Neptune Theatre

Sous la direction artistique de Major (1963-1968), le répertoire comprend des classiques agrémentés de pièces contemporaines, comme la première mise en scène nord-américaine de A Man for All Seasons (1968), et de pièces canadiennes, comme The Sleeping Bag (1967) d'Arthur Murphy.

Neptune Theatre

Son premier directeur artistique, Leon Major, réalise son rêve le 1er juillet 1963 lorsque le Neptune Theatre d'Halifax ouvre ses portes et présente une mise en scène de Major Barbara (trad. Commandant Barbara) de Shaw dans sa salle rénovée de 521 places. Tout au long de son existence, le Neptune fait preuve d'idéalisme et surmonte ses problèmes financiers. S'inspirant du Moscow Art Theatre, la direction du Neptune propose la formule d'une troupe itinérante de répertoire qui jouerait toute l'année des drames classiques, les meilleures pièces contemporaines et de nouvelles pièces canadiennes. En raison des dépenses liées à la rénovation du théâtre, la troupe n'a d'autre choix pour survivre que d'adopter la formule des abonnements et d'accueillir des vedettes invitées. Les nouvelles pièces et les pièces expérimentales sont reléguées à la scène d'un studio théâtre. Toutefois, grâce aux normes de qualité élevées qu'il s'impose et à l'effort qu'il met à former des acteurs locaux, le Neptune bâtit, avec le temps, la troupe dont rêvait son fondateur.

Sous la direction artistique de Major (1963-1968), le répertoire comprend des classiques agrémentés de pièces contemporaines, comme la première mise en scène nord-américaine de A Man for All Seasons (1968), et de pièces canadiennes, comme The Sleeping Bag (1967) d'Arthur Murphy. Son successeur, Heinar Piller, doit s'en remettre à la vente de billets d'abonnement pour augmenter les recettes, mais il conserve l'intégrité artistique de la troupe en présentant au studio théâtre des mises en scène d'atelier.

Sous la direction de Robert Sherrin (1971-1974), la vocation du Neptune passe véritablement de celle d'un théâtre de répertoire résident à celle d'une troupe de répertoire accueillant des artistes invités. La saison se déroule de novembre à août chaque année. Grâce à des subventions locales, Sherrin fonde le Second Stage. Durant trois saisons, il y présente de nouvelles œuvres, notamment Sweet Home Sweet (1972) de James Nichol, qui présente les premiers acteurs noirs à jouer sur une scène du Neptune.

John Wood (1974-1977) tente de ranimer le rêve de Major, mais il ne réussit qu'à endetter le Neptune en présentant des pièces comme Hamlet (1974), THE COLLECTED WORKS OF BILLY THE KID (1976; trad. Les œuvres complètes de Billy the Kid) de Michael ONDAATJE et John and the Missus de Gordon PINSENT. Avec The Effect of Gamma Rays... (1977), la distribution presque entièrement noire n'a pas de précédent sur la scène principale. David Renton, membre fondateur de la troupe, assure la direction intérimaire pour la saison 1977-1978. Il respecte les limites du budget et établit les bases de la « Young Company ».

Ce serait John NEVILLE (1978-1983) qui aurait effacé la dette du Neptune. En effet, il investit le directeur général d'une plus grande autorité, élimine la saison estivale, recrute des sociétés commanditaires (avec des pièces comme Othello, en 1978) et importe des vedettes comme Tony Randall, qui joue dans Sea Gull (1979). Sa comédie musicale rock Medea (1981) rappelle la production de Piller, The Lion in Winter, dans laquelle le groupe APRIL WINE, originaire des Maritimes, interprète un mélange de chants rock et de chants grégoriens. Neville va de l'avant avec le projet de Renton pour la mise sur pied de la Young Neptune Company. De plus, avec l'aide financière de du Maurier, il instaure la série Lunchtime Theatre, qui dure pendant tout son mandat. Comme personne ne veut s'engager à lui fournir un nouvel édifice, Neville ne renouvelle pas son contrat et Tom Kerr le remplace (1983-1986).

Kerr mise beaucoup sur les comédies musicales, notamment Don Messer's Jubilee (1985) de John Gray, donnée en tournée partout au Canada. Il redonne sa vitalité à la Young Neptune Company, sous la direction de Jennette White et, en 1983, il fonde la Neptune Theatre School.

Richard Ouzounian (1986-1989), dont la mise en scène de 18 Wheels de John GRAY a déjà figuré au répertoire du Neptune, continue de présenter des comédies musicales populaires, mais équilibre le répertoire avec de nouvelles pièces. Shine Boy de George Boyd, jouée en 1988 sous forme de comédie musicale, raconte l'histoire de George Dixon, le premier noir à remporter le titre de champion mondial de la boxe. Ouzounian présente une version mise à jour de Tartuffe (1987), dans laquelle Orgon et Tartuffe représentent Reagan et Mulroney. La mise en scène est adaptée pour la télévision et diffusée sur le réseau national la même année. Ouzounian, vaincu par les déficits dont il a hérité, démissionne en 1989. Il est remplacé par Tom Kerr, qui revient à titre de directeur invité pour une année.

Nommée directrice artistique en 1990, Linda Moore continue de présenter sur la scène principale des pièces populaires comme Les Misérables (1994), tout en réservant pour le studio théâtre des œuvres nouvelles ou plus risquées comme la pièce japonaise de Soh Kuramoto, Kanashibetsu, qui traite de la fermeture des villes minières en 1997. Pendant le mandat de Moore, plusieurs millions de dollars sont consacrés à la rénovation des installations du Neptune, dont la construction d'un nouveau Second Stage de 200 places, d'une salle de répétition, d'un atelier et de salles de classe pour l'école de théâtre. En septembre 1997, la pièce Major Barbara inaugure fort à propos les nouvelles installations.

Pendant les grands travaux de rénovation et juste après, le nombre de spectateurs diminue ainsi que les recettes; plusieurs années de difficultés financières s'ensuivent avant que la compagnie aille mieux. En 1999, Linda Moore annonce sa décision de quitter le Neptune en mai 2000. Ron Ulrich prend la relève et guide le théâtre pendant une période de réussite financière jusqu'à son départ après la saison 2007-2008. Pendant son mandat, on y joue beaucoup de pièces à succès dont Beauty and the Beast de Disney (2007), Cats (2004), Copenhagen (2003), The Syringa Tree (2004) et Who's Afraid of Virginia Woolf? (2006). George Pothitos est nommé directeur artistique en 2009.

Le Neptune Theatre continue à appuyer le travail des auteurs régionaux en plus de présenter des grands succès. Les productions de la scène principale et du studio restent parmi ses activités en plus de la troupe itinérante Young Neptune Company et de son école de théâtre.


Lecture supplémentaire

  • Richard Perkyns, The Neptune Story (1989).