Jennie (Jenny) Kidd Trout

Jennie (Jenny) Kidd Trout, médecin et enseignante (née le 21 avril 1841 à Kelso, en Écosse; décédée le 10 novembre 1921 à Hollywood, en Californie). Jennie Trout est la première femme à être autorisée à pratiquer la médecine au Canada. Elle reçoit son permis d’exercice du Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario en 1875.

Jennie (Jenny) Kidd Trout, médecin et enseignante (née le 21 avril 1841 à Kelso, en Écosse; décédée le 10 novembre 1921 à Hollywood, en Californie). Jennie Trout est la première femme à être autorisée à pratiquer la médecine au Canada. Elle reçoit son permis d’exercice du Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario en 1875.


Jennie Trout

Enfance et jeunesse

Jennie Trout (Gowanlock à la naissance) voit le jour le 21 avril 1841 à Kelso, en Écosse. À l’âge de six ans, elle immigre avec sa famille dans le canton d’Ellice, en Ontario. Ses parents, Elizabeth Kidd et Andrew Gowanlock, sont agriculteurs. Sa famille fréquente régulièrement l’église presbytérienne de Stratford. Jennie Trout fréquente l’école publique locale, où elle est une brillante élève.

Formation et débuts de carrière

En 1860, Jennie Trout déménage à Toronto pour étudier à l’école normale du Haut-Canada. Il s’agit à l’époque de la seule école supérieure du Canada à accepter des femmes dans ses rangs. Après l’obtention de son diplôme en 1861, Jennie Trout retourne dans la région de Stratford, où elle obtient son premier emploi comme enseignante. Elle enseigne à l’école publique de 1861 à 1865.

Le 25 août 1865, elle épouse l’homme d’affaires Edward Trout à Stratford, puis le couple s’installe à Toronto. En 1867, Edward Trout et son frère John Malcolm fondent le Monetary Times, un hebdomadaire financier. Le couple Trout prospère financièrement. Toutefois, peu après son mariage, Jennie Trout commence à souffrir de troubles nerveux. Confinée à la maison, elle est parfois incapable de bouger. Elle consulte des médecins et elle réussit à soulager ses symptômes grâce à l’électrothérapie, un nouveau domaine à l’époque. Sa maladie et son traitement l’inspirent à faire carrière dans la médecine.

Études de médecine

Le mari de Jennie Trout l’encourage à poursuivre son rêve de devenir médecin en lui apportant un soutien financier et émotionnel. En 1869, Jennie et Edward Trout emménagent avec la médecin Emily Stowe et sa famille dans leur maison de la rue Church, à Toronto. Ensemble, Jennie Trout et Emily Stowe se battent pour fréquenter la Toronto School of Medicine, où les femmes ne sont pas admises à l’époque. En 1871, elles sont finalement admises à cette école dans un programme de qualification d’un an. Avec Emily Stowe, Jennie Trout devient l’une des deux premières femmes à suivre des cours dans cet établissement. Malgré l’opposition et l’hostilité de certains étudiants et professeurs masculins, Jennie Trout réussit ses cours de qualification en 1872.

Toutefois, aucune école de médecine au Canada n’accepte de femmes comme étudiantes à l’époque. Jennie Trout doit quitter Toronto pour étudier au Woman’s Medical College of Pennsylvania à Philadelphie. Ce collège, un établissement chrétien axé sur les activités des missions et des missionnaires, offre notamment des cours d’électrothérapie. Dans sa thèse de doctorat, Jennie Trout parle des usages médicaux du pavot à opium. Après trois années d’étude, elle obtient son diplôme de médecine en 1875, puis elle retourne au Canada. Plus tard au cours de la même année, elle réussit les examens du Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario, devenant ainsi la première femme autorisée à pratiquer la médecine au Canada. Elle demeure la seule ainsi habilitée jusqu’à ce qu’Emily Stowe reçoive son permis d’exercice en 1880.

Carrière médicale

En 1875, Jennie Trout ouvre un cabinet médical à Toronto avec une de ses amies, la Dre Emily Amelia Tefft, qui est aussi diplômée du Woman’s Medical College of Pennsylvania. Leur clinique se spécialise dans les traitements pour les femmes, dont l’électrothérapie. La foi chrétienne de Jennie Trout l’incite aussi à ouvrir un dispensaire gratuit pour les patients démunis. Afin d’aider à en couvrir les dépenses, Jennie Trout donne notamment des conférences à Toronto, Hamilton, Brantford et Meaford. Sa rémunération de conférencière étant toutefois insuffisante, le dispensaire ferme ses portes au bout de six mois, en 1876.

En 1877, Jennie Trout et Emily Amelia Tefft étendent leurs activités et ouvrent le Medical and Electro-Therapeutic Institute sur la rue Jarvis, à Toronto. Elles y utilisent l’électricité et des bains galvaniques pour traiter les femmes. La clinique est située dans six maisons adjacentes de la rue Jarvis. Elles y traitent environ 40 patientes par jour.

Le Medical and Electro-Therapeutic Institute est si populaire que Jennie Trout et Emily Amelia Tefft ouvrent ensuite des cliniques à Hamilton et à Brantford. Ces cliniques sont gérées par des femmes, bien qu’un homme y soit embauché en 1880 comme médecin consultant. En 1882, la santé de Jennie Trout est affectée par les exigences de son travail. Au cours de l’hiver, elle se retire en Floride en raison de la détérioration de sa santé. Plus tard au cours de l’année, elle prend sa retraite de la médecine, à l’âge de 41 ans.

Jennie Trout

Portrait de Jennie Kidd Trout (Ontario, vers 1893–1897).

Promotion de l’éducation des femmes

Après sa retraite, Jennie Trout œuvre à promouvoir l’accès aux études médicales pour les Canadiennes. En 1883, un groupe de médecins de la Toronto School of Medicine, mené par le Dr Michael Barrett, planifie l’ouverture d’une nouvelle école de médecine pour femmes à Toronto. Jennie Trout promet une aide financière de 10 000 $, à la condition que le conseil d’administration soit majoritairement composé de femmes et que les femmes puissent faire partie du corps professoral.

Le Dr Barrett rejette toutefois sa proposition.

Déçue, Jennie Trout s’implique alors dans la création du Woman’s Medical College de Kingston, en Ontario, qui est affilié à l’Université Queen’s. Elle devient membre du conseil d’administration et fait un don de 10 000 $.

Plus tard au cours de l’année, le Dr Barrett change sa position concernant le projet d’école à Toronto, et Emily Stowe s’implique alors pour fonder la Toronto School of Medicine. Celle-ci ouvre ses portes en octobre 1883, tandis que le Women’s Medical College de Kingston ouvre le lendemain. Les deux collèges se font concurrence jusqu’en 1894, lorsque la Toronto School of Medicine et le Women’s Medical College de Kingston s’unissent pour devenir l’Ontario Medical College for Women de Toronto.

Activisme

Après son départ à la retraite, Jennie Trout s’intéresse à l’étude de la Bible et s’implique dans les œuvres missionnaires chrétiennes à l’étranger. Elle s’engage également dans le mouvement pour la tempérance, notamment comme vice-présidente, puis comme présidente, de la Women’s Temperance Union. Elle est également vice-présidente de l’Association for the Advancement of Women.

Timbre de Jennie Trout

Jennie K. Trout, médecin, 1841–1921.

Vie ultérieure et héritage

En 1903, Jennie Trout et son conjoint achètent un terrain en Floride et y construisent une maison d’hiver. Ils partagent leur temps entre la Floride et Toronto. En outre, ils adoptent leur petite-nièce et leur petit-neveu, devenus orphelins. En 1908, la famille Trout déménage en permanence aux États-Unis, s’installant à Hollywood, en Californie. Jennie Trout meurt le 10 novembre 1921 à Hollywood. En 1991, Postes Canada crée un timbre en son honneur.



Lecture supplémentaire

  • Carlotta Hacker, The Indomitable Lady Doctors (1974).

Liens externes

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