Philippe Couillard

Philippe Couillard, neurochirurgien et homme politique québécois (né le 26 juin 1957 à MontréalQuébec). Avant de se lancer en politique, Philippe Couillard était un neurochirurgien de très grande réputation. Il a été élu à l’Assemblée nationale en 2003 et a occupé les fonctions de ministre de la Santé et des Services sociaux jusqu’en 2008. Après un léger hiatus, il a été élu chef du Parti libéral du Québec en mars 2013 et est devenu premier ministre au terme de l’élection du 7 avril 2014. Aux élections provinciales du 1er octobre 2018, toutefois, la Coalition Avenir Québec sous François Legault a remporté la majorité, une nouvelle qui a poussé Philippe Couillard à démissionner de son poste de chef de parti.



Philippe Couillard
Philippe Couillard, à Québec, lors de la cérémonie du Jour du souvenir en 2014

Éducation et carrière médicale

Philippe Couillard est le fils de Pierre Couillard, professeur émérite de biologie de l’Université de Montréal et d’Hélène Yvonne Pardé. Après avoir obtenu son doctorat en médecine en 1979, à l’âge de 22 ans, Philippe Couillard entreprend une spécialité en neurochirurgie qu’il complète en 1985 à l’Université de Montréal. Entré en neurochirurgie à l’Hôpital Saint-Luc à Montréal, il assume le poste de chirurgien-chef de 1989 à 1992.

De 1992 à 1996, il participe à la fondation du service de neurochirurgie à Dhahram en Arabie saoudite. De retour au Québec, il enseigne à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (1996-2003) avant d’être nommé, chirurgien-chef et directeur du Département de chirurgie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, poste qu’il occupe de 2000 à 2003.

De 1999 à 2003, il est aussi représentant canadien au conseil d'administration de la Société de neurochirurgie de langue française et membre du conseil d'administration du Comité des affaires publiques et des politiques de la santé du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada de 2000 à 2003.

Ministre de la Santé et des Services sociaux

Aux élections générales du 14 avril 2003, Philippe Couillard est élu député pour le Parti libéral du Québec dans la circonscription de Mont-Royal et nommé, par Jean Charest, ministre de la Santé et des Services sociaux. Il est réélu en 2007, cette fois-ci dans la circonscription de Jean-Talon (dans la ville de Québec). C’est sous sa gouverne de ministre que l’on annonce la construction de deux nouveaux hôpitaux universitaires aux universités de Montréal et McGill.

Pendant son premier mandat, le ministre Couillard s’attaque au problème des longues listes d’attente dans les hôpitaux montréalais. Il voit également à la création de près d’une centaine de nouveaux Centres de santé et de services sociaux (CSSS). La Loi sur le tabac est révisée avec l’adoption de mesures plus restrictives (voir Tabagisme), et la Politique du médicament est lancée. De plus, la Loi sur la protection de la jeunesse est révisée et adoptée.

Parmi les réalisations de son second mandat, il faut mentionner l’ajout de 40 millions $ pour les services aux personnes handicapées et la réalisation d’une campagne de sensibilisation visant à combattre les préjugés sur la dépression (voir Santé mentale).

Pratique dans le secteur privé

Le 25 juin 2008, Philippe Couillard donne sa démission comme ministre et député et réoriente sa carrière dans le secteur privé. On le retrouve comme partenaire au Fonds d’investissement PCP (Persistence Capital Partners), un fond de gestion qui vise à financer les initiatives en matière de santé tant publiques que privées. Il est chercheur principal en droit de la santé à l’Université McGill (janvier 2009 à décembre 2011). À partir de 2010, il siège au Conseil consultatif international créé par le ministre de la Santé de l’Arabie saoudite. Il est ensuite conseiller stratégique en santé et en sciences de la vie pour le groupe Secor-KPMG (2011-2012), une firme-conseil indépendante.

Philippe Couillard est du Comité de surveillance des activités de renseignements de sécurité (CSARS) et assume la présidence de la Fondation canadienne de recherche en santé Rx&D et du Regroupement des soins de santé personnalisés. Il siège également comme membre des conseils d'administration d’Amorfix Life Sciences (2009-2012) et de Thallion Pharmaceuticals (2010-2012), deux sociétés canadiennes de biotechnologie.

Retour en politique active

Le 3 octobre 2012, Philippe Couillard fait un retour sur la scène politique. Déchargé de toutes ses autres fonctions et devenu candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec, il est élu le 17 mars 2013. Il remporte la victoire dès le premier scrutin, par 58,5 % des voix.

Le 7 avril 2014, le Parti libéral remporte les élections générales loin devant ses principaux adversaires en faisant élire 70 députés sur 125. Alors que le Parti libéral recueille 1,7 millions de voix, le Parti Québécois obtient 1 075 000 voix, soit à peine 100 000 de plus que la Coalition Avenir QuébecQuébec solidaire, le parti indépendantiste de gauche, récolte 325 000 voix.

Élu dans la circonscription de Roberval, Philippe Couillard devient, le 23 avril 2014, le 31e premier ministre de l’histoire du Québec.

Premier ministre du Québec

Une des premières décisions de Philippe Couillard, en tant que premier ministre, est de restreindre les dépenses gouvernementales. S’il est sévèrement critiqué pour la diminution des budgets en santé et en éducation dans ses deux premières années à titre de premier ministre du Québec, Philippe Couillard parvient quand même à présenter quatre budgets équilibrés consécutifs au cours de son mandat. En 2018, l’économie québécoise est en grande forme, forte d’un surplus budgétaire et d’un taux d’emploi record. Malgré tout, ses mesures d’austérité sont impopulaires et placent le Parti libéral dans les mauvaises grâces de la population.

En octobre 2017, le gouvernement libéral vote la loi 62, plus communément appelée Loi favorisant la neutralité religieuse de l’État. La partie la plus controversée de cette loi est l’article 10, qui force tous les citoyens à découvrir leur visage lorsqu’ils sollicitent ou fournissent des services publics. Ce règlement affecte en réalité surtout les femmes musulmanes portant le niqab ou la burka traditionnels, bien que ni l’un ni l’autre de ces vêtements soit mentionné dans le texte de loi. Bien que la loi prévoie des dispositions relatives à l’exemption religieuse, le processus crée de la confusion par son manque de clarté.

Le projet de loi 62 tire son origine de la campagne électorale de 2014, lorsque Pauline Marois, alors chef du Parti Québécois, propose une « charte des valeurs » laïque qui bannirait le port de symboles religieux dans la fonction publique. Philippe Couillard s’oppose toutefois à l’idée et promet de n’interdire que les vêtements dissimulant le visage.

Peu après le vote, la loi 62 est contestée devant les tribunaux. L’article 10 est suspendu en décembre 2017 et en juin 2018 après que le juge de la Cour supérieure Marc-André Blanchard statue que la loi semble violer les chartes des droits et libertés canadienne et québécoise et qu’elle causerait un « préjudice irréparable » aux femmes musulmanes advenant sa promulgation.

Élections provinciales du 1er octobre 2018

Durant la campagne électorale de 2018, les libéraux se présentent comme le « parti de l’économie ». Parmi leurs promesses notables, on compte des services de garderie gratuits pour les 4 ans et moins et le transport en commun sans frais pour les étudiants et les personnes de l’âge d’or. Les sondages, toutefois, indiquent que Philippe Couillard et son parti ont perdu le soutien des électeurs francophones. Beaucoup croient que cela est dû à la « lassitude de l’électeur » ; après tout, les libéraux sont au pouvoir depuis la majeure partie des 15 dernières années, à l’exception d’une période de 18 mois, de septembre 2012 à avril 2014, où ils forment l’Opposition officielle. De nombreux électeurs sont d’avis que le parti n’a pas été suffisamment puni pour les scandales découlant du gouvernement de Jean Charest (voir Charest se défendant contre des allégations de corruption).

Les électeurs francophones se tournent donc vers la Coalition Avenir Québec (CAQ), qui se présente comme le parti du changement et comme une façon de briser la mainmise du Parti libéral et du Parti Québécois en politique provinciale. La grande différence entre les deux partis se rapporte à l’immigration ; tandis que les libéraux veulent augmenter l’immigration afin de répondre aux besoins de main-d’œuvre, la CAQ promet une réduction des nouveaux arrivants, en plus de leur imposer des tests de français et de valeurs et d’être plus sévère quant au port de symboles religieux dans la fonction publique.

L’élection se solde par la défaite incontestable des libéraux de Philippe Couillard. Bien que ce dernier maintienne son siège à Roberval, le parti ne remporte que 31 sièges à l’Assemblée. La CAQ s’empare de la majorité avec 74 des 125 sièges, tandis que le Parti Québécois et Québec solidaire parviennent à faire élire 10 députés chacun.

Le 4 octobre 2018, Philippe Couillard démissionne de l’Assemblée et de son poste de chef de parti. À sa démission, il plaide pour la protection des droits des communautés minoritaires au Québec : « La majorité n’a pas tous les droits, et ceux qu’elle exerce doivent être compensés par la protection de ceux des minorités. C’est un principe démocratique fondamental. »

Prix et distinctions

  • Conférencier Wilder Penfield, Institut et Hôpital neurologiques de Montréal (2005)
  • Prix de reconnaissance du Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire (2005)
  • Prix du World Health Executive Forum (2006)
  • Prix médecine, culture et société de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal (2006)
  • Prix d’excellence, Conseil canadien pour le contrôle du tabac (2007)
  • Médaille Jacques-Cartier lors des Entretiens Jacques-Cartier tenus à Lyon (2007)
  • Fellow Senior en droit de la santé, Université McGill (2009)
  • Membre du Conseil privéde la Reine pour le Canada (2010)