Téléfilm Canada

En 1967, le Parlement adopte une loi afin de créer Téléfilm Canada qui s'appelle à l'époque Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne (SDICC). La SDICC a pour mandat « d'encourager et de promouvoir le développement d'une industrie du long métrage au Canada ».

Téléfilm Canada

En 1967, le Parlement adopte une loi afin de créer Téléfilm Canada qui s'appelle à l'époque Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne (SDICC). La SDICC a pour mandat « d'encourager et de promouvoir le développement d'une industrie du long métrage au Canada ». À l'origine, cette société de la Couronne, créée à la suite de pressions exercées sur le gouvernement par les cinéastes afin qu'il leur accorde un soutien financier, reçoit une somme de 10 millions de dollars sous forme de prêt qu'elle investira dans l'industrie du CINÉMA. Avec son premier directeur général, Michael Spencer, elle investit dans plusieurs productions françaises et anglaises peu coûteuses et à caractère culturel et joue un rôle fondamental dans la mise en place des bases d'une industrie du cinéma viable.

Étant donné que les films qu'elle aide financièrement n'attirent pas un public canadien important, la SDICC subit des pressions commerciales grandissantes, ce qui, à partir de 1973, l'amène à favoriser les coproductions internationales. En 1978, le nouveau directeur général, Michael McCabe, accélère le processus en encourageant le recours à des vedettes étrangères et favorise les projets de producteurs au détriment des projets présentés par les réalisateurs. Profitant de l'initiative fiscale de déduction pour amortissement, il augmente les investissements canadiens, qui passent de 19 millions en 1977 à 165 millions en 1980. Cette orientation commerciale de Téléfilm Canada n'est pourtant pas une réussite, car de nombreux films ne sont pas diffusés et les productions artistiques canadiennes cessent pratiquement.

En 1980, André Lamy succède à McCabe et s'engage à rectifier le déséquilibre engendré par la déduction pour amortissement. En 1983, on met sur pied le Fonds de développement de la production d'émissions canadiennes et on accorde un montant de 245 millions de dollars, réparti sur cinq ans, à des films principalement cofinancés par les réseaux de télévision, les intérêts privés et Téléfilm Canada. Cela garantit aux films des dates de diffusion, évitant ainsi les difficultés de distribution qui ont nui à l'industrie. Afin de refléter cette volonté d'augmenter l'aide financière accordée à la production télévisuelle, la société adopte le nom de Téléfilm Canada en 1984. Peter Pearson en assume la direction générale de 1985 à 1987. Dans le sillage du rapport intitulé Le cinéma au Canada sur un bon pied (rédigé par le Groupe de travail sur l'industrie cinématographique à la fin de 1985), on crée le Fonds de financement des longs métrages afin d'assurer la production de longs métrages destinés aux salles de cinéma. On met ensuite en place le Fonds d'aide à la distribution de longs métrages pour favoriser leur diffusion.

En 1988, le Fonds de développement de la production d'émissions canadiennes devient permanent, avec un budget annuel de 60 millions de dollars. Sous la direction de Pierre DesRoches (1988-1994), Téléfilm Canada se comporte de plus en plus comme une entreprise commerciale et modifie son rôle dans les projets de cinéma et de télévision, devenant investisseur et non plus subventionneur. Avant d'accorder son financement, la société de la Couronne exige désormais que les contrats de distribution soient signés et la récupération des sommes prêtées devient une priorité. Elle travaille en étroite collaboration avec les organismes cinématographiques provinciaux, de plus en plus nombreux, qui émergent dans les années 80.

L'investissement de Téléfilm Canada dans la production télévisuelle s'avère un succès et donne lieu à de nombreuses séries télévisées populaires. La situation en ce qui concerne le cinéma est plus problématique et les succès sont plus sporadiques. Du point de vue artistique, un certain nombre de films importants figurent au programme des principaux festivals du film et remportent de nombreux prix, mais obtiennent un succès limité au niveau du marché national. À la fin des années 1990, les films québécois se révèlent l'exception et ils détiennent actuellement la plus grosse part du marché, soit entre 15 et 20 % du marché national. Le manque de succès des films du Canada anglais amène Richard Stursberg (2002-2004) à lancer un défi : que les films canadiens détiennent au moins 5 % des recettes nationales. Cet objectif est atteint en 2005, mais seulement parce que les films québécois ont compensé leurs équivalents anglais, qui ne détenaient cependant qu'environ 1 % du marché.

Téléfilm investit dans la distribution, la promotion et le sous-titrage des films produits grâce à son soutien, dans de nouveaux médias ainsi que dans la musique et administre un programme de subventions destiné aux festivals canadiens. Elle coordonne par ailleurs des accords de coproduction avec plus d'une vingtaine de pays.

Téléfilm a joué un rôle fondamental dans l'essor de l'industrie canadienne du cinéma et de la télévision. Mais elle a souvent perdu de son efficacité en tant qu'institution en raison de problèmes structurels liés à l'industrie du cinéma. Qui plus est, on ne sait toujours pas vraiment si la priorité de Téléfilm en tant qu'institution est culturelle ou commerciale. Cela reste son principal problème.


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