Alberta Ballet Company

En 1958, Ruth Carse fonde l'Alberta Ballet Company à Edmonton. À l'origine, il s'agit d'une troupe amateur qui se produit sous le nom de Dance Interlude. La troupe est incorporée en 1961 sous le nom d'Edmonton Ballet Co. et reconstituée en 1966 pour former une troupe de danse professionnelle, l'Alberta Ballet Company. Carse prend sa retraite en 1975.

Pite, Crystal
La danseuse Crystal Pite (photo de A. Noltenius).
Danseurs de l
Danseurs de l'Alberta Ballet (avec la permission de l'Alberta Ballet Company).

Alberta Ballet Company

En 1958, Ruth Carse fonde l'Alberta Ballet Company à Edmonton. À l'origine, il s'agit d'une troupe amateur qui se produit sous le nom de Dance Interlude. La troupe est incorporée en 1961 sous le nom d'Edmonton Ballet Co. et reconstituée en 1966 pour former une troupe de danse professionnelle, l'Alberta Ballet Company. Carse prend sa retraite en 1975.

La même année, Jeremy Leslie-Spinks succède à Carse au poste de directeur artistique. Cependant, son leadership controversé - son désir de donner à la compagnie une direction plus contemporaine ne fait pas l'unanimité - et une crise financière catastrophique le forcent à céder la place à Brydon Paige, qui demeure en poste jusqu'en 1988.

Paige donne à la compagnie une image plus classique et réalise des chorégraphies d'œuvres célèbres, notamment Casse-Noisette de Tchaïkovski, L'Oiseau de feu de Stravinski et Cendrillon de Prokofiev. Il présente aussi des œuvres de chorégraphes extérieurs à la compagnie ainsi que celles du chorégraphe attitré des Ballets, Lambros Lambrou.

En 1988, le conseil d'administration prend une décision controversée en nommant Ali Pourfarrokh, venu de l'extérieur, pour succéder à Paige. La troupe, qui compte 20 danseurs, connaît un remaniement important de son corps de ballet. Malgré tout, pendant dix ans, Pourfarrokh dirige la compagnie avec succès et aide la troupe provinciale à acquérir une certaine crédibilité nationale. Il supervise aussi le déménagement de la compagnie d'Edmonton à Calgary de même que sa fusion avec le Calgary City Ballet, en 1990.

Même si Pourfarrokh met en scène deux ballets narratifs longs, Casse-Noisette (1995) et Roméo et Juliette (1998), la direction artistique qu'il souhaite donner à la compagnie consiste à délaisser les ballets narratifs et les superproductions au profit de projets plus épurés et néoclassiques, avec un répertoire où prédominent les œuvres nouvelles et les classiques du XXe siècle. Aux prises avec un conseil d'administration et une administration déterminés à maintenir la stabilité financière de la compagnie, Pourfarrokh doit accepter de fortes contraintes. Malgré cela, il réussit à donner une nouvelle image artistique à la compagnie et à relever le niveau général des danseurs. Il ajoute régulièrement de nouvelles œuvres au répertoire et recherche de nouveaux chorégraphes talentueux, notamment la Canadienne Crystal Pite et, plus récemment, l'Américain Robert La Fosse. Pourfarrokh s'intéresse avant tout à l'innovation dans la danse, mais il s'avère également un homme d'affaires avisé, ce qu'il démontre quand il commande au célèbre chorégraphe américain Peter Pucci une œuvre très accessible, Lifted by Love (1994), montée sur les chansons de k.d. Lang, chanteuse albertaine.

Aujourd'hui, l'Alberta Ballet Company est confortablement installée dans le bâtiment historique du Nat Christie Centre, à Calgary, mais est toujours présente à Edmonton, où elle organise des saisons régulières en alternance avec ses représentations à Calgary. Bien que la compagnie ait une école associée, du temps où elle est installée à Edmonton, son déménagement à Calgary l'incite à fonder, en 1991, l'Alberta Ballet School of Dance, qui devient son école officielle. Des cours réguliers et des cours d'été sont offerts aux élèves en danse classique et en danse contemporaine. Sous la direction de Pourfarrokh, la compagnie effectue aussi des tournées plus importantes au Canada et aux États-Unis. Pourfarrokh prend sa retraite à la fin de la saison 1997-1998 et l'artiste finnois Mikko Nissinen, une ancienne étoile du San Francisco Ballet, prend la relève.

Dès le début, ce dernier déclare qu'il a l'intention de faire franchir une nouvelle étape à la compagnie. Il rehausse le niveau technique en faisant venir des professeurs invités et en mettant au programme des œuvres difficiles, notamment celles de George Balanchine, qui présentent des défis aux danseurs et les aident à développer leur technique de danse classique. Nissinen met aussi l'accent sur la créativité en commandant régulièrement de nouvelles œuvres de chorégraphes canadiens ou étrangers. Sous sa direction, la troupe connaît des remaniements importants. En effet, l'essentiel de l'effectif est remplacé au bout de trois ans. Son leadership musclé est parfois remis en question, mais la critique encense l'amélioration notable du travail des danseurs et le fait que Nissinen dote l'Alberta Ballet d'une personnalité artistique particulière et d'une plus grande visibilité sur la scène canadienne et même internationale. Au début de son mandat, Nissinen organise une tournée en Chine et, au cours de sa dernière année, il emmène la compagnie dans son pays natal, la Finlande, et en Égypte. Il établit également des liens avec le Ballet British Columbia, permettant aux deux compagnies de se réunir pour une production annuelle de Casse-Noisette en tournée.

Comme à l'époque de Pourfarrokh, les progrès sont freinés par des contraintes financières et, en 2001, après plusieurs années de budgets équilibrés, la compagnie affiche un déficit important dû en partie au dépassement des coûts de tournée et à son incapacité de faire accroître les dons privés.

En septembre 2001, Nissinen démissionne et la relève est assurée par Jean Grand-Maître, un chorégraphe canadien qui a jusqu'alors travaillé surtout en Europe. Malgré une économie en berne et le besoin impératif d'effacer le déficit, Jean Grand-Maître devient vite une présence à la fois dynamique et aimée au sein du ballet. Ses premiers choix de programmation obtiennent généralement les faveurs du public, particulièrement sa propre adaptation chorégraphique du Carmen de Bizet (2003), qui connaît un très grand succès, de même que sa présentation du Roméo et Juliette de Prokofiev. L'Alberta Ballet Company fait l'acquisition d'œuvres créées à l'origine par Grand-Maître pour d'autres compagnies.

En 2004, à la fin de la deuxième saison sous la direction de Grand-Maître, l'Alberta Ballet a éliminé son déficit, mais a également accumulé un important surplus qui l'aide à traverser une saison 2004-2005 difficile puisqu'on ferme, pour y effectuer des rénovations, ses deux principaux lieux de représentation à Edmonton et à Calgary, qui sont la propriété de la Province. Grand-Maître dirige la troupe lors de deux tournées en Chine de même que lors de visites longuement attendues à Montréal et Ottawa.

Les chorégraphies de Grand-Maître sont un atout majeur pour la compagnie. Il est salué et fait l'objet d'une attention considérable pour son ballet Joni Mitchell's The Fiddle and the Drum (2007) réalisé en collaboration avec Joni Mitchell. Son œuvre inspirée de la vie et de la musique de sir Elton John intitulée Love Lies Bleeding (2010), une production osée ayant pour thème l'homosexualité et la tolérance, reçoit également un bon accueil.

Sous la direction de Grand-Maître, l'Alberta Ballet prospère et acquiert une belle réputation. Des millions de téléspectateurs voient la troupe danser sur la chorégraphie de Grand-Maître à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de 2010 à Vancouver. La revue Dance Magazine encense la troupe et affirme qu'elle est « la troupe de danse canadienne à voir absolument ».