Alex Stieda

Alex Stieda, cycliste, commentateur de télévision, chroniqueur (né le 13 avril 1961 à Belleville, en Ontario). En 1986, le cycliste canadien Alex Stieda, en tête du Tour de France, est devenu le premier nord-américain à porter le maillot jaune. Il a remporté aussi une médaille de bronze dans la poursuite individuelle (piste) aux Jeux du Commonwealth de 1982 et a participé aux Jeux olympiques d’été de 1984 à Los Angeles, Californie.



Alex Stieda
Alex Stieda du Canada participe à une épreuve de cyclisme sur piste aux Jeux olympiques de Los Angeles de 1984.

Jeunesse et débuts en cyclisme

Alex Stieda naît à Belleville, Ontario, mais grandit à Coquitlam, en Colombie-Britannique. Comme beaucoup de Canadiens, il grandit en jouant au hockey sur glace et rêve de devenir un joueur de hockey professionnel. « Je n’ai jamais rêvé de participer au Tour de France, ni d’être un cycliste de compétition professionnel », déclare-t-il au magazine Pedal en 2007. « Je voulais tellement être un joueur de hockey professionnel ! Mon héros était Tony Esposito, le gardien de but des Blackhawks de Chicago. »

Bien qu’aimant le hockey et d’autres sports d’équipe (dont le soccer et le volleyball), Alex passe aussi beaucoup d’heures sur son vélo, qu’il utilise pour se rendre à ses pratiques de hockey matinales ou pour livrer des journaux. « Être la première personne sur la route au petit matin était très spécial, avec la ville qui s’éveillait lentement tandis que j’avançais en vrombissant avec une lourde pile de 50 journaux dans mon panier avant », écrit Alex Stieda en 2017. « Je me demande parfois comment ce vélo a pu tenir le coup avec tant de poids, à monter et descendre ces côtes avec le peu de forces que j’avais alors développé ! » Avec l’argent qu’il a amassé en livrant des journaux, il finit par acheter et reconstruire un 10 vitesses d’occasion qu’il utilise pour faire plusieurs randonnées solos dans les îles Gulf. Ses parents approuvent son intérêt pour le cyclisme : les deux gardent de beaux souvenirs de ce sport, et le grand-père maternel d’Alex a été membre du Chichester Wheelers Cycling Club, dans le sud de l’Angleterre.

Alex Stieda commence à éprouver de la frustration vis-à-vis du hockey au milieu de l’adolescence, se plaignant de passer trop de temps sur le banc. Les membres locaux de la BC Bicycling Association l’encouragent à faire plutôt de la course de vélo. Il commence à courir à Vancouver à l’âge de 16 ans, appliquant au vélo de piste et de route la puissance qu’il a développée sur la patinoire. Il gravit rapidement les rangs du cyclisme de piste junior canadien, remportant toutes les épreuves (contre la montre, sprint, poursuite individuelle ou par équipes, Omnium et course aux points) aux championnats juniors nationaux de 1979 et 1980. Il se qualifie aussi pour le Championnat junior du monde 1979 à Buenos Aires, en Argentine, où il finit cinquième en poursuite individuelle.

Compétition internationale

À cette époque, les Canadiens (et les Américains) commencent à faire leurs preuves en vélo de course, longtemps considéré comme un sport européen. Dans les années 1970, quand Alex Stieda commence à faire du vélo de course, le Canadien Jocelyn Lovell remporte une médaille d’argent aux championnats du monde ainsi que des médailles d’or aux Jeux du Commonwealth et aux Jeux panaméricains. Un autre Canadien, Gordon Singleton, est l’un des meilleurs cyclistes de sprint au monde et devient, en 1982, le premier Canadien à remporter un championnat du monde en cyclisme.

La même année, Alex Stieda remporte une médaille de bronze dans la poursuite individuelle aux Jeux du Commonwealth de 1982 à Brisbane, en Australie, tandis que son camarade Steve Bauer remporte l’argent dans la course sur route. Alex Stieda se qualifie également pour les Jeux olympiques d’été de 1984 à Los Angeles, en Californie, se plaçant en 10e position dans la course aux points et en 14e position en poursuite individuelle sur piste. Deux de ses camarades d’équipe sont médaillés aux Jeux de 1984. Steve Bauer remporte l’argent en poursuite individuelle sur piste, tandis que Curt Harnett prend l’argent dans le contre la montre de 1 000 m sur piste.

Alex Stieda
Alex Stieda du Canada participe à une épreuve de cyclisme sur piste aux Jeux olympiques de Los Angeles de 1984.
Alex Stieda et Gary Trevisiol
Alex Stieda (gauche) et Gary Trevisiol (centre) du Canada participe à une épreuve de cyclisme sur piste aux Jeux olympiques de Los Angeles de 1984.
Alex Stieda
Alex Stieda du Canada (gauche) participe à une épreuve de cyclisme sur piste aux Jeux olympiques de Los Angeles de 1984.

L’équipe cycliste 7‑Eleven et le Maillot jaune

En 1982, Alex Stieda commence à courir pour l’équipe de cyclisme 7‑Eleven, qui deviendra une des meilleures équipes américaines de l’histoire du cyclisme. L’Américain Jim Ochowicz, un ancien cycliste olympique, a fondé l’équipe une année auparavant avec le capitaine Eric Heiden, qui s’est tourné vers le vélo de course après avoir battu les records dans une carrière de patinage de vitesse. Quand Alex Stieda se joint à l’équipe 7‑Eleven, celle-ci est composée entièrement de coureurs amateurs américains, à l’exception du cycliste professionnel canadien Ron Hayman. L’équipe reste de niveau amateur jusqu’aux Jeux olympiques d’été de 1984, où sept de ses membres remportent des médailles. En 1985, l’équipe 7‑Eleven devient professionnelle et commence à compétitionner dans les courses européennes, dont le Giro d’Italia de 1985. Alex Stieda devient professionnel l’année suivante.

En 1986, 7‑Eleven est la première équipe nord-américaine à participer au Tour de France, une des compétitions cyclistes les plus éprouvantes. Le Tour annuel, fondé en 1903, comprend plus de 20 étapes et se tient habituellement dans une période de trois semaines au mois de juillet. Le grand gagnant est le concurrent qui accomplit l’ensemble du trajet dans le temps le plus court.

Le Tour de France 1986 commence un 4 juillet par un contre la montre préliminaire de 4,6 km à Boulogne-Billancourt. Alex Stieda termine avec une respectable 21e position au contre la montre. Il est le coureur le mieux placé de l’équipe. Le lendemain matin, commence la première étape complète du Tour, un trajet de 85 km de Nanterre à Sceaux. C’est un trajet court et relativement plat, une course « de style nord-américain classique », remarquera plus tard Alex. Il se détache du peloton à près de 22 km, gagnant rapidement du temps. Aucun des coureurs européens ne semble s’en inquiéter. « Ils ont pensé que nous étions tous des bouffons américains », dit Alex Stieda. « Ils ne faisaient aucunement attention à moi. En peu de temps, j’avais trois minutes, quatre minutes, cinq minutes. » Le cycliste canadien concentre ses énergies sur son trajet solo, ramassant des bonifications en temps sur sa route pour rehausser sa place au classement général (temps total). Il est finalement rattrapé par un petit groupe et termine l’étape en cinquième place. Au classement général, toutefois, il est maintenant en tête de la couse, ce qui lui donne le droit de porter le maillot jaune. Alex Stieda est le premier Nord-Américain à jouir de ce privilège. Sa performance le met aussi en tête d’autres classifications, dont Meilleur grimpeur (maillot à pois) et Meilleur jeune (maillot blanc).

Cependant, Alex Stieda ne conserve le maillot jaune que quelques heures. Épuisé par sa performance à la première étape, il passe un moment difficile pendant le contre la montre par équipe de 56 km plus tard dans la journée. L’équipe 7‑Eleven dans son ensemble connaît une pauvre performance, finissant 19e sur 21 équipes après plusieurs accidents et crevaisons. Il reste si peu d’énergie à Alex Stieda que son équipe doit le laisser derrière pendant le contre la montre, bien que deux de ses camarades restent avec lui pour l’aider à arriver à temps (les coureurs disposent d’un temps limité après l’arrivée des gagnants, sous peine d’être disqualifiés). À la fin de la journée, il se trouve à 5 h 10 derrière le coureur en tête du Tour, et il est tombé de la première à la 116e place au classement général. Néanmoins, il persiste au cours des jours et des semaines suivantes. Le 27 juillet, il arrive à Paris, terminant le Tour de France en 120e place.

Après le Tour de France

Alex Stieda continue à courir professionnellement avec l’équipe 7‑Eleven jusqu’en 1990, remportant des courses dans toute l’Amérique du Nord. Il passe à Evian-Miko en 1991 puis à Coors Light en 1992, avant de se retirer du cyclisme professionnel. Il demeure présent dans le cyclisme, entraînant de jeunes coureurs dans le Juventus Cycling Club et rédigeant une chronique régulière dans Pedal, un magazine de cyclisme canadien. Il est commentateur en cyclisme pour Sportsnet, OLN et CBC, et il cofonde le Tour of Alberta, une course de vélo professionnelle par étapes. Il exploite également une entreprise de cyclotourisme, Stieda Cycling, de 2004 à 2007. Entre 2007 et 2018, il est chargé de compte dans l’industrie des technologies de l’information, et en juin 2018 il fonde Stieda Consulting.

Alex Stieda
Alex Stieda au Tour de l'Alberta 2016

Vie personnelle et activités philanthropiques

Alex Stieda et son épouse Samantha ont deux enfants, Kalie et AJ. Il vit à Edmonton, en Alberta. Outre le cyclisme, il est actif dans les sports d’hiver. Il a participé à plusieurs activités philanthropiques, dont Project Rwanda, Kids with Cancer, l’Association canadienne pour la santé mentale et la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC.

Signification

Premier Nord-Américain à porter le maillot jaune au Tour de France, Alex Stieda a marqué le début d’une nouvelle ère en course de vélo internationale. Le cyclisme a longtemps été considéré comme un sport européen, mais les coureurs nord-américains font maintenant leur marque sur la scène internationale. Bien qu’Alex Stieda n’ait porté que brièvement le célèbre maillot jaune au Tour de France 1986, l’Américain Greg LeMond a terminé sur le podium la même année, la première de ses trois victoires. Deux ans plus tard, Steve Bauer est devenu le premier Canadien à remporter une étape du Tour de France, et a fini quatrième au classement général. Le meilleur résultat suivant pour les Canadiens s’est produit en 2010, quand Ryder Hesjedal s’est placé sixième (Hesjedal a remporté le Giro d’Italia en 2012, devenant le premier Canadien à remporter un grand tour). Depuis la conquête historique du maillot jaune par Alex Stieda, des Canadiens et Canadiennes ont excellé dans plusieurs disciplines cyclistes, notamment en vélo de route, de piste et de montagne. Ceci comprend plusieurs médailles aux championnats du monde, aux Jeux olympiques d’été, aux Jeux du Commonwealth et aux Jeux panaméricains.