Site archéologique de Laidlaw

 Deux puits de reconnaissance d'un mètre carré ont été creusés côte à côte dans l'enclos rectangulaire, et deux autres mètres carrés ont été fouillés à l'intérieur de la masse de pierres circulaire adjacente.

Antilope d
C'est probablement à cause du Guépard d'Amérique, une espèce disparue de nos jours, que l'Antilope d'Amérique est aujourd'hui le mammifère le plus rapide d'Amérique du Nord (Corel Professional Photos).
Carte du site Laidlaw (avec la permission de John H. Brumley).
Vue du site de Laidlaw à vol d'oiseau (avec la permission de John H. Brumley).
Puits de reconnaissance de 1 m par 2 m remblayés dans l'enclos de pierres rectangulaire de la Structure 1 (avec la permission de John H. Brumley).

Site archéologique de Laidlaw

Le site archéologique de Laidlaw (No. de site Borden D1Ou-9) est un piège à fosse que les autochtones utilisaient pendant la période de pré-contact pour chasser l'ANTILOPE et possiblement le BISON. Découvert en 1982, le site est situé sur ce qui ressemble à une terrasse longeant la vallée de la rivière South Saskatchewan au sud de l'Alberta. Le site comprend quatre structures principales. La première consiste en deux rangées convergentes de pierres qui sont connectées à un enclos de pierres de forme rectangulaire. Les deux rangées de pierres mesurent 29 m et 35 m de longueur, alors que l'enclos situé à l'extrémité de la structure se compose d'une bande de pierres bien définie, comptant de une à trois pierres de large et de une à deux pierres de haut. L'intérieur de l'enclos est d'environ 3,75 m à l'extrémité ouest, et de 2,5 m à l'extrémité est. Sa longueur, à l'intérieur, est de 7,1 m. La seconde structure du site est attenante à l'extrémité est de l'enclos. Elle consiste en une masse circulaire de pierres d'environ 2,5 m de diamètre. Situées à proximité, les structures 3 et 4 comprennent deux cercles de pierres de la taille d'un anneau de tipi.

Deux puits de reconnaissance d'un mètre carré ont été creusés côte à côte dans l'enclos rectangulaire, et deux autres mètres carrés ont été fouillés à l'intérieur de la masse de pierres circulaire adjacente. Les fouilles dans l'enclos ont révélé une couche supérieure de fins sédiments éoliens et colluviaux atteignant jusqu'à 20 cm d'épaisseur. En-dessous se trouve une masse solide de larges pierres, dont plusieurs avec un poids estimé de plus de 50 kg. La base de cette masse de pierres a été rencontrée à une profondeur moyenne de 80 cm sous la surface du sol.

Les pierres de surface délimitant l'enclos rectangulaire semblent correspondre à la base d'un mur de pierres entourant une fosse centrale creusée. Toutes les pierres, à l'exception de celles formant la base de ce mur d'enceinte, se sont effondrées vers l'intérieur, remplissant ainsi largement la fosse. Considérant la quantité de pierres enlevées durant les fouilles, on estime que ce mur atteignait de 80 à 100 cm de hauteur. La hauteur initiale entre le fond de la fosse creusée et le dessus du mur de pierres l'entourant était donc d'au moins 160 à 180 cm. Les fouilles dans la masse circulaire de pierres adjacente ont démontré qu'il s'agissait probablement d'une structure avec un mur bas qui s'est aussi effondré vers l'intérieur. À l'origine, cette structure était à peine assez large pour qu'un seul individu puisse s'y asseoir confortablement.

Les fouilles dans l'enclos rectangulaire ont permis de récupérer 23 petits fragments d'os. On a pu identifier le spécimen et l'espèce auxquels cinq de ces fragments appartiennent : ils correspondent de façon certaine ou probable à l'antilope d'Amérique (Antilocapra americana). L'examen de l'épaisseur des parois des autres fragments d'os suggère que ceux-ci proviennent tous, à l'exception de deux, de la fragmentation de spécimens ongulés de la taille d'une antilope. Les deux autres fragments proviennent d'os plus épais qui pourraient provenir d'un ongulé de taille plus imposante, probablement un bison. Une datation au carbone 14 a été obtenue à partir des fragments d'os, leur donnant un âge de 3,420+/- 130 ans avant aujourd'hui. Aucun matériel n'a été récupéré au cours des fouilles dans la masse circulaire de pierres adjacente.

Les sources historiques et ethnographiques des Plaines du Nord indiquent que pour plusieurs groupes autochtones, l'antilope était la seconde en importance économique derrière le bison. Il semble qu'historiquement, les antilopes étaient présentes en aussi grand nombre que les bisons et puisqu'elles sont grégaires, il était possible de les capturer à l'aide de techniques de chasse communale. Étant donné sa forme générale et les restes fauniques d'antilope qui lui sont associés, le site de Laidlaw est interprété comme étant analogue à des pièges à fosse pour antilopes décrits par les ethnographes (p. ex. George B. Ginnell et Clark Wissler) pour les groupes AUTOCHTONES DES PLAINES. Bien que l'antilope fût de moindre importance pour eux que le bison, les autochtones préféraient les peaux d'antilope pour la fabrication de certains vêtements, en raison de leur légèreté. Leur viande était également importante lorsque le bison était rare ou indisponible.

Le site de Laidlaw révèle des informations importantes concernant la distribution, la durée considérable et la continuité de ces techniques de chasses historiquement documentées. La structure adjacente avec ses murs bas effondrés servait probablement à abriter un individu qui dirigeait des pratiques chamaniques souvent associées aux événements de chasse communale. Les deux plus larges fragments d'os montrent que la structure a peut-être aussi été utilisée pour capturer du bison (voirCHASSE AU BISON).

Voir aussiCLÔTURES À CARIBOU DU NORD DU YUKON.


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • P.M. Lubinski, "The Communal Pronghorn Hunt: A Review of the Ethnographic and Archaeological Evidence" in Journal of California and Great Basin Anthropology, 21(2) (1999); J.H. Brumley, "A Radiocarbon Date from the Laidlaw Site, DIOu-7" in Archaeology in Alberta 1985 (1986); J.H. Brumley, "The Laidlaw Site: An Aboriginal Antelope Trap from Southeastern Alberta" in Archaeology in Alberta 1983 (1984); G.B. Grinnell, The Cheyenne Indians: Their History and Way of Life (1962); C. Wissler, "Material Culture of the Blackfoot Indians" in American Museum of Natural History Anthropological Papers 5(1) (1910).