Priscila Uppal

Priscila Uppal, MSRC, poétesse, romancière, dramaturge, professeure (née le 30 octobre 1974 à Ottawa, en Ontario; décédée le 5 septembre 2018 à Toronto, en Ontario). Surnommée la « poétesse la plus cool au Canada », elle prenait des positions politiques dans le monde de la poésie contemporaine au pays. Son travail traitait des problèmes des femmes, de la violence, de la sexualité, de la culture, de la religion, de la maladie et du deuil. Ses travaux étaient finalistes pour le prix Griffin pour la poésie et un Prix littéraire du Gouverneur général. Lors des Jeux olympiques d’hiver et paralympiques 2010 de Vancouver, et des Jeux olympiques d’été et paralympiques 2012 à Londres, en Angleterre, elle était poétesse en résidence du Fonds des athlètes canadiens. Priscila Uppal enseignait aussi la création littéraire et la littérature anglaise à l’Université York.



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Priscila Uppal à WestFest 2009 à Ottawa.

Études

Priscila Uppal obtient un baccalauréat (1997) et un doctorat (2003) à l’Université York, ainsi qu’une maîtrise à l’Université de Toronto (1998).

Poésie

La poésie de Priscila Uppal témoigne de la violence et de l’injustice du monde contemporain. Mêlant l’absurde au sérieux, sa voix bien personnelle provoque l’auditoire avec un humour percutant. Son premier recueil, How to Draw Blood from a Stone, sort en 1998, suivi de Confessions of a Fertility Expert (1999), Pretending to Die (2001, finaliste pour un prix de poésie ReLit) et Live Coverage (2003). En 2005, elle publie Holocaust Dream en collaboration avec le photographe Daniel Ehrenworth, une méditation sur l’horreur d’Auschwitz.

Ontological Necessities (2006) est finaliste pour le prix Griffin pour la poésie en 2007. Dans ce recueil, Priscila Uppal s’interroge sur l’identité personnelle et les complexités des relations humaines, thèmes qu’elle explore par le prisme d’un monde surréel. Son sixième grand recueil, Traumatology (2010), se penche sur les différents aspects de soi, physique, mental et spirituel, et la manière dont nous les définissons. Grâce à des images fortes et à beaucoup d’esprit, la poétesse repousse les limites habituelles des interrogations sur le monde. Une sélection de ses poèmes, Successful Tragedies: Poems 1998-2010 est publiée en 2010.

Romans

Priscila Uppal publie aussi deux romans. Le premier, The Divine Economy of Salvation (2002), explore comment les péchés de l’enfance peuvent gâter et assombrir la vie plus tard. Dans cet ouvrage à la fois troublant et magnifique, le lecteur suit la vie d’une femme qui, angoissée par son passé, cherche refuge au couvent. Toutefois, son passé refuse de rester dans les ténèbres.

To Whom It May Concern (2009) est l’histoire d’un homme ayant un handicap qui lutte pour empêcher son monde de s’effondrer. Il s’agit d’une puissante et imprévisible réinterprétation du Roi Lear, alimentée par la tragicomédie de la trahison et l’amour.

Autres ouvrages

Priscila Uppal est aussi l’auteure d’une œuvre universitaire, We Are What We Mourn: The Contemporary English-Canadian Elegy (2009), et elle dirige ou codirige la publication de plusieurs anthologies, notamment Red Silk: An Anthology of South Asian Canadian Women Poets (2004) et The Exile Book of Poetry in Translation: 20 Canadian Poets Take on the World (2009), et des recueils d’essais sur Barry Callaghan et sur Matt Cohen.

Dans son récit autobiographique acclamé, Projection: Encounters with my Runaway Mother (2013), l’auteure révèle à ses lecteurs l’expérience vécue lors de la réunion avec sa mère après que celle-ci ait délaissé sa famille. Cet ouvrage documentaire devient finaliste pour un Prix littéraire du Gouverneur général dans sa catégorie, et le prix Hilary Weston Writer’s Trust Prize for Nonfiction (voir aussi Hilary M. Weston). En 2017, sa pièce de théâtre What Linda Said voit le jour. Celle-ci s’inspire de sa relation avec l’actrice Linda Griffiths, qui meurt de cancer à la même période de Priscila reçoit son propre diagnostic.

Distinctions

Lors des Jeux olympiques d’hiver et paralympiques 2010 de Vancouver, et des Jeux olympiques d’été et paralympiques 2012 à Londres, en Angleterre, Priscila Uppal est poétesse en résidence du Fonds des athlètes canadiens. En octobre 2010, elle publie Winter Sport: Poems (voir aussi Sport et littérature). La maison TimeOut London la surnomme la « poétesse la plus cool au Canada ». Priscila Uppal est aussi membre du conseil d’administration du Toronto Arts Council. Ses œuvres sont traduites en plusieurs langues, dont le croate, le néerlandais, le grec, le coréen, l’italien et le letton. En 2016, elle est accueillie au rang des Membres de la Société royale du Canada.

Décès

En 2015, Priscila Uppal reçoit un diagnostic de sarcome synovial, un cancer rare et agressif. Elle parle ouvertement de son expérience de la maladie qu’elle surnomme le cancer « coup de pied à la figure » et en fait le sujet de poèmes et d’essais. En 2018, après le décès d’écrivaine alors âgée de 43 ans, John Degen, directeur général de la Writers’ Union of Canada, dit : « J’admirais profondément l’accueil et la gentillesse qu’elle offrait aux autres membres de la profession. En lui rendant hommage, on soulignera sans doute et sans cesse la générosité dont elle faisait preuve envers les autres écrivains, cette générosité qu’elle incarnait. Nous avons perdu une artiste irremplaçable. »