Série de baladodiffusion Pensionnats indiens épisode 1 : Les expériences des Premières Nations

Pensionnats indiensest une série de baladodiffusion en trois parties créée par Historica Canada et animée par Eve Ringuette. Elle a pour but de commémorer l’histoire et l’héritage des pensionnats indiens, et d’honorer les histoires des survivants métis, inuits et des Premières Nations, ainsi que leurs communautés.La série de baladodiffusionfait partie d’une campagne plus large de sensibilisation créée par Historica Canada et financée par le gouvernement du Canada.En plus de la série de baladodiffusion, Historica offre aussi unesérie de vidéos, un guide pédagogique et plusieurs nouveaux articles surL’Encyclopédie canadienneau sujet de l’histoire et de l’héritage des pensionnats indiens.

Pensionnats indiensest une série de baladodiffusion en trois parties créée par Historica Canada et animée par Eve Ringuette. Elle a pour but de commémorer l’histoire et l’héritage des pensionnats indiens, et d’honorer les histoires des survivants métis, inuits et des Premières Nations, ainsi que leurs communautés.La série de baladodiffusionfait partie d’une campagne plus large de sensibilisation créée par Historica Canada et financée par le gouvernement du Canada.En plus de la série de baladodiffusion, Historica offre aussi unesérie de vidéos, un guide pédagogique et plusieurs nouveaux articles surL’Encyclopédie canadienneau sujet de l’histoire et de l’héritage des pensionnats indiens.


Eve Ringuette :Avertissement à nos auditeurs: cet épisode traite d’un sujet pouvant potentiellement déclencher des émotions fortes. Il inclut des témoignages de survivants des pensionnats indiens.

Riley Burns :« Je ne voulais pas être un Indien, je ne savais pas qui je voulais être. Je n’étais pas accepté par l’homme blanc, mais je n’étais pas accepté par mon propre peuple dans ma réserve. »

ER : Pendant 9 ans, Riley Burns a été victime d’abus physiques et sexuels de la part du personnel du pensionnat indien de Gordon, en Saskatchewan. Originaire de la Nation crie de James Smith, il a été dépouillé de sa langue et de sa culture. Lorsqu’il a quitté le pensionnat en 1960, il avait complètement perdu le sens de son ancienne vie. En 2008, Riley a raconté son histoire à la Fondation autochtone de l’espoir.

RB : « Le seul endroit où j’étais bien, c’était dehors, dans la rue. Là, j’avais un sentiment d’appartenance. »

ER : Je suis votre animatrice Eve Ringuette, et vous écoutez « Pensionnats indiens», une série en trois parties produites par Historica Canada, sur l’histoire et l’héritage des pensionnats indiens. Dans cet épisode, nous discutons des expériences des Premières Nations aux pensionnats indiens.

Dans les années1800, le gouvernement fédéral a commencé à collaborer avec les églises chrétiennes pour mettre sur pied un système de pensionnats indiens à travers le pays. Ces pensionnats religieux, parrainés par le gouvernement, faisaient partie d’un objectif plus considérable.

Niigaan Sinclair : « Donc l’objectif d’un pensionnat indien était avant tout d’assimiler puis d’absorber les peuples autochtones – les Indiens pour ainsi dire – dans le corps politique du pays. »

ER : Voici docteur Niigaanwewidam James Sinclair, professeur à l’Université du Manitoba et chroniqueur pour la Winnipeg Free Press.

NS : « Je suis Anishnaabe de Little Peguis, ou de St. Peter’s Indian Settlement, juste au nord de Winnipeg. C’est à environ une heure au nord de Winnipeg. Vous ne trouverez ça nulle part sur une carte parce que, en 1907, notre famille et notre communauté ont été déracinées et transférées dans ce qui est maintenant la Première Nation de Peguis, au milieu d’Interlake au Manitoba. »

ER : Avant les premiers pensionnats financés par le gouvernement fédéral, les colons européens avaient tenté d’intégrer les Premières Nations et certains Métis au sein de ce qu’ils considéraient être la société civile. Cela impliquait de les dépouiller de leurs droits, de leurs langues, de leurs cultures et de leurs traditions.

Une loi a finalement été instaurée, rendant plusieurs types de cérémonies autochtones illégales. De nombreux membres des Premières Nations avaient l’interdiction de quitter leur communauté sans la permission d’agents indiens, qui représentaient le gouvernement au sein des réserves.

Le gouvernement a donc décidé que le meilleur moyen d’engendrer l’intégration des peuples autochtones à la société euro-canadienne était de retirer les enfants de leurs communautés, de les éloigner de leurs foyers et de leurs cultures.

Aujourd’hui, la seule chose qui reste du bâtiment principal de Gordon – le pensionnat que Riley Burns a fréquenté – est une grosse cloche en bronze. Mais pendant plus de 100 ans, de 1876 à 1996, l’Église anglicane et, plus tard, le gouvernement fédéral y ont supervisé l’assimilation de milliers d’enfants autochtones.

NS : « L’action d’assimiler consiste essentiellement à transformer une personne en une autre. Il s’agit de rejeter qui est cette personne, de lui faire oublier qui elle est, sa langue, sa culture, ses traditions, sa famille, et puis de remplacer tout cela par autre chose: une façon de penser différente, une façon d’être différente, une perspective différente. Le problème est, bien entendu, que vous devez ensuite vous regarder dans le miroir et que vous pouvez vous voir tel que vous êtes réellement, mais on vous a appris ce raisonnement étranger. Par conséquent, vous êtes naturellement en conflit. L’assimilation est donc aussi un processus de traumatisme et de conflit très profonds.

La question de savoir quoi faire avec les Indiens, ou le “problème indien” pour ainsi dire, était en fait de prendre le contrôle des peuples autochtones. Puis en 1876, c’était le contrôle de leur tenue vestimentaire, de leur capacité de bouger, de leur façon de se gouverner eux-mêmes. Puis finalement, dans les années1890, ils ont commencé à obliger les enfants autochtones à fréquenter les pensionnats de dénomination chrétienne qui avaient été contractés par le Canada pour faire fonctionner ce système d’assimilation. »

ER : Selon Albert Southard, le directeur de Gordon dans les années1950, l’objectif principal de l’école était de, et je cite: « changer la philosophie de l’enfant indien. En d’autres termes, comme ils doivent travailler et vivre avec des blancs, ils doivent donc commencer à penser comme des blancs ». Fin de la citation.

NS : « Malheureusement, comme la plupart des pensionnats, celui de Gordon incarnait le principe que les vies autochtones n’avaient aucune importance. »

ER : En tout, plus de 150 000 enfants Métis, Inuits et des Premières Nations ont fréquenté les pensionnats indiens. Parmi ceux-ci, des milliers sont morts, soit au pensionnat, soit en conséquence de leurs expériences vécues dans le système.

ER : Des élèves âgés de seulement six ans ont été retirés de leurs foyers et forcés d’aller à Gordon.

Pour Riley Burns, la première fois qu’il s’est aventuré loin de sa réserve c’est lorsqu’il a été emmené au pensionnat indien.

RB : « On ne savaient même pas où on s’en allais, je ne savais pas moi aussi. Je croyais que nous allions simplement faire un tour et c’est tout ce que je savais. Et nous sommes arrivés devant cet énorme bâtiment, et c’était Gordon. »

ER : Gordon était un large bâtiment de briques rouges. De l’extérieur, cela ressemblait à n’importe quelle autre école.

Lorsque les élèves arrivaient, ils étaient séparés par âge et par genre. On leur disait de se dévêtir, et on appliquait des produits chimiques sur leur cuir chevelu pour les épouiller. Souvent, on leur coupait les cheveux ou on les rasait complètement.

RB : « Et ça a été le commencement… Près du mur, j’écoutais les petites filles pleurer, je les entendais pleurer leurs mères. Durant le premier mois après leur arrivée, c’est tout ce qu’on entendait, des pleurs. Des petites filles... Des petites filles de quatre ou cinq ans. »

ER : Les pensionnats étaient surpeuplés et sous-financés.

Les survivants des pensionnats à travers le pays ont parlé de la malnutrition généralisée qui s’est étendue jusque dans les années1970. Certains se rappellent avoir été contraints de manger de la nourriture pourrie, de fouiller les poubelles pour trouver des cœurs de pomme jetés et même de manger de la nourriture destinée aux animaux de la ferme. Riley s’en souvient bien.

RB : « Les enfants qui n’avaient pas assez à manger, les petits enfants, devaient voler. Vous devenez un bon voleur pour survivre. Vous deviez vous battre pour votre survie. Vous n’aviez pas le temps de serrer quelqu’un dans vos bras, vous n’aviez pas le temps de pleurer dans un coin. Vous deviez vous tenir debout et lutter pour votre survie, sinon vous en seriez là à pleurer pour le reste de votre vie. Et voilà ce qui était la devise au pensionnat. Chacun pour soi. »

ER : La série de baladodiffusion sur les pensionnats indiens fait partie d’une plus vaste campagne de sensibilisation créée par Historica Canada et financée par le gouvernement du Canada dans l’esprit de réconciliation présenté par la Commission de vérité et réconciliation du Canada. En plus de la série de baladodiffusion, Historica Canada propose également une série de vidéos, un guide pédagogique et plusieurs nouveaux articles dans L’Encyclopédie canadienne sur l’histoire et l’héritage des pensionnats. Consultez le site Web encyclopediecanadienne.ca pour plus d’informations.

Voici ce à quoi une journée typique au pensionnat pouvait ressembler: les élèves étaient réveillés tôt pour accomplir leurs tâches matinales, comme le travail agricole, ce qui ne faisait pas partie de la culture traditionnelle de nombreux élèves. La messe du matin laissait place au petit déjeuner, puis c’était le ménage. Dans la plupart des pensionnats, deux à quatre heures seulement étaient consacrées à un réel apprentissage scolaire. Le reste de la journée était occupé par des travaux physiques et des études religieuses. Voici ce que Niigaan raconte au sujet de ces routines:

NS : «Au sein de ce curriculum se trouvaient deux principes de base: premièrement, les Indiens sont des problèmes. Et deuxièmement, les Canadiens sont des solutions. Et les Indiens sont inférieurs, les Canadiens sont supérieurs. Et l’autre leçon la plus importante, c’est que vous ne devez jamais montrer de résistance à ces faits.»

ER : Les administrateurs scolaires s’attendaient à ce que les élèves apprennent l’anglais ou le français rapidement. À peine un mois après son arrivée à Gordon, Riley se souvient d’avoir été battu pour avoir parlé en cri avec un garçon qui venait de sa réserve. En classe, il a été frappé sur les mains avec une règle parce qu’il ne comprenait pas l’anglais.

RB : « Souvent, on me mettait du savon dans la bouche parce que je parlais cri, je parlais ma propre langue. C’était une chose à ne pas faire, mais je ne le savais pas. Je me demandais pourquoi, je croyais que j’avais peut-être la bouche sale, mais je suppose que j’avais probablement la bouche sale parce que je parlais cri. »

ER : Quatre ans après l’arrivée de Riley au pensionnat, un nouveau directeur a pris la relève, le révérend Albert E. Southard. C’est cet homme qui a proféré que les peuples autochtones devaient penser comme des blancs. Riley affirme que tout a empiré avec Southard aux commandes.

RB : « C’est à partir de ce moment qu’on a vécu l’enfer. Et je dis bien l’enfer. »

ER : Le pensionnat de Gordon a été reconstruit deux fois au cours des années1920. À chaque fois, le bâtiment a été agrandi. Au moment où Riley y était, Gordon hébergeait environ 120 élèves.

Malgré les reconstructions, l’école était un désastre. Entre 1945 et 1953, l’école a dû fermer plusieurs fois en raison de problèmes mécaniques et d’eau potable contaminée.

Durant l’automne après l’arrivée de Southard, lorsque Riley est retourné au pensionnat, de hautes clôtures entouraient le bâtiment enfermant les enfants dans la cour comme des wapitis, telle que le rencontre Riley.

RB : « On en était là. On avait perdu notre liberté, notre capacité de jouer comme des petits garçons qui courent partout. On n’avait pas le droit de faire quoi que ce soit, on n’avait pas le droit de se promener avec quoi que ce soit. »

ER : Il est à noter ici que la section suivante décrit en détail des cas particuliers d’abus qui pourraient troubler certains auditeurs. Des émotions complexes pourraient y en surgir. Prenez des pauses et contactez une personne de confiance. Si possible, demandez de l’aide à quelqu’un de bien informé sur les pensionnats et leur héritage. Il peut s’agir d’un aîné, de transmetteur du savoir autochtones ou d’autres professionnels de la santé de votre communauté.

NS : « Le pensionnat de Gordon, l’endroit a toute une réputation. Le pensionnat était un endroit où les abus généralisés se produisaient régulièrement, un endroit où les élèves étaient constamment témoins des mauvais traitements qui y sévissaient, et c’est de cet endroit, des pensionnats tout comme cet endroit, que sont sortis les héritages qui ont eu un impact profond et puissant sur les communautés. »

ER : En 1956, quatre filles ont accusé Southard d’inconduite sexuelle. Il a nié ces allégations et a été innocenté par un enseignant en chef, après une enquête interne. L’année suivante, un inspecteur scolaire a été appelé sur les lieux pour enquêter de nouvelles allégations contre Southard.

Mais au moment où l’inspecteur est arrivé à Gordon, Southard avait déjà démissionné de son poste et quitté le pays.

Dans son enquête, l’inspecteur a constaté que les cheveux de deux filles qui avaient tenté de s’enfuir du pensionnat avaient été coupés très court. Une fille a été hospitalisée après avoir reçu ce qui avait été décrit comme, je cite: « une punition sévère », fin de la citation. L’enquêteur a conclu que « l’impression exprimée généralement est que l’intimidation est certainement très courante. »

Riley se souvient très bien de Southard. Voici comment il a décrit ce directeur à la Fondation autochtone de l’espoir, près de cinquante ans après avoir quitté le pensionnat:

RB : « Au cours de ces deux années, on croirait que c’était 40 années, mais ces années ont été très difficiles. Cet homme avait perdu la raison. Il s’en prenait aux enfants… Ce n’était pas de notre faute. Mais c’était de notre faute parce qu’on était des sauvages. Ils allaient nous dompter. Ils allaient tout prendre. Notre langue, nos croyances. Ils l’ont fait. »

ER : La longue histoire d’abus psychologiques, physiques et sexuels infligés aux élèves de Gordon s’est poursuivie au fil des années.

Entre 1968 et 1984, William Peniston Starr s’est servi de son poste de directeur de Gordon pour cibler et abuser de centaines de jeunes garçons.

Les élèves plus âgés de Gordon assumaient souvent la responsabilité de protéger les plus jeunes élèves. Les survivants décrivent comment ils tentaient de rester éveillés toute la nuit, luttant contre le sommeil, afin de faire cesser les abus.

Mais il y avait des limites à ce qu’ils pouvaient faire. Certains survivants décrivent des abus si horribles que ces enfants n’ont jamais eu la chance d’apprendre. Certains d’entre eux n’ont jamais appris à lire ou à écrire.

NS: « Pour chaque histoire d’abus, j’ai entendu une histoire de résistance…”

ER : Voici encore Niigaan.

NS : “Et cette résistance peut être très forte, c’est comme une riposte, c’était parfois une histoire d’évasion, de fuite… »

ER : Mais la résistance pouvait également avoir de graves répercussions. Lorsque Andrew Gordon, onze ans, s’est enfui du pensionnat par une froide journée de mars 1939, les administrateurs n’ont pas dit à ses parents qu’il avait disparu. Ils n’ont pas non plus déposé de rapport auprès des Affaires indiennes ou de la police. La seule raison pour laquelle le père d’Andrew a su que son fils avait disparu c’est parce qu’un visiteur lui a dit qu’Andrew n’était pas à l’école.

Il a trouvé le corps gelé de son fils trois jours après la fuite du garçon. À sept miles du pensionnat, et à seulement un mile de la maison.

Ce n’est qu’en 1993, neuf ans après sa démission, que William Starr a été reconnu coupable de 10 chefs d’agression sexuelle. Les survivants étaient tous des étudiants de sexe masculin âgés de 7 à 14 ans au moment de leurs agressions.

Deux cent trente personnes ont reçu un règlement de la part du gouvernement fédéral pour la façon dont elles ont été traitées à Gordon. Toutes ces personnes ont déclaré avoir été maltraitées par William Starr.

Il a été condamné à seulement quatre ans et demi de prison.

NS : « Ces histoires ont fait surface au fil des années décrivant très distinctement les adultes au pouvoir dans les pensionnats qui exploitaient les enfants, le plus souvent de manière sexuelle et physique. Et ceci a créé des héritages qui se sont ensuite propagés dans les communautés de différentes manières.

Ce dont on parle moins, qui est ressorti de la Commission de vérité et réconciliation, et qui est en fait probablement l’une des choses les plus difficiles à entendre, c’est qu’il y avait une violence généralisée entre les élèves. »

ER : Ed Bitternose a fréquenté trois pensionnats, dont le premier était celui de Gordon. Il avait huit ans. En 2008, il a raconté à la Fondation autochtone de l’espoir comment il avait été intimidé et maltraité par des élèves plus âgés.

Ed Bitternose : « Quand nous sommes arrivés, nous nous sommes d’abord battus, moi et un de mes cousins, nous nous sommes battus. J’ai gagné, et pour cette victoire, j’ai été suspendu dans le puits. Ils m’ont pendu par les bras et m’ont laissé là. Je suis resté là, je suppose, pendant la première période parce que je suis arrivé à temps pour le souper. Je ne l’ai pas dit à personne. »

ER : Ed dit qu’il n’avait pas si peur d’être abandonné dans le puits sombre – c’était plus plaisant que d’être au pensionnat.

EB : «Ils sont revenus et m’ont laissé partir. Les mêmes gars qui m’avaient suspendu là sont revenus et m’ont soulevé et c’était une grosse blague. J’ai ri aussi. Pourquoi j’ai ri, je ne le sais pas.»

ER : Ed se battait souvent au pensionnat. En vieillissant, il s’est tourné vers l’alcool pour gérer ses traumatismes, et sa tendance à se battre est alors devenue encore plus forte. Peu lui importait de gagner ou de perdre, il n’avait pas besoin d’une raison pour se battre. Lorsqu’il en est venu à demander de l’aide pour sa colère et son alcoolisme, il se sentait impuissant.

EB : «Je ne sais pas comment parler à ma femme. Je ne sais pas comment parler à mes enfants. Je ne sais pas quoi faire de toutes ces émotions.»

ER : La thérapie et la gestion de sa colère ont aidé Ed à comprendre et à donner un tant soit peu de sens à ce qui lui est arrivé au pensionnat indien. Mais ce ne sont pas tous les survivants qui ont pu avoir accès à ces services ou qui sont dans un état d’esprit leur permettant de demander de l’aide. Des études ont démontré qu’en général, les survivants courent un risque accru d’avoir des problèmes de santé mentale ou physique. Les décès par suicide et autodestruction sont la principale cause de décès chez les Premières Nations, des jeunes jusqu’aux adultes de 44 ans.

Niigaan affirme que les histoires comme celle d’Ed ont été partagées encore et encore tout au long de la Commission de vérité et réconciliation…

NS : «Lors du tout premier événement national, le conteur ojibwé Basil Johnston a courageusement raconté à des milliers de personnes qu’il avait été abusé par des garçons plus âgés…»

Et cette histoire était très difficile à entendre parce que, ce qui en ressort, c’est que non seulement les enfants ont été témoins des abus, mais ils ont également appris ce comportement et se sont mis à agir ainsi entre eux…

C’est la chose la plus difficile à comprendre, mais cela indique également que la violence était tellement répandue que les élèves commençaient à se maltraiter les uns et les autres.»

ER : Le Pensionnat indien de Gordon a été le dernier pensionnat indien géré par le gouvernement fédéral au Canada. Il a fermé ses portes en 1996 et a été démoli peu de temps après. Mais pour les survivants, leurs familles et amis et leurs communautés, le système des pensionnats indiens continue de hanter leur quotidien.

Lorsqu’il a été interviewé en 2008 par la Fondation autochtone de l’espoir, Ed Bitternose avait déjà laissé tomber une partie du fardeau de ses propres expériences.

EB : « Le pensionnat m’a appris à ne rien ressentir, il m’a appris que j’étais moins que ce que j’étais. Mais ce n’est pas le cas, on n’a pas à en être là. On n’a pas besoin d’être ce petit bonhomme effrayé qui a peur et qui veut juste frapper. Mais vous n’avez pas à transporter la peur dans toutes les autres choses négatives. Vous n’avez pas à transporter cette peur dans la colère. Et c’est correct d’être en colère.»

ER : En 2008, en présence de survivants et de la Chambre des communes, le premier ministre de l’époque, Stephen Harper, a présenté des excuses officielles aux survivants des pensionnats indiens. Il a reconnu le rôle du gouvernement fédéral dans la création d’un système qui a enlevé de force les enfants autochtones de leur foyer et de leur communauté, les a privés des soins et du soutien de leurs familles et les a dépouillés de leur culture et de leur identité.

Premier Ministre Stephen Harper : «Non seulement vous avez subis ces mauvais traitements pendant votre enfance, mais en tant que parent vous étiez impuissant à éviter le même sort a vos enfants, et nous le regrettons. Le fardeau de cette expérience pèse sur vos épaules depuis trop longtemps. Ce fardeau nous revient directement en tant que gouvernement et en tant que pays.»

ER : Niigaan dit que des mesures généralisées doivent être prises afin de réparer les dommages que les pensionnats indiens ont causés, avant que toute forme de réconciliation puisse commencer.

NS : « C’est notre travail, ensemble, de comprendre comment aller de l’avant ensemble, et la première chose à faire est de reconnaître la vérité. Et nous continuons d’être coincés dans la phase de vérité en tant que pays, nous offrons les vérités des uns et des autres, et c’est la chose la plus courageuse dans de nombreuses circonstances, mais vraiment, c’est la réconciliation qui est la partie difficile. La vérité est vraiment difficile, mais la réconciliation est la partie encore plus difficile, car en fait, nous devons alors changer notre comportement.

Il est temps que les Canadiens se tiennent également debout et qu’ils en prennent la responsabilité. C’est leur défi à eux aussi. »

ER : Riley Burns veut s’assurer que l’héritage n’est pas laissé qu’aux livres d’histoire. Il faut raconter cette histoire, dit-il.

RB : « Non pas seulement pour que quelqu’un se sente coupable, mais pour savoir qu’au Canada, les choses se passent effectivement de cette façon. Et nous racontons notre histoire afin d’éviter qu’elle ne se reproduise. »

ER : Nous nous arrêtons ici pour l’instant. Dans notre prochain épisode, nous nous pencherons sur les expériences des Métis aux pensionnats indiens.

Louis Bellrose :« Les enseignants l’appelaient la langue du diable. Nous étions très sévèrement punis lorsque nous tentions de parler notre propre langue, notre langue maternelle. »

ER : Abonnez-vous à la série Pensionnats indiens sur Apple Podcasts, Spotify ou partout où vous écoutez vos balados.

Si vous ou quelqu’un de votre entourage a besoin d’aide ou de soutien immédiat, voici quelques ressources:

Ligne d’écoute nationale — pensionnats indiens: 1-866-925-4419

Ligne d’écoute d’espoir: 1-855-242-3310 (services disponibles en cri, ojibwé, inuktitut, français et anglais)

La Ligne d’écoute d’espoir offre aussi de l’aide en ligne: espoirpourlemieuxetre.ca

Jeunesse, J’écoute 1-800-668-6868

Je suis Eve Ringuette.

La baladodiffusion « Pensionnats indiens » a été écrite et produite par Historica Canada. La série a été rendue possible en partie grâce au financement du gouvernement du Canada.

Merci à Riley Burns, Ed Bitternose et à tous les survivants qui ont partagé leurs histoires avec nous.

Un merci tout spécial à nos consultants: Niigaan Sinclair, David Perley et Brian Maracle.

Merci à la Fondation autochtone de l’espoir pour les témoignages des survivants, à l’Université de Regina pour le livre numérique « Rompre le silence » et à la Commission de vérité et réconciliation pour ses conclusions.

Vérification des faits par Viviane Fairbank.

Merci de nous avoir écoutés.



Un merci tout spécial aux survivants Riley Burns et Ed Bitternose. Les témoignages des survivants de cet épisode ont été fournis par laFondation autochtone de l’espoir. Parmi les ressources additionnelles utilisées, on retrouveRompre le silence, de l’Université de Reginaet le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation,Honorer la vérité, réconcilier pour l’avenir.

Merci à nos consultants :David Perley, un universitairewolastoqide la Première Nation Tobique et le directeur du centre Mi’kmaq-Wolastoqey, etBrian Maracle(Owennatekha), un auteur, journaliste, enseignant et membre de la Première Nation Mohawk.

Lectures additionnelles: