Protocole de Montréal

Le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, plus simplement appelé « Protocole de Montréal », est un accord environnemental international. Il réglemente la consommation et la production de quelque 100 substances chimiques anthropiques qui appauvrissent l’ozone. Le Protocole de Montréal est ainsi appelé en raison du fait qu’il est initialement signé à Montréal le 16 septembre 1987. À ce jour, ce protocole est le seul traité des Nations Unies ratifié par tous les pays du monde.

Le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, plus simplement appelé « Protocole de Montréal », est un accord environnemental international. Il réglemente la consommation et la production de quelque 100 substances chimiques anthropiques qui appauvrissent l’ozone. Le Protocole de Montréal est ainsi appelé en raison du fait qu’il est initialement signé à Montréal le 16 septembre 1987. À ce jour, ce protocole est le seul traité des Nations Unies ratifié par tous les pays du monde.


Images illustrant la progression de l'appauvrissement de la couche d'ozone si les CFC n'avaient pas été interdits.

Appauvrissement en ozone

Alors qu’ils travaillent à l’Université de Californie, à Irvine, les chimistes Mario Molina et F. Sherwood Rowland commencent à étudier, en 1973, les répercussions des chlorofluorocarbures (CFC) sur l’atmosphère de la Terre. Les chlorofluorocarbures sont des substances chimiques atoxiques et ininflammables qui contiennent des atomes de carbone, de chlore et de fluor. On les utilise, entre autres, dans les aérosols, les solvants et les réfrigérants. Si les CFC ne présentent pas de danger dans le cadre d’un usage grand public ou industriel, F. Sherwood Rowland et Mario Molina découvrent que leurs molécules peuvent conserver leur stabilité jusqu’à ce qu’elles atteignent la stratosphère. Une fois dans la stratosphère, elles se décomposent en raison du rayonnement ultraviolet, qui à son tour provoque la libération d’un atome de chlore. F. Sherwood Rowland et Mario Molina émettent l’hypothèse que ces atomes de chlore détruisent ensuite la couche d’ozone — un bouclier gazeux présent dans l’atmosphère qui protège la Terre des dangereux rayons ultraviolets du Soleil.

Au fur et à mesure de la dégradation de la couche d’ozone, de plus en plus de rayons ultraviolets se retrouvent dans l’atmosphère de la Terre, avec diverses répercussions néfastes. Parmi elles, on note la mort des phytoplanctons (des organismes microscopiques essentiels aux écosystèmes à la fois d’eau douce et d’eau salée), les mauvaises récoltes et l’augmentation des cancers de la peau. Lorsqu’elle est initialement présentée, l’hypothèse Rowland-Molina est catégoriquement rejetée par l’industrie. La United States National Academy of Sciences la confirme toutefois en 1976. F. Sherwood Rowland, Mario Molina et le chimiste néerlandais Paul J. Crutzen partagent en 1995 le prix Nobel de chimie, qui vient récompenser leur travail dans la détermination de la cause de l’appauvrissement en ozone. Grâce à leurs travaux, les aérosols à base de CFC sont interdits dès 1978 au Canada, en Norvège, en Suède et aux États-Unis.


Trou dans la couche d’ozone

Si on détermine l’appauvrissement en ozone et ses causes dans les années 1970, les travailleurs scientifiques découvrent ce qui sera connu sous le nom de « trou » dans la couche d’ozone en 1985. Cette année-là, les travailleurs scientifiques du British Antarctic Survey notent des concentrations d’ozone anormalement faibles dans l’atmosphère à proximité du pôle Sud. Les mesures sont si faibles qu’ils croient d’abord que leurs instruments sont défectueux. Ces mesures sont toutefois confirmées ultérieurement par la NASA.

Le trou dans la couche d’ozone renvoie à deux phénomènes interreliés : l’appauvrissement de la quantité totale d’ozone dans la couche d’ozone et une bien plus importante diminution saisonnière de la quantité d’ozone que l’on retrouve dans les régions polaires de la Terre. Ce dernier phénomène est celui auquel les gens pensent à l’évocation du trou dans la couche d’ozone, en raison de la représentation graphique, rappelant celle d’une ouverture. Il ne s’agit toutefois pas réellement d’une perforation, mais plutôt d’une région particulièrement faible en ozone dont la taille, la concentration et la forme varient d’une année à l’autre. Habituellement plus étendue que l’Antarctique, cette région est là où ce phénomène se produit surtout. Le trou dans la couche d’ozone tend à disparaître durant le printemps antarctique (d’octobre à novembre), une période durant laquelle les sections de l’atmosphère pauvres en ozone se reconstituent.

Convention de Vienne et Protocole de Montréal

À la différence des autres problèmes environnementaux des décennies précédentes, l’idée que la couche d’ozone protectrice s’appauvrit rapidement engendre une réaction qui tient pratiquement de la panique généralisée dans le monde entier. L’attention du public est rapidement retenue, d’une façon encore jamais vue à l’égard de problèmes environnementaux. La communauté internationale se mobilise sans attendre pour s’attaquer à la menace sérieuse que représente l’appauvrissement en ozone. Le premier accord international conclu sur le sujet est la Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone de 1985. La Convention de Vienne pose le cadre et les bases nécessaires aux pays pour qu’ils échangent des informations, établissent des principes directeurs et adoptent une approche responsable et proactive à l’égard du problème de l’appauvrissement en ozone. Elle est toujours en vigueur. La Convention de Vienne permet également au Programme des Nations Unies pour l’Environnement de jeter les bases de ce qui deviendra le Protocole de Montréal.

Le Protocole de Montréal est un traité actif qui réglemente la production et la consommation des quelque 100 substances chimiques anthropique s, appelées substances appauvrissant l’ozone (SAO), comme celles utilisées dans les bombes aérosol ou les réfrigérants. Ce protocole vise l’abandon progressif de l’utilisation des SAO en fonction de divers calendriers, ajustés selon les étapes d’évolution de chaque pays. Tous les signataires jouent leur propre rôle pour limiter leur production, faire état des données et atteindre leurs engagements mesurables. Étant donné que le Protocole de Montréal est initialement convenu le 15 septembre 1987, on l’étend ensuite afin qu’il encadre le contrôle d’autres substances responsables de l’appauvrissement en ozone. À l’origine, 24 pays et la Communauté économique européenne signent cette entente. À l’automne 2009, il rassemble un total de 197 signataires, c’est-à-dire toutes les nations reconnues du monde.

Héritage

En dépit du succès du Protocole de Montréal, le trou dans la couche d’ozone continue de s’agrandir durant les années 1990 et la première décennie du 21e siècle. Cette situation est toutefois largement anticipée, et on sait que les effets de ce protocole ne se feront pas immédiatement sentir. Quoi qu’il en soit, la gravité de cette menace à l’environnement permet aux nations de faire abstraction du manque de résultats instantanés et de planifier la restauration de la couche d’ozone sur le long terme. Les premiers signes de restauration sont enregistrés en 2018. En général, on s’entend pour dire que cette restauration sera complète vers le milieu du 21e siècle.