Études urbaines



Études urbaines

Les études urbaines portent sur tous les aspects de l'aménagement urbain au Canada, y compris l'évolution des collectivités (histoire urbaine), les processus d'aménagement des villes (géographie urbaine, économie urbaine, planification, architecture), la politique urbaine et le gouvernement (sciences politiques urbaines) et la société urbaine (sociologie urbaine et anthropologie, démographie urbaine). Avant les années 60, les géographes dominaient ce champ d'études. Au Québec, Raoul Blanchard et ses étudiants publient de nombreuses études urbaines des années 30 aux années 50, tandis que Jacob Spelt, Donald Kerr, J. Wreford Watson et d'autres chercheurs analysent l'aménagement urbain en Ontario. La plupart de ces études portent spécifiquement sur des collectivités ou des régions particulières selon l'une des deux approches suivantes. Certaines études prennent à part les aspects urbains du système d'interaction entre l'homme et son milieu, ce qui en fait des études systématiques de phénomènes précis (géographie économique et urbaine). D'autres sont de type synthétique, c'est-à-dire qu'elles visent à fournir une vue complète des nombreux phénomènes interdépendants qui évoluent avec le temps et qui finissent par donner au paysage un caractère urbain particulier (histoire de la géographie urbaine).

Dès le début des années 70, de nombreuses autres disciplines se vouent aux études urbaines, et il en ressort rapidement des sous-disciplines distinctes. Cette tendance est marquée par l'établissement, par exemple, du Centre for Urban and Community Studies à l'U. de Toronto, de l'Institute of Urban Studies à l'U. de Winnipeg et de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) - urbanisation au sein du réseau de l'U. du Québec. Les centres de recherche ne constituent pas le seul champ d'activité des universités. Celles-ci mettent en place ou développent des cours en études urbaines et des programmes d'enseignement. De plus, les écoles d'AMÉNAGEMENT URBAIN ET RÉGIONAL connaissent une croissance considérable.

Au niveau gouvernemental, des ministères des affaires urbaines voient le jour ou prennent de l'ampleur à l'échelle provinciale, et le gouvernement fédéral institue le département d'État chargé des Affaires urbaines en 1971. Ces ministères appuient la recherche et servent de compléments aux programmes de recherche déjà bien établis d'organismes comme la SOCIÉTÉ CANADIENNE D'HYPOTHÈQUES ET DE LOGEMENT (SCHL) et le Conseil canadien de recherches urbaines et régionales (CCRUR). Plusieurs projets d'envergure sont entrepris au cours des années 70, dont la publication des « Urban Profiles Series » (1974-1975) et des « Urban Prospects Series » (1975-1976).

Le monde des études urbaines profite de la parution d'une variété de nouveaux bulletins, revues et magazines, dont Urban Focus (1972), une publication de l'Institute of Local Government; Urban History Review/Revue d'histoire urbaine (1972), une publication du Musée national de l'homme; Urban Reader (1973), une publication de la Ville de Vancouver; Urban Forum (1975), une publication du CCRUR; et City Magazine (1974), une entreprise commerciale lancée par l'éditeur torontois James Lorimer. En 1977, la société Micromedia de Toronto commence la production d'un index trimestriel des publications du domaine des études urbaines intitulé Urban Canada/Canada urbain.

Les municipalités manifestent elles aussi une préoccupation croissante à l'égard des questions urbaines. La Fédération canadienne des municipalités entreprend elle-même des projets de recherches urbaines ou parraine de telles études, tandis que les collectivités s'occupent d'organiser les archives municipales officielles. La préservation du patrimoine urbain artificiel est une autre des caractéristiques des années 70, tandis que de nombreuses collectivités créent des comités et des services voués à la préservation et à la conservation et adoptent des règlements connexes (voir PATRIMOINE, CONSERVATION DU; HÉRITAGE CANADA).

Malgré toute cette activité dans les années 70 et au début des années 80, aucune tendance dominante, de nature théorique ou explicative, n'émerge des études urbaines. Des centaines d'ouvrages et d'articles sont publiés, surtout à l'échelle communautaire et régionale. Paraissent, entre autres, Urban Canada: Problems and Prospects (1970) de N.H. Lithwick, Urban Canada (1974) de J. et R. Simmons, Cities of Canada (2 vol., 1975-1976) de G. Nader, The Canadian City: Space, Form, Quality (1973) de J.N. Jackson, Urban Development in Canada (1967) de L. Stone, Urban Canada: Its Government and Politics (1977) de D.J.H. Higgins, The City Book (2 vol., 1976-1977) de J. Lorimer et E. Ross, Planning the Canadian Environment (1968) de L. O. Gertler, The Canadian City (1977) et Canada's Urban Past (1981) de G.A. Stelter et A.F.J. Artibise.

Au début des années 80, l'attention portée aux questions urbaines s'atténue par suite de la récession et du fait que beaucoup d'initiatives antérieures n'ont pas, du moins aux yeux des politiciens, répondu complètement aux attentes à leur égard. Ainsi, le département fédéral des Affaires urbaines est dissous en 1979, plusieurs provinces réduisent leur ministère des Affaires urbaines, les instituts de recherches urbaines s'effondrent, et plusieurs revues et bulletins d'études urbaines cessent de paraître. Toutefois, malgré le déclin général de l'intérêt envers les études urbaines, un noyau solide de spécialistes poursuivent leurs travaux.

Voir aussi VILLE; DESIGN D'ENVIRONNEMENT; RÉFORMES URBAINES; URBANISATION.


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