Mike Hoolboom



Mike Hoolboom

Mike John Hoolboom, cinéaste expérimental (Toronto, 2 août 1959). Prolifique et aux talents variés, Mike Hoolboom se révèle, au milieu des années 1980, comme l'une des personnalités les plus spontanées et les plus énergiques du cinéma expérimental du Canada anglais.

Dans ses premiers films, tournés avec la caméra Super 8 de son père, Mike Hoolboom, qui est d'ascendance néerlandaise et indonésienne, travaille avec fascination à démonter le mécanisme de la signification : comment fonctionnent le langage et le récit, comment la présence physique détermine la perception, comment le film lui-même communique des idées. Dans ses premières œuvres, souvent très personnelles, il utilise des images et des souvenirs autobiographiques pour appuyer son étude des formes du discours médiatisé. Exemple apparemment infatigable d'ingéniosité pour réaliser des films à petit budget, Mike Hoolboom est connu pour avoir monté des films entiers à partir des séquences inutilisées et recyclées de ses autres films.

Critique et conservateur aussi bien que cinéaste, il apprend en 1989 qu'il est séropositif, ce qui l'amène à donner à ses films une orientation moins personnelle et plus politique. Dans certains de ses films, notamment Valentine's Day (1994), il adopte des formes de récit plus conventionnelles, tandis que dans d'autres, tel House of Pain (1995), il provoque son public avec des images de transgression sexuelle de plus en plus explicites.

À la fin des années 1990, l'œuvre de Mike Hoolboom s'intéresse aux problèmes de perception dans une culture de masse saturée d'images. Des œuvres telles que Shooting Blanks (1995), Dear Madonna (1996), In The Future (1998) et In My Car (1998) contiennent des images provenant de vidéos musicaux, de superproductions hollywoodiennes, du cinéma d'art européen et de la télévision commerciale. Mike Hoolboom les recontextualise, change leur signification et invite son public à questionner leur présence dans notre conscience individuelle et collective.

L'anthologie de courts métrages Panic Bodies (1998) est l'expression cinématographique d'une confrontation directe et passionnée avec le SIDA. Les critiques lui réservent un excellent accueil dans plusieurs festivals internationaux du cinéma. En 2002, Mike Hoolboom termine un long métrage biographique très osé sur le cinéaste expérimental newyorkais Tom Chomont. La première mondiale de ce film, intitulé Tom, a lieu au Festival international du film de Berlin en 2002. Parmi ces autres œuvres figurent les courts métrages In the Dark (2003) et The Invisible Man (2003) ainsi que, plus nombreux que jamais, les longs métrages suivants : Imitations of Life (2002), une réflexion sur l'importance du cinéma comme tel; Public Lighting (2004), une analyse pénétrante sur l'obsession des médias modernes envers le genre biographique; Fascination (2006), un essai poétique et un hommage à l'artiste vidéaste pionnier canadien Colin Campbell; Mark (2009), une œuvre méditative à propos du suicide de son monteur-collaborateur de longue date Mark Karbusicky.

En plus de son travail extraordinaire en tant que vidéaste, Mike Hoolboom est un auteur infatigable doté d'une grande perspicacité quant à la culture médiatique actuelle. Il publie Inside the Pleasure Dome: Fringe Film in Canada (1997), un recueil d'entrevues avec des producteurs canadiens de films expérimentaux; Plague Years: A Life in Underground Movies (1998), une étude et une méditation personnelles sur le cinéma, les médias et le désir; le roman The Steve Machine (2008), qui fait sensation auprès des critiques et Practical Dreamers (2009), un autre ouvrage rassemblant des entrevues, réalisées cette fois avec des artistes. En 2001, il publie une deuxième édition mise à jour de Inside the Pleasure Dome: Fringe Film in Canada et comportant de nouvelles entrevues.