Bloc populaire canadien

Le Bloc populaire canadien est un parti politique anti-conscriptioniste et nationaliste des années 1940. Il a participé aux élections fédérales et aux élections provinciales au Québec. Le Bloc a connu des succès électoraux mineurs, mais vers 1948 son influence a diminué de façon drastique et il est disparu.

Le Bloc populaire canadien est un parti politique anti-conscriptioniste et nationaliste des années 1940. Il a participé aux élections fédérales et aux élections provinciales au Québec. Le Bloc a connu des succès électoraux mineurs, mais vers 1948 son influence a diminué de façon drastique et il est disparu.


Henri Bourassa

Origine politique et plateforme

Le Bloc populaire canadien est fondé en 1942 par un groupe de Canadiens français nationalistes en réaction à un amendement de la Loi sur la mobilisation des ressources nationales. Cet amendement autorise la conscription pour service militaire outremer pendant la Deuxième Guerre mondiale, un changement de politique qui trahit la promesse électorale faite au Québec par le Parti libéral de William Lyon Mackenzie King en 1939. Pour se libérer de son engagement, Mackenzie King organise au début de 1942 un plébiscite national – essentiellement, un vote référendaire non contraignant. L’issue du vote est que la plus grande partie du Canada, sauf le Québec, soutient la décision de King de permettre la conscription.

Inspiré par Henri Bourassa et dirigé par Maxime Raymond, le Bloc est un parti nationaliste résolument canadien. Le parti promeut l’indépendance du Canada et sa neutralité, l’autonomie provinciale et l’égalité entre Canadiens anglais et français. Il préconise aussi une moindre intervention de l’État dans la vie économique et sociale. Dans sa plateforme, le Bloc met de l’avant une économie coopérative et des réformes basées sur la famille, comme une assurance-maladie provinciale.

Les membres fondateurs du Bloc proviennent d’un éventail de milieux politiques. Maxime Raymond est député libéral, mais d’autres membres proviennent de l’Action libérale nationale et de l’Union nationale. Parmi les membres très connus, on trouve André Laurendeau, qui co-présidera la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme dans les années 1960, ainsi que le futur maire de Montréal Jean Drapeau.

Poster of Jean Drapeau as candidate for the Bloc populaire canadien, 1944

Succès politique limité

Dirigé au niveau provincial par André Laurendeau, le Bloc populaire est un troisième parti distinct dans la législature québécoise. Dans l’élection de 1944, il ne parvient à élire que quatre candidats à l’Assemblée nationale. Il obtient néanmoins 14,4 % des voix, ce qui est considérable pour un nouveau parti. Sans doute en raison de l’insuccès électoral, André Laurendeau démissionne en tant que chef du parti en 1947. Le parti ne participe pas à l’élection provinciale subséquente, en 1948.

Comme au niveau provincial, le Bloc ne connaît qu’un succès limité sur la scène fédérale. Le parti n’obtient jamais plus qu’une poignée de sièges à la Chambre des communes. À la dissolution du Parlement, le 30 avril 1949, le Bloc populaire a cessé à toute fin pratique d’exister.