Banque Canadienne Impériale de Commerce (CIBC)

La Banque Canadienne Impériale de Commerce, communément appelée CIBC, est la cinquième plus grande banque à charte au Canada. Elle a été fondée en 1961 par la fusion de deux banques ontariennes, soit la Banque Canadienne de Commerce et la Banque Impériale du Canada. Il s’agit de la plus importante fusion de deux banques à charte de l’histoire canadienne. Aujourd’hui, la CIBC exerce ses activités au Canada et à l’étranger, et exploite trois unités : les Services bancaires de détail et aux entreprises, la Gestion des avoirs et les Marchés financiers. La CIBC est une compagnie publique cotée aux Bourses de Toronto et de New York sous le symbole « CM ». En 2018, la CIBC a enregistré des revenus de 17,8 milliards de dollars et des profits de 5,3 milliards de dollars, et détenait 597,1 milliards de dollars en actif. La banque emploie environ 44 000 personnes qui desservent 10 millions de clients.

Le centre bancaire de la Banque Canadienne Impériale de Commerce (CIBC) \u00e0 Dartmouth, en Nouvelle\u2011\u00c9cosse, le 21 mai 2015.

Origines

Des deux banques qui fusionneront ultimement pour former la CIBC, la Banque Canadienne de Commerce est la première à être créée, par l’homme d’affaires et philanthrope William McMaster, en 1867. Lorsqu’elle acquiert, en 1869, la Gore Bank de Hamilton, en Ontario, qui est en difficulté, la Banque Canadienne de Commerce devient la plus grande banque ontarienne, avec 24 succursales en 1874. Celles‑ci comptent une succursale à Montréal, qui ouvre en 1870, la première à l’extérieur de l’Ontario. Grâce à l’expérience de William McMaster en commerce international, la banque possède une expertise en opérations de change, jouissant de relations de correspondant bancaire, entre autres, à Londres et à New York.

La Banque Impériale du Canada sur la rue Wellington à Ottawa, décorée pour une visite royale en septembre 1901.
Une succursale de la Banque Canadienne de Commerce à Galt, en Ontario, en juillet 1910.

Quant à la deuxième banque d’origine, soit la Banque Impériale du Canada, elle est créée en 1874 par Henry Start Howland, ancien vice‑président de la Banque Canadienne de Commerce. Dans un effort d’expansion vers l’ouest, sa première succursale à l’extérieur de l’Ontario ouvre à Winnipeg en 1880. Puis, ce développement se poursuit en 1886 lorsqu’une succursale ouvre ses portes à Calgary – la première banque à charte de cette ville.

Avec la croissance rapide du Canda, les deux banques élargissent leur réseau de succursales, de dépositaires et de services de prêts commerciaux. Durant cette période d’expansion, la Banque Canadienne de Commerce bénéficie beaucoup de la nomination de George Cox comme président en 1890. Celui‑ci intègre souvent les affaires de la banque à celles de ses autres intérêts financiers, y compris dans la Canada‑Vie, L’Impériale, la firme Central Canada Loan and Savings, la Trust National, la société A.E. Ames & Company et la Dominion Securities. Cette intégration hisse la Banque Canadienne de Commerce au premier rang en matière de prêts commerciaux.

En 1901, la Banque Canadienne de Commerce acquiert la Banque de la Colombie‑Britannique avec ses 11 succursales et, ensuite, la Banque de Halifax en 1903 et la Banque d’affaires de l’Île‑du‑Prince‑Édouard en 1906. Elle poursuit en fusionnant avec la Banque des Cantons de l’Est (établie à Sherbrooke, au Québec) en 1912, ajoutant ainsi quelque 100 bureaux à travers le Canada.

Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale a un impact significatif sur la Banque Canadienne de Commerce. À l’aide de ses diverses entités financières, y compris la Banque Canadienne de Commerce, le président bancaire George Cox finance l’expansion agressive du chemin de fer Canadien du Nord en émettant des obligations. Le déclenchement de la guerre affecte négativement l’industrie ferroviaire au Canada et, par conséquent, l’énorme dette des chemins de fer du pays. On s’inquiète vivement des répercussions de cette situation sur la Banque Canadienne de Commerce. En réponse, le gouvernement du Canada entame la nationalisation du Chemin de fer Canadien du Nord (ainsi que des compagnies du Grand Trunk, de l’Intercolonial et du National Transcontinental) pour former les Chemins de fers nationaux du Canada en 1919, rachetant ainsi les actionnaires (y compris la banque) et assumant leurs obligations de dette. (Voir aussi Histoire du chemin de fer.)

Entre‑deux‑guerres

Dans l’après‑guerre, le développement industriel du Canada assure la prospérité des deux banques. La Banque Canadienne de Commerce maintient sa stratégie de croissance par acquisition lorsqu’elle achète la banque privée la plus prospère du Canada à l’époque, la Banque Alloway et Champion de Winnipeg, en 1919. Elle achète ensuite la Banque de Hamilton, avec ses 145 succursales, en 1924, puis la Banque Standard, avec ses 243 succursales, en 1928. Par opposition, la Banque Impériale du Canada prend de l’expansion en multipliant ses propres succursales partout au pays, demeurant donc une banque beaucoup plus petite.

L’un des événements les plus sensationnels de l’époque se produit lorsque la Banque Canadienne de Commerce et la Trust National, entre autres, reprennent la British Empire Steel Corporation à Sydney, en Nouvelle‑Écosse, parce que la compagnie et ses compagnies constituantes manquent à leurs obligations de remboursement de prêt à leurs créanciers. Le rachat suit des conflits de travail qui surviennent dans les années 1920. Les créanciers réorganisent la compagnie pour former la Dominion Steel and Coal Corporation.

Au début de la crise des années 1930, les activités bancaires ralentissent considérablement au Canada. Cependant, affichant une stabilité remarquable, la Banque Canadienne de Commerce entreprend la construction de son nouveau siège social, un édifice de 34 étages à Toronto. Il ouvre ses portes en 1931 et sera, jusqu’en 1962, le plus haut bâtiment du Commonwealth britannique.

Milieu du 20e siècle

La Banque Canadienne de Commerce et la Banque Impériale du Canada participent toutes les deux au financement public de la Deuxième Guerre mondiale en vendant des emprunts de la Victoire à leurs clients. Alors que l’économie canadienne se remet de la guerre, les deux banques poursuivent leur croissance.

Cette croissance ralentit pour toutes les banques dans les années 1950 à cause de la concurrence soutenue d’autres institutions financières au Canada. La part des actifs financiers du pays appartenant aux banques à charte diminue de 42 % à 32 % entre 1950 et 1960.

La Banque Impériale du Canada compense cette baisse en fusionnant avec la Banque Barclays du Canada, plus petite qu’elle, en 1956. Ensuite, afin d’éviter lui‑même une prise de contrôle étrangère, le président de la Banque Impériale du Canada propose une fusion à la Banque Canadienne de Commerce. Lorsqu’elle est réalisée en 1961, cette fusion représente la plus grande concernant deux banques à charte de l’histoire canadienne. La nouvelle Banque Canadienne Impériale de Commerce (CIBC) occupe alors le deuxième rang des banques à charte du pays, avec une part de marché d’environ 25 %.

Toutes les banques du Canada sont avantagées par les modifications apportées à laLoi sur les banques, d’abord en 1954, puis en 1967. Les premières modifications permettent pour la première fois aux banques d’émettre des prêts hypothécaires, tandis que les deuxièmes éliminent le plafond du taux d’intérêt de 6 % appliqué aux prêts. En 1963, la CIBC constitue la Kinross Mortgage Corporation pour émettre et gérer son portefeuille hypothécaire croissant.

La CIBC se retrouve aux prises avec des difficultés causées par des prêts irrécouvrables aux entreprises, accordés pendant la période d’inflation de la fin des années 1970 (voir Inflation au Canada). Certaines de ses grandes entreprises clientes ont du mal à gérer leurs dettes alors que les taux d’intérêt augmentent. Par exemple, deux clients en particulier – Massey‑Ferguson et Dome Petroleum – empruntent des sommes importantes et arrivent à peine à payer les intérêts sur ces dettes. Les pertes subies par la banque sont importantes.

Lorsque l’équipe de baseball des Blue Jays de Toronto est fondée en 1977, la CIBC détient une participation de 10 % comme investisseur dans l’organisation. La CIBC est la banque officielle des Blue Jays jusqu’à ce qu’elle vende son intérêt propriétaire en 2000.

Fin du 20e siècle et début des années 2000

En 1987, le gouvernement fédéral et celui de l’Ontario modifient leur législation pour permettre aux banques de posséder une participation dans les maisons de courtage de valeurs mobilières (voir Actions et obligations). La CIBC réagit à ce changement en achetant une participation de 65 % dans l’une des maisons de courtage de valeurs mobilières canadiennes les plus vieilles et les plus grandes, Wood Gundy (établie en 1905), en juin 1988, pour 190 millions de dollars. L’organisation est rebaptisée CIBC Wood Gundy en 1994 et formera la base de l’unité des marchés financiers de la banque.

La CIBC acquiert Merrill Lynch Canada en 1990 et la fusionne à sa filiale Wood Gundy. Cela fait de Wood Gundy la maison de courtage de valeurs mobilières la plus importante au Canada.

La banque fait sa première incursion dans le secteur de la gestion de l’actif quand elle achète une participation de 55 % dans le TAL Investment Counsel de Montréal en 1994. Elle achète l’intérêt résiduel en 2001 et rebaptise l’opération la Gestion des avoirs CIBC. Aujourd’hui, cette branche de la banque gère ses actifs de fonds commun de placement et les actifs de clients privés et d’institutions.

En 1997, la chaîne d’épiceries Les Compagnies Loblaw limitée établit une coentreprise avec la CIBC pour créer les Services financiers le Choix du Président, une division à faible coût de services bancaires directs de la CIBC. Les transactions bancaires seront effectuées en ligne, par téléphone ou à des GAB ou des kiosques avec préposé situés dans les épiceries. Cette initiative réussie représente l’introduction au Canada des services bancaires via Internet et hors succursale. En 2017, Loblaw met fin au partenariat et CIBC en profite pour créer Simplii Financial, un service bancaire en ligne qui permet d’absorber plus de deux millions de comptes PC.

En 1996, la CIBC entre en partenariat avec la Banque Mellon, basée aux États‑Unis, pour former la CIBC Mellon, qui offre des services d’actifs financiers aux entreprises clientes et aux institutions canadiennes. La CIBC Mellon demeure l’une des plus importantes organisations de services d’actifs institutionnels au Canada.

Afin d’accroître sa présence dans la banque d’investissement états‑unienne, la CIBC acquiert la maison de courtage new‑yorkaise Oppenheimer & Co. en 1997. Cette dernière est intégrée aux Marchés des capitaux CIBC.

En 1998, la Banque Royale du Canada et la Banque de Montréal étonnent tout le monde lorsqu’elles annoncent leur intention de fusionner. Pour rester concurrentielles, la Banque Toronto‑Dominion et la CIBC annoncent, trois mois plus tard, leur intention de fusionner si le gouvernement fédéral donne son approbation. En décembre 1998, le ministre des Finances annule les deux fusions parce qu’elles ne seraient pas dans l’intérêt fondamental des Canadiens, étant donné que la création de deux grandes banques limiterait la compétition et augmenterait le risque bancaire (voir Activités bancaires au Canada).

La CIBC Wood Gundy se maintient en tant que la maison de courtier en placements la plus grande du pays lorsqu’elle achète, une fois encore, les activités canadiennes de détail de la firme états‑unienne Merrill Lynch Canada pour environ 409 millions de dollars en 2001. (La CIBC avait acheté les activités canadiennes de Merrill Lynch en 1990, après quoi Merrill Lynch s’est réintroduite sur le marché canadien en 1998 en achetant Midland Walwyn Inc.)

Vers la même époque, la banque mute les membres de la direction des Marchés des capitaux CIBC à la direction de la banque. John Hunkin, chef des Services bancaires aux entreprises, de la Banque d’investissements et des Marchés des capitaux de CIBC, est nommé président‑directeur général. La banque entame une expansion agressive de ses activités de crédit aux entreprises et de financement par le biais de son unité Marchés des capitaux CIBC, surtout aux États‑Unis. Cette stratégie nuit considérablement à la banque lorsque plusieurs de ses clients états‑uniens notables rencontrent des difficultés financières. Le premier est l’Enron Corporation lorsqu’il s’avère, en 2001, que l’ensemble de la compagnie établit frauduleusement sa situation financière. Certains investisseurs poursuivent la CIBC, affirmant que la banque aurait dû découvrir la fraude plus tôt. La fraude d’Enron coûte finalement 2,4 milliards de dollars américains à la CIBC dans un règlement judiciaire en 2005. Cette crise est immédiatement suivie par la faillite, en 2002, de la compagnie de télécommunications Global Crossing, une autre compagnie dont la CIBC a financé la croissance. Lorsque le Global Crossing s’écroule, il s’agit de la quatrième faillite la plus grande de l’histoire américaine.

Afin de stabiliser les opérations, la CIBC émet de nouvelles actions au public et rationalise ses opérations. Avec le temps, le milliardaire hongkongais Li Ka‑Shing devient le plus grand actionnaire minoritaire de la banque jusqu’à ce qu’il vende sa participation capitalistique de 4,9 % en 2005 pour 1,2 milliard de dollars.

En 2002, la CIBC réfléchit à une fusion avec la grande compagnie d’assurances canadienne Financière Manuvie. Cependant, les discussions ne se poursuivent pas longtemps, puisqu’il est pris pour acquis que le gouvernement fédéral n’approuvera pas l’entente, tout comme il n’a pas approuvé la proposition de la CIBC de fusionner avec la Banque Toronto‑Dominion en 1998. Contrairement à certaines banques à charte concurrentes, la CIBC ne s’est pas intégrée dans le domaine des assurances, ni par acquisition ni en établissant sa propre filiale.

Pour se défendre contre la concurrence, la banque commence à se retirer de son agressive stratégie de services bancaires d’investissement. Elle vise plutôt les services bancaires de détail afin de réduire son risque opérationnel global. En 2007, elle vend sa participation capitalistique de la maison de courtage états‑unienne Oppenheimer & Co.

Activités courantes

Alors que la CIBC se stabilise, elle cherche d’autres domaines commerciaux où croître. En 2010, elle achète le portefeuille de cartes de crédit Canadian Mastercard du Citigroup new‑yorkais pour 2,1 milliards de dollars. En 2011, elle acquiert une participation de 41 % dans la compagnie de gestion d’actifs basée aux États‑Unis American Century Investments, ainsi que les 112 milliards de dollars américains gérés par celle‑ci. Cependant, la CIBC vend par la suite cette participation en 2015. Bien que cette transaction génère un profit de 150 millions de dollars américains pour la banque, les investisseurs se demandent quelle stratégie la banque poursuit pour faire grandir le secteur de la gestion de patrimoine.

En 2014, la CIBC finalise, pour 210 millions de dollars américains, l’achat d’Atlantic Trust, une firme de gestion de patrimoine fonctionnant dans 12 villes états‑uniennes au service des personnes à valeur nette élevée, des fondations et des fonds de dotation. Cette transaction rapproche la banque de son objectif d’accroître la Gestion des avoirs à 15 % de ses revenus globaux.

En 2016, la CIBC dévoile sa nouvelle stratégie de croissance lorsqu’elle annonce son expansion vers le secteur bancaire états‑unien avec la conclusion d’une entente de 3,8 milliards de dollars américains pour acheter la PrivateBancorp, basée à Chicago. Cette transaction apporte 24 succursales situées dans 12 états, ainsi que 17,7 milliards de dollars américains en actifs. Cette percée dans les activités bancaires internationales vise à diversifier l’exposition financière de la CIBC et de réduire son risque opérationnel, dans la mesure où les revenus états‑uniens doublent à 10 % du revenu total de la banque, avec comme but futur de les faire atteindre 25 %. L’année suivante, la CIBC rebaptise 36 de ses succursales et bureaux de services bancaires commerciaux CIBC Bank USA.

CIBC met au point Simplii Financial en 2017, un service bancaire en ligne autrefois géré en collaboration avec PC Finance, qui a depuis fait le choix de quitter le domaine bancaire. Cinq ans plus tôt, Banque Scotia avait fait l’acquisition de ING Direct pour 3,1 milliards de dollars et l’avait rebaptisé Tangerine, un service bancaire en ligne qui comptait plus de deux millions d’utilisateurs en 2017. La création de Simplii Financial par CIBC mène à la création de plus de deux millions de comptes, lui permettant de faire compétition à Tangerine, offert par Banque Scotia.

Le 8 janvier 2018, la CIBC annonce son acquisition de la Wellington Financial, une société de prêts dont le siège social est situé à Toronto et qui possède des bureaux dans les États de New York et de la Californie. Établie en 2000, Wellington Financial investissait surtout dans des entreprises technologiques qui avaient bien franchi leur stade de démarrage. Le président‑directeur général de la société Mark McQueen est alors nommé directeur général de la CIBC Innovation Banking, une nouvelle division de la banque. Cette dernière offre des conseils stratégiques et du financement à des clients du secteur de la technologie.


Liens externes