« Beartrap » (Dispositif d’appontage et d’arrimage rapide d’hélicoptère)

Le dispositif d’appontage et d’arrimage rapide d’hélicoptère (DAARH), familièrement appelé « beartrap » (piège à ours), est une innovation canadienne conçue dans les années 1960 afin de permettre l’utilisation sécuritaire d’hélicoptères à partir de vaisseaux de la taille d’un destroyer. Il équipe aujourd’hui toutes les frégates canadiennes. Le DAARH a révolutionné les opérations héliportées en mer et a été adopté par d’autres marines.

Le dispositif d’appontage et d’arrimage rapide d’hélicoptère (DAARH), familièrement appelé « beartrap » (piège à ours), est une innovation canadienne conçue dans les années 1960 afin de permettre l’utilisation sécuritaire d’hélicoptères à partir de vaisseaux de la taille d’un destroyer. Il équipe aujourd’hui toutes les frégates canadiennes. Le DAARH a révolutionné les opérations héliportées en mer et a été adopté par d’autres marines.


Sea King et DAARH

Développement et mise en service

Les porte-avions (comme le HMCS Bonaventure) demeurent relativement stables même dans une mer agitée, mais ce n’est pas le cas des vaisseaux plus petits, où le roulis et le tangage rendent l’appontage ou le décollage d’aéronefs extrêmement difficiles et dangereux. D’un autre côté, les hélicoptères se sont révélés très efficaces pour la lutte anti-sous-marine, une des priorités de la Marine royale canadienne (MRC) pendant la Guerre froide. C’est pourquoi la marine a commencé à explorer la possibilité d’embarquer des hélicoptères à bord de sa nouvelle classe de destroyers (voir Destroyers d’escorte de classe St. Laurent). À partir des années 1950, l’Escadron expérimental VX 10, basé à Shearwater, commence à travailler en collaboration avec Fairey Aviation Ltd., de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, pour mettre au point une solution. Le fruit de ces efforts est le DAARH, ou « beartrap ».

En 1963, un prototype est testé sur le NCSM Assiniboine, et le premier appontage d’un hélicoptère Sea King se déroule en décembre 1963. En 1967, le NCSM Nipigon devient le premier destroyer porte-hélicoptère opérationnel de la Marine canadienne. Par la suite, le beartrap est installé sur toutes les frégates et tous les destroyers canadiens. Le dispositif est aussi adopté par des marines alliées partout dans le monde, notamment celles de l’Australie, des États-Unis et du Japon.

Diagramme schématique du DAARH.

Fonctionnement

Le beartrap/DAARH permet aux hélicoptères de se poser de se façon sécuritaire sur le pont de vaisseaux de guerre relativement petits, même quand la mer est agitée. L’hélicoptère se positionne au-dessus du pont et laisse tomber une ligne jusqu’au navire. Sur le pont, des membres d’équipage attachent la ligne à un câble d’appontage qui est relié, à travers l’ouverture de la trappe, à un treuil fixé au bateau sous le pont. Le câble d’appontage est ensuite hissé jusqu’à l’hélicoptère et fixé à celui-ci. Une fois sécurisé, aucun membre d’équipage n’est nécessaire sur le pont. Le câble d’appontage tire lentement l’hélicoptère, le guidant vers le DDARH. Les mâchoires du dispositif se referment sur le sabot principal de l’hélicoptère afin de le maintenir en place. La queue de l’hélicoptère est fixée par un deuxième sabot. Le dispositif peut être utilisé pour déplacer l’hélicoptère jusqu’au hangar, où il est protégé contre les éléments.