Route de l'Alaska

La route de l'Alaska, construite de 1942 à 1943, s'étend de Dawson Creek, en Colombie-Britannique, à Fairbanks, en Alaska.

Route de l
Malgré son objectif premier qui était militaire, la route de l'Alaska a favorisé les industries forestière, pétrolière, minière et touristique.

La route de l'Alaska, construite de 1942 à 1943, s'étend de Dawson Creek, en Colombie-Britannique, à Fairbanks, en Alaska. Étant donné la menace de plus en plus réelle d'une invasion japonaise, une route temporaire est aménagée en un temps record de huit mois, passant à travers la forêt et cinq chaînes de montagnes. Connue sous le nom de route militaire Alcan, elle couvrait 2333 km, de Dawson Creek à Big Delta, en Alaska. Des équipes d'ingénieurs de l'armée américaine, postées en plusieurs endroits, pouvaient construire jusqu'à 13 km de route par jour. En 1944, elle devient une route de gravier permanente, toutes saisons, de 7 à 8 m de largeur et de 2451 km de longueur, de Dawson Creek, en Colombie-Britannique, à Fairbanks, en Alaska. C'est le résultat du travail de 11 000 militaires et de près de 16 000 civils canadiens et américains. Tout au long de cette route, on dénombre 133 ponts de 6 m ou plus de longueur et plusieurs milliers de caniveaux. Les États-Unis y ont investi 147,8 millions de dollars dans le projet en hommes, en matériel et en équipement. Le Canada a cédé le droit de passage et, le 3 avril 1946, a pris en charge la portion de 1954 km de route qui relie Dawson Creek à la frontière de l'Alaska. Le Canada a payé aux États-Unis 108 millions de dollars pour l'acquisition des petits aéroports et des pistes d'atterrissage, des bâtiments, des raccordements téléphoniques et d'autres biens, sans avoir déboursé pour la construction même de la route.

Ouverte sans restriction à la circulation en 1947, la route est remise à niveau et élargie par des ingénieurs de l'armée canadienne pendant les 17 années suivantes, jusqu'à ce que sa gestion soit transférée, en 1964, au département fédéral des Travaux publics, qui en poursuit la réfection. Certains tronçons ont été pavés et des centaines de kilomètres asphaltés, pour accueillir une circulation de près de 220 véhicules par jour dans les parties isolées, jusqu'à concurrence de 1700 par jour près de Whitehorse.

L'entretien de cette route est un combat de tous les jours contre la nature, à cause des inondations et des glissements de terrain printaniers et des blizzards et du froid extrême hivernaux, alors que des températures de -48°C font en sorte que les lames des bulldozers se fracturent comme du verre. Construite au départ à des fins militaires, la route a contribué au développement des industries forestières, gazières, minières et touristiques ainsi qu'au développement du camionnage. Elle a servi de tremplin à la croissance d'Edmonton, devenu un important centre d'approvisionnement, et a eu un effet psychologique bénéfique, en établissant un lien durable entre le Nord de la Colombie-Britannique et le Yukon, et en mettant fin à l'isolement du Nord.


Lecture supplémentaire

  • K. Coates, North to Alaska: Fifty Years on the World's Most Remarkable Highway (1991).