O'Brien, Lucius Richard

Lucius Richard O’Brien, peintre (né le 15 août 1832 à Shanty Bay, dans le Haut-Canada; décédé le 13 décembre 1899 à Toronto, en Ontario). Lucius O’Brien compte parmi les peintres paysagistes les plus prolifiques au pays, pour ses peintures à l’huile comme pour ses aquarelles.

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Lucius O'Brien, 1873, aquarelle (avec la permission de Mme Eigil Simmelhag).

Lucius Richard O’Brien, peintre (né le 15 août 1832 à Shanty Bay, dans le Haut-Canada; décédé le 13 décembre 1899 à Toronto, en Ontario). Lucius O’Brien compte parmi les peintres paysagistes les plus prolifiques au pays, pour ses peintures à l’huile comme pour ses aquarelles.

Éducation, carrière et vie personnelle

Fils d’une mère membre de l’aristocratie terrienne et d’un père officier de l’armée à la retraite et issu d’une famille influente du comté de Simcoe, Lucius O’Brien, bien qu’ayant vu le jour dans une cabane en bois rond, est élevé dans un profond respect pour la culture. Il démontre d’ailleurs dès l’enfance une aptitude pour le dessin. Lucius O’Brien étudie l’art avec John G. Howard au Upper Canada College à Toronto. En 1853, il remporte deux prix dans la catégorie professionnelle lors de l’exposition provinciale du Haut-Canada, événement se tenant à Hamilton, en Ontario. Certaines de ses esquisses tracées à Shanty Bay, puis à Orillia – où il déménage en 1856 – survivent jusqu’à nos jours. Au bout d’une longue interruption après son mariage en 1860, l’artiste se met à dessiner des scènes ayant pour toile de fond les environs d’Orillia, ainsi que des paysages vus lors de voyages à Montpellier, en France, et à Bulford dans le Wiltshire, en Angleterre, où la famille de sa mère possède un domaine. Entre 1869 et 1870, il rentre à Toronto.

En 1873, Lucius O’Brien est bien connu dans le milieu artistique torontois. Il appuie l’Ontario Society of Artists, où il remplace John Fraser en tant que vice-président en 1874 et où il demeurera jusqu’en 1880, lorsqu’il sera à son tour remplacé par Robert Harris. L’une des plus importantes réalisations de Lucius O’Brien en tant que vice-président sera la création, en 1876, de l’Ontario School of Art, qui deviendra plus tard l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario. Avec le soutien du nouveau gouverneur général, le marquis de Lorne (John Douglas Sutherland Campbell), O’Brien contribue à la fondation de l’Académie royale des arts du Canada, de laquelle il devient le premier président en 1880, et dirige la publication de Picturesque Canada (1882). Picturesque Canada est une entreprise commerciale mise sur pied par deux frères de Chicago. Bien que l’on présente au départ la publication comme étant consacrée entièrement aux artistes et aux écrivains canadiens, moins du quart des 540 illustrations qui composent l’édition à deux volumes montrent des œuvres canadiennes. Par ailleurs, la plupart d’entre elles sont de Lucius O’Brien. Après 1882, avec en poche les bénéfices réalisés grâce à Picturesque Canada, l’artiste peint et enseigne à Toronto, vivant et travaillant dans un grand studio conçu par Frank Darling.

Style artistique

Lucius O’Brien peint surtout en Ontario et au Québec, ainsi que sur l’île Grand Manan et le long de la côte de l’Atlantique. Parrainé par le chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP), il devient l’un des premiers artistes à peindre des paysages des Rocheuses et de la côte du Pacifique. Bon nombre des paysages de Lucius O’Brien se distinguent par un sens de la lumière retrouvé dans les peintures d’Albert Bierstadt et des « luministes » américains, ainsi que par un réalisme similaire à celui des œuvres de John A. Fraser et d’autres artistes associés aux studios photographiques de William Notman.

En tant que premier président de l’Académie royale des arts du Canada, Lucius O’Brien doit faire don d’une œuvre majeure à l’exposition annuelle de l’organisme, dont la première est inaugurée le 6 mai 1880. Il fait don de Lever du soleil sur le Saguenay, cap Trinité (1880), œuvre phare de l’artiste. La peinture montre une section du célèbre fjord du Saguenay au Québec. On y voit deux bateaux voguant sur les flots, dans l’ombre de gigantesques falaises escarpées enveloppées de brume sur un côté. L’horizon est dominé par un frottis horizontal de rose pâle, représentant le soleil levant qui se reflète sur l’eau; la scène entière est baignée de lumière. Tandis que Lever du soleil sur le Saguenay, cap Trinité est une œuvre résolument poétique – symbolisant, diront certains, la montée des arts au Canada, à l’époque un jeune pays –, Les chutes Kakabeka sur la rivière Kamanistiquia (1882), une peinture réalisée quelques années plus tard, se veut une représentation plus traditionnelle et réaliste de spectaculaires chutes du nord de l’Ontario.

À la fin des années 1880, Lucius O’Brien s’intéresse principalement à l’aquarelle. Il deviendra plus tard l’un des meilleurs aquarellistes de sa génération. Pendant cette période, il est surtout reconnu pour la représentation artistique qu’il fait des montagnes Rocheuses et des paysages de la Colombie-Britannique. Une forêt de Colombie-Britannique (1888), par exemple, est une aquarelle à grande échelle montrant deux hommes en pleine conversation dans une forêt dense aux taillis mousseux, avec derrière eux des arbres de taille presque inimaginable.


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