Théâtre Buddies in Bad Times

Buddies Theatre est constitué en personne morale en 1979 par Jerry Ciccoritti et Sky Gilbert, qui devient le premier directeur artistique de la compagnie.


Buddies in Bad Times Theatre, la plus grande compagnie homosexuelle et lesbienne de théâtre d'Amérique du Nord, est fondée en 1978 par deux amis de l'école de théâtre de l'Université York, Sky Gilbert et Matt Walsh. Le nom de la compagnie est tiré de la traduction d'Eric Bentley d'un poème de Jacques Prévert.

Buddies Theatre est constitué en personne morale en 1979 par Jerry Ciccoritti et Sky Gilbert, qui devient le premier directeur artistique de la compagnie. Sa première production est celle de Angels in Underwear, de Gilbert, dans laquelle Walsh joue le rôle de Jack Kerouac et Ciccoritti celui d'Allen Ginsberg. La pièce est mise en scène à la Dream Factory, une ancienne brasserie de Toronto à l'intersection des rues Queen et Sumach.

New faces Of '79 (plus tard le Rhubarb! Festival) est lancé en 1979, année où Gilbert se déclare homosexuel. Walsh et Ciccoritti quittent la compagnie et, l'année suivante, Buddies s'allie au Nightwood Theatre, une compagnie féministe. Buddies et Nightwood collaborent à six Rhubarb! Festivals successifs et ils font partie de six compagnies qui s'allient afin de former le Theatre Centre.

Les premiers succès de Gilbert sont Lana Turner Has Collapsed (1980) et Cavafy (1981). En 1982, Buddies reçoit sa première subvention gouvernementale, signe de la reconnaissance croissante accordée à son travail d'avant-garde. Une année plus tard, les trois ordres gouvernementaux lui accordent un soutien financier.

En 1983, Gilbert, très prolifique, écrit et met en scène Pasolini Pelosi, un succès au box-office qui contient une scène controversée de fellation. En 1984, la production de The Dressing Gown, de Gilbert, fait une percée très remarquée et reçoit de nombreux éloges de la critique.

Buddies remporte son premier prix Dora Mavor Moore Award en 1984, avec la production de Dali, une pièce de Jim Millan. La même année, Christopher Bye devient le premier directeur général à temps plein de la compagnie.

Une autre production controversée, Drag Queens On Trial, écrite par Gilbert lui-même, tient l'affiche pendant cinq semaines au Toronto Cinema en 1985, année où a lieu le premier 4-Play Festival of Gay and Lesbian Theatre. Mis sur pied afin de faire valoir des œuvres d'une qualité exceptionnelle, le premier 4-Play Festival se tient au Théâtre Passe Muraille. On y présente If Betty Should Rise, de David Demchuk, et Claposis, d'Audrey Butler.

En 1986, c'est grâce à Demchuk que Buddies obtient son deuxième prix Dora pour Touch, et la pièce de Gilbert, Drag Queens In Outer Space, établit de nouveaux records au box-office de la compagnie. En même temps, le deuxième 4-Play Festival met en vedette plusieurs œuvres d'une valeur remarquable, dont Steel Kiss, de Robin Fulford, qui devient l'une des pièces de théâtre les plus importantes des années 1980, et la pièce révolutionnaire de Hillar Liitoja, This is What Happens In Orangeville. Cette dernière, produite en collaboration avec la compagnie de Liitoja, le DNA Theatre, remporte le prix du jury au Festival de théâtre des Amériques en 1987 à Montréal.

La première production maîtresse du Buddies Theatre est celle de la populaire pièce de Gilbert, The Postman Rings Once, présentée au Toronto Workshop Productions, sur la rue Alexander, en 1987. En 1988, l'année où Tim Jones devient directeur général, le Buddies Theatre et ses compagnies associées remportent 10 prix Dora, alors que 1989 voit la mise sur pied de Queerculture, un festival multimédia qui met davantage l'accent sur les questions lesbiennes.

En 1991, le Buddies Theatre met sur pied son propre espace théâtral au 142 George Street. Les premiers succès que l'on y retrouve sont Suzie Goo: Private Secretary, de Gilbert, 2-2 Tango, de Daniel MacIvor et Where is Kabuki?, de Don Druick, qui a été mis en nomination pour un prix du Gouverneur Général.

En 1994, le Buddies Theatre déménage au 12 Alexander Street, tout récemment rénové, après avoir négocié un bail de 40 ans avec la ville. Peu après le déménagement, la compagnie connaît des difficultés financières, à cause en partie des taxes municipales plus élevées que prévu, mais des mesures d'austérité et une exemption de l'impôt foncier pour les théâtres à but non lucratif aident quelque peu à atténuer le problème. Le 4-Play Festival et Queerculture sont abandonnés, mais Here Lies Henry et The Soldier Dreams, deux pièces de MacIvor, remportent beaucoup de succès. Tim Jones démissionne en 1996, et Gwen Bartleman lui succède en 1997. Fatigué de l'administration, Gilbert lui-même se retire en 1997.

Sous l'influence de Gilbert, l'éternel provocateur pratiquant le travestisme, le Buddies Theatre recherche la controverse et offense beaucoup de gens. « Le Buddies Theatre ne traite pas de l'assimilation, et il n'a jamais tenté d'estomper les différences entre homosexuels et hétérosexuels », dit Gilbert lors d'une entrevue en 1989. « Nous nous intéressons à la vie sur le fil du rasoir, à l'avant-garde, au territoire interdit. »

Cependant, avec son déménagement au 12 Alexander Street, au cœur du quartier homosexuel de Toronto, la compagnie devient délibérément plus ouverte, tachant d'atteindre la communauté homosexuelle traditionnelle plutôt que de se cantonner à sa frange extrême. Pendant les fonctions de directrice artistique de Sarah Stanley en 1997, le mandat de Buddies in Bad Times est modifié afin de promouvoir les bonnes relations entre les communautés gaies et lesbiennes. Les deux années de la durée des fonctions de S. Stanley sont dignes d'être mentionnées en raison de la première de Martin Yesterday , de Brad Fraser, et pour Live With It, d'Elise Moore, ainsi que pour la mise sur pied de la série Ante Chamber, un atelier d'écriture dramatique dirigé par le dramaturge de compagnie théâtrale Edward Roy.

Depuis que David Oiye est nommé directeur artistique en 1999, le Buddies Theatre subit des changements qui non seulement font foi de la place centrale qu'il occupe auprès des communautés homosexuelles, lesbiennes et transgenres et dans les communautés théâtrales de Toronto et d'ailleurs au Canada, mais aussi de sa volonté de demeurer innovateur du point de vue esthétique et administratif.

En 1999, le Buddies procède au lancement de Queer Youth dirigé par Franco Boni, un programme qui offre un atelier estival s'adressant aux jeunes allosexuels de l'Ontario. Le programme Queer Youth modifie ses objectifs et ne se contente plus seulement d'offrir soutien et éducation aux jeunes allosexuels; il favorise désormais l'essor des jeunes artistes allosexuels par l'entremise programmes, d'ateliers, de festivals et de cabarets ouverts toute l'année. Ces initiatives se soldent par la présentation de deux nouvelles mises en scène de deux anciens élèves du programme, à l'occasion de la 30e saison (2008-2009) du Buddies : Agokwe de Waawaate Fobister et Fishbowl: A Concise, Expansive Theory of Everything, de Mark Shyzer.

Une restructuration administrative majeure débute lorsque Gwen Bartleman démissionne de son poste de directrice générale en 2002 et que Jim LeFrancois assume le nouveau poste de producteur artistique. Charissa Wilcox est nommée directrice de la production au printemps 2003.

Buddies in Bad Times fête son 25e anniversaire lors de la saison 2003-2004. Les changements qu'il a entrepris influencent grandement son développement futur : l'avenir de ses réalisations sera guidé par ses transformations antérieures, et ces dernières sont caractérisées par un engagement avec le passé utilisé comme moyen d'orienter son avenir. Par exemple, Sky Gilbert regagne les rangs de la compagnie en tant qu'autorité artistique au sein de la compagnie. Il refait le montage de scènes de ses œuvres Suzie Goo: Private Secretary et Play Murder, il produit également de nouvelles œuvres sous l'égide de la Cabaret Company du Buddies. De plus, la compagnie nomme Moynan King artiste associée. King joue un rôle déterminant dans le lancement de Hysteria: A Festival of Women et travaille également avec Franco Boni à la production de Retro-Rhubarb!, une rétrospective des festivals Rhubarb! dans laquelle des artistes sont invités à faire un nouveau montage de quelques-unes de leurs productions mémorables.

Le projet le plus important entrepris par Buddies in Bad Times lors de sa 25e saison est possiblement la réécriture de son mandat. Il exprime les visées politiques et esthétiques de la compagnie par une définition du mot allosexuel qui se divise en deux volets : le premier décrit la compagnie comme étant « une organisation dirigée par des allosexuels dont le mandat est de refléter les aspirations des membres GLBT de sa communauté en témoignant de leur vécu et en soutenant ses artistes »; le second encourage la compagnie à préserver une esthétique allosexuelle, « des œuvres différentes, qui ne suivent pas les grands courants artistiques et qui sont des défis autant par leurs contenus que par leurs formes ».

Lors de la saison 2006-2007, Buddies in Bad Times met à l'affiche la trilogie jouée en solo par Daniel MacIvor, House, Here Lies Henry et Monster, l'œuvre finale de la collaboration artistique da da kamera de MacIvor et de la productrice Sherrie Johnson. Les projets Audience Relocation sont également présentés pour la saison 2006-2007. Ils consistent en une série de projets auxquels sont associés des artistes et des compagnies qui interprètent des pièces au théâtre et ailleurs, ainsi que de la tenue de séances « d'acuponcture sociale » expérimentales Mammalian Diving Reflex, présentées au public tout au long de la saison sous l'appellation Diplomatic Immunities. En 2007, en réaction au rapport Adding it Up : The Status of Women in Canadian Theatre, présenté par le Conseil des Arts du Canada, la compagnie annonce qu'elle abordera le sujet de l'inégalité des sexes dans le théâtre contemporain canadien en consacrant la saison 2009-2010 exclusivement à des projets mis sur pied par des auteurs féminins. Elle annonce également que les grandes productions des saisons à venir toucheront au thème de l'égalité des sexes.


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