Monnaie de carte

En 1729, à la demande des commerçants eux-mêmes, le roi recourt de nouveau à la monnaie de carte en utilisant, cette fois, des cartes vierges qui sont coupées ou dont les coins sont amputés selon une table de calcul définie.


Cartes servant de monnaie
La monnaie de carte est inventée pour venir \u00e0 bout d'une pénurie de monnaie en Nouvelle-France.

Monnaie de carte

Les administrateurs de la Nouvelle-France doivent compter sur l'arrivée de numéraire de France pour payer les fonctionnaires, les fournisseurs, les soldats et les commis. Or, quand le bateau n'arrive qu'en fin de saison, cela donne lieu à beaucoup de confusion, et plus encore quand il n'arrive pas du tout. En 1685, l'intendant Demeulle invente une sorte de monnaie de papier afin de faire face aux dépenses. Il inscrit divers montants sur des cartes à jouer et il y appose sa signature. Une fois le navire du roi arrivé, il rembourse en espèces la monnaie de carte. Le système prend fin en 1686, mais on doit y recourir de nouveau entre 1689 et 1719. En 1714, on évalue à 2 millions de livres la monnaie de carte en circulation, certaines cartes valant jusqu'à 100 livres.

En 1729, à la demande des commerçants eux-mêmes, le roi recourt de nouveau à la monnaie de carte en utilisant, cette fois, des cartes vierges qui sont coupées ou dont les coins sont amputés selon une table de calcul définie. Une carte entière vaut 24 livres (soit la somme la plus élevée pour de la monnaie de carte), une carte dont les coins sont coupés en vaut 12, etc. Au XVIIIe siècle, la monnaie de carte n'est pas la forme la plus courante de monnaie de papier. Il y a le certificat, montant certifié que le commerçant donne au fournisseur. L'ordonnance, ordre de paiement signé par l'intendant, est remboursable comme les cartes et les certificats par une lettre de change du Trésor de la Marine. Enfin, pour éviter le transfert en espèces, les gens utilisent aussi entre eux la lettre de change, ou traite, dont l'État se sert également, surtout pour racheter la monnaie de papier. Après la Conquête, les Canadiens détiennent encore l'équivalent de quelque 16 millions de livres en monnaie de papier, dont seulement 3,8 p. 100 en monnaie de carte.