comme député fédéral de Lévis de 1874 à 1878. Après son mariage, en 1876, avec une femme issue d'une famille riche, il se consacre davantage à la littérature; son deuxième recueil de poésie, Pêle-mêle (1877), reçoit un accueil chaleureux. La distribution d'exemplaires gratuits en France lui permet de se faire reconnaître par l'Académie française qui lui octroie le prix Montyon en 1880. Dès lors, bien que de façon non officielle, il devient le poète officiel du Canada français, compose des odes pour les cérémonies publiques, publie des recueils de poésie et adapte pour la scène des oeuvres d'autres auteurs.

La Légende d'un peuple (1887), une suite de tableaux retraçant l'histoire du Québec depuis Jacques CARTIER jusqu'à Louis RIEL, est son recueil de poésie le plus connu. Par la suite, il écrit surtout en prose : lettres polémiques sur l'éducation au Québec (1893); réponses aux attaques de son rival, William Chapman (1894); et contes de Noël en anglais (1899) et en français (1900). Fréchette est décoré en France et en Angleterre, quatre universités canadiennes lui décernent des doctorats honorifiques et il est nommé président de la Société royale du Canada (1900-1901). Il est le personnage littéraire de son époque le plus honoré au Canada.