Bathurst

Bathurst, Nouveau-Brunswick, constituée en tant que ville en 1966; population : 11 897 habitants selon le recensement de 2016; 12 275 habitants selon le recensement de 2011. La ville de Bathurst au Nouveau-Brunswick est située en bordure du Havre de Bathurst, un estuaire où la rivière Nepisiguit rejoint la baie des Chaleurs. Bathurst est le centre administratif, commercial, culturel et éducatif du Nord-Est du Nouveau-Brunswick. La ville fait partie, conjointement avec les municipalités de Beresford, Nigadoo, Petit-Rocher, Pointe-Verte et Belledune, de la Commission de services régionaux Chaleur. Elle est située à proximité de la Première Nation de Pabineau.

Bathurst, Nouveau-Brunswick, constituée en tant que ville en 1966; population : 11 897 habitants (le recensement de 2016), 12 275 habitants (le recensement de 2011)

Colonisation

Appelée tout d’abord Nepisiguit, puis St. Peters, la ville est baptisée Bathurst en l’honneur du comte Henry Bathurst, troisième comte Bathurst, alors secrétaire d’État aux colonies pour le gouvernement britannique.

La ville actuelle est construite sur un site ayant, dans le passé, accueilli un campement d’été de la Première Nation Mi’kmaq. De fait, le nom original de la ville, Nepisiguit, vient du mot mi’kmaq winpegijawik qui signifie « eaux agitées ». Jacques Cartier est le premier Européen à pénétrer dans la région en 1534. Constatant la chaleur de ses eaux, il baptise la baie qu’il découvre baie des Chaleurs.

Les premiers colons à s’installer de façon permanente en bordure de la baie des Chaleurs sont les missionnaires récollets arrivés de France en 1619. Bathurst est officiellement fondée en 1652 par Nicolas Denys, alors gouverneur de l’Acadie; mais le site, qui héberge son quartier général, est abandonné après sa mort en 1688. Des Acadiens en provenance de l’actuelle Nouvelle-Écosse, dépossédés de leurs terres, constituent le groupe suivant à coloniser la région en 1755 (voir l’article Histoire de l’Acadie).

En 1768, le commodore George Walker, un marchand anglais, crée dans la région une entreprise de traite de fourrures, de pêche et de construction de navires qui connaît un grand succès et qui l’amène à superviser les activités commerciales dans toute la baie des Chaleurs. Pendant la période où il réside dans la ville qui s’appelle alors Nepisiguit, George Walker fait office de juge de paix pour les colons des environs; dans le cadre de ses fonctions, il s’occupe des mariages et des enterrements ainsi que de la résolution des conflits entre les Mi’kmaqs, les Acadiens et les Britanniques. Le commodore Georges Walker décède soudainement en Angleterre en 1777. En 1778, durant la Révolution américaine, des corsaires américains détruisent Nepisiguit, l’avant-poste fortifié créé par Georges Walker.

Essor économique

La région de Bathurst présente de nombreuses zones boisées épaisses dotées de multiples plans d’eau. En raison de ces caractéristiques, la construction navale, l’exploitation forestière et les scieries constituent, durant le XIXe siècle, la base de l’économie locale lorsque la collectivité émerge à nouveau en tant que centre commercial régional. L’agriculture et la pêche demeurent au centre des activités des colons des communautés rurales entourant la ville.

Les mines de fer de Bathurst sont en activité de 1907 à 1913. Toutefois, c’est le secteur des pâtes et papiers qui domine l’économie locale durant les premières décennies du XXe siècle. La société Bathurst Power and Paper Company ouvre la première usine de pâte en 1914. Elle devient rapidement l’employeur le plus important de Bathurst et apporte la prospérité à la région dans son ensemble. En 1923, l’usine étend ses activités à la fabrication du papier. En 1968, l’entreprise est rachetée par Consolidated-Bathurst Ltd. L’usine continue à fonctionner sous le nom de son nouveau propriétaire jusqu’à ce que Smurfit-Stone Container Corp. la rachète en 1989. Lorsqu’elle arrête ses activités en 2005, l’entreprise emploie plusieurs centaines de personnes.

Centre-ville de Bathurst, Nouveau-Brunswick
(avec la permission de la Ville de Bathurst).
Bathurst, Nouveau-Brunswick
(avec la permission de la Ville de Bathurst).

Dans les années 1960, l’extraction des métaux de base supplante le secteur des pâtes et papiers comme moteur de l’économie locale. La découverte, en 1953, d’importants dépôts de plomb et de zinc dans les environs stimule plus encore l’essor économique de la ville. Brunswick Mine lance la production en 1964 et devient rapidement l’une des entreprises de ce type les plus importantes et les plus profitables au monde. Il s’agit également du plus gros employeur privé du Nord du Nouveau-Brunswick. Lorsque la mine ferme 50 ans plus tard, en 2013, elle a employé plus de 7 000 personnes, dont 700 durant sa dernière année de fonctionnement.

Paysage urbain

Outre des zones de forêt boréale dense, Bathurst est entièrement entourée de nombreux plans d’eau fraîche et d’eau salée. Quatre rivières se jettent dans le havre de Bathurst : la rivière Nepisiguit, la Petite et la Moyenne rivière Nepisiguit et la rivière Tetagouche. Outre les rivières qui coulent sur son territoire, Bathurst héberge également la plage Youghall en bordure de la baie des Chaleurs, une destination touristique et une zone de villégiature d’été très prisées.

Bathurst, Nouveau-Brunswick
(avec la permission de la Ville de Bathurst).

L’Hôpital régional Chaleur dessert une vaste région géographique et constitue un important employeur de la région. La ville abrite des écoles élémentaires et secondaires anglophones et francophones ainsi que le campus Bathurst du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) francophone.

Population

À l’origine, la région Chaleur était habitée par des Acadiens francophones et par des anglophones résidant au sein de collectivités qui étaient, pour l’essentiel, séparées les unes des autres. Les collectivités francophones étaient situées sur la côte amont de la baie, au nord de la ville, et les collectivités anglophones sur la côte aval de la baie, à l’est de la ville. Aujourd’hui, dans un contexte où les barrières géographiques et culturelles entre les deux groupes linguistiques ne cessent de s’atténuer, le bilinguisme est de plus en plus présent. Selon le recensement de 2011, environ 62 % des résidents de Bathurst sont bilingues. L’anglais est la première langue de 47 % des citoyens de la ville et le français celle de 49,3 % d’entre eux, 1,6 % ayant mentionné une autre langue comme langue maternelle.

Économie et emploi

Dans un contexte de désindustrialisation, Bathurst a entrepris une transition d’une économie traditionnellement dominée par l’agriculture et l’exploitation des ressources naturelles vers des activités de services. Plus de 190 000 résidents du Nord du Nouveau-Brunswick comptent sur Bathurst pour magasiner, se soigner, se former et se divertir. Le tourisme constitue un moteur de l’économie locale, en hiver, grâce à des pistes de motoneige de calibre mondial, en été, grâce aux eaux tempérées de la baie des Chaleurs et en toutes saisons, grâce à la proximité des attractions culturelles de la péninsule acadienne.

Certaines mines étant toujours en activité, le secteur primaire continue à jouer un certain rôle dans l’économie contemporaine de Bathurst, quoiqu’à une moindre échelle que dans le passé. Le port de Belledune dont les activités ont débuté en 1968 a été agrandi en 1995, 1998 et 2010. Il accueille, 365 jours par an, des installations de transport maritime modernes permettant la liaison entre l’Amérique du Nord et les marchés commerciaux européens.

Transport

La ville de Bathurst constitue un nœud du réseau de transport du Nord du Nouveau-Brunswick. Situées sur la Transcanadienne, Bathurst et la région Chaleur sont desservies par l’aéroport régional de Bathurst, par les compagnies ferroviaires VIA Rail et CN ainsi que par les lignes d’autobus de la compagnie Maritime Bus.

Communications

Bathurst est dotée d’un hebdomadaire régional d’actualité, Northern Light, propriété de Telegraph-Journal. Son équivalent francophone, L’Acadie Nouvelle, est publié dans la ville voisine de Caraquet.

Vie culturelle

Le Centre régional K.C. Irving, construit en 1996, est un centre polyvalent de loisirs et de divertissement desservant la région Chaleur. Il accueille également une franchise de la Ligue canadienne de hockey, le Titan d’Acadie-Bathurst. En 2018, le Titan remporte la Coupe Memorial pour la première fois de leur histoire. Le Gowan Brae Golf et le Country Club ont accueilli plusieurs championnats nationaux de golf. Conjointement avec Campbellton, Bathurst a co-organisé, en 2003, les Jeux d’hiver du Canada

Sir James Dunn, industriel et financier, Herman J. Good (1887-1969), décoré de la Croix Victoria lors de la Première Guerre mondiale et Charlie Chamberlain, chanteur et auteur de chansons pour le groupe Don Messer and His Islanders, sont tous nés à Bathurst, tout comme les pionniers du cinéma Sam et Joe De Grasse. Joe (1873-1940) est devenu un réalisateur à succès à Hollywood et Sam (1875-1953) a joué dans plus de 100 films, notamment dans le controversé Birth of a Nation sorti en 1915.