Canadian Women's Press Club

Le Canadian Women's Press Club (CWPC) est fondé en juin 1904 dans un wagon de luxe du Canadien Pacifique par 16 femmes (moitié anglophones, moitié francophones) qui voyagent ensemble à l’exposition universelle de Saint Louis.

Kathleen Coleman, chroniqueuse
Kit Coleman est l'une des premières femmes journalistes du Canada (avec la permission du \u00ab Globe and Mail \u00bb).
McClung, Nellie
Nellie McClung fait avancer la cause du féminisme de son temps et reconnaît la nécessité de l'indépendance économique des femmes (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-30212).
Madeleine (Anne-Marie Huguenin)
Université de Montréal, Division des archives, IFP,00539.
Membres fondatrices du Canadian Women
Canadian Women
Premier groupe régional, Edmonton, Alberta. De gauche à droite : P.J. Deachman, Gordon, E. Baker, Stewart, A.M. Derrett, M. Gellis, J.M. Shark, M.B. McLaren; M. O'Connor, M. Seymore, E. Murphy, D. Nimnions (?), K. Murphy; E. Kells, E. Price, Wilson, E. Bagnall, B. Kingsbury, Russell; MGarnett, E. Griffis, H. Aslebrock (Bibliothèque et Archives Canada, PA-138982).

Le Canadian Women's Press Club (CWPC) est fondé en juin 1904 dans un wagon de luxe du Canadien Pacifique par 16 femmes (moitié anglophones, moitié francophones) qui voyagent ensemble à l’exposition universelle de Saint Louis. Toutes ces femmes, sauf une, sont journalistes qui font des reportages sur l’exposition. Le CWPC offre aux femmes journalistes du soutien et du développement professionnel dans leur mission « de maintenir et d’améliorer le statut du journalisme comme profession pour femmes ».

Femmes dans la presse

Au tournant du XXe siècle, les femmes sont sur le point d’utiliser le droit de voter pour exercer de l’influence en politique. Certaines femmes s’expriment déjà en rédigeant plusieurs sortes de publications. Pendant cette période, les femmes ne constituent que 18 % de la main-d’œuvre, moins de 60 femmes sont identifiées comme journalistes dans le recensement canadien de 1901 (voir Recensements). Mais les femmes journalistes ont du succès, car les agents publicitaires apprennent la valeur de ce qu’on appelle maintenant « adjacence », des annonces pour des produits et des services qu’on met à côté des chroniques et des articles écrits par des femmes écrivaines et qui présentent de l’intérêt pour les femmes lectrices prenant la plupart des décisions d’achat du ménage. C’est un groupe de ces femmes écrivaines qui créent le Canadian Women’s Press Club en 1904.

Les journalistes féminines de l’époque écrivent pour la société ou des pages « pour femmes » de différentes publications. Sur ces pages, on trouve des poèmes, des recettes, des « conseils pour la maison, des rapports des associations paroissiales » et des entrefilets de femmes chroniqueuses, comme Margaret « Miggsy » Graham du The Halifax Herald.

Élevée par une mère seule dans une région rurale de la Nouvelle-Écosse, Margaret Graham commence sa carrière comme enseignante avant de se lancer dans le journalisme vers la fin du XIXe siècle, quand elle commence à écrire pour The Halifax Herald. Après avoir eu un poste de correspondante à Ottawa, elle écrit sur la législation fédérale concernant les femmes (et les femmes d’hommes politiques) pour le Herald.

Création

En juin 1904, Margaret Graham rencontre George Henry Ham, un responsable de publicité du Chemin de fer du Canadien Pacifique (CFCP) à la gare Windsor à Montréal. Margaret Graham se présente à lui « de manière cyclonique », écrit-il dans ses mémoires, en lui demandant pourquoi le CFCP prend des hommes pour toutes sortes de voyages, tandis que les femmes sont « traitées de manière minable ». Margaret Graham lui rappelle que les femmes journalistes ont du lectorat fidèle et solide. Donc, cela bénéficierait au CFCP (et cela pourrait être bien pour les affaires), si le Chemin de fer offrait de transporter les femmes journalistes à l’exposition mondiale. L’exposition universelle de 1904à Saint Louis, au Missouri, est un grand événement. Il coïncide avec le centenaire de l’achat de la Louisiane (pendant lequel les États-Unis achètent des millions d’hectares de terre appartenant à la France dans l’ouest de l’Amérique du Nord), mais aussi l’exposition présente le développement de la culture et de la technologie du tournant du siècle.

George Henry Ham trouve l’argument de Margaret Graham convaincant et lui dit que si elle trouve une douzaine de correspondantes (ayant des postes rémunérés), il les transportera à Saint Louis. Avec l’aide de l’assistante de George Henry Ham, Kate Simpson Hayes (aussi chroniqueuse au Manitoba Free Press), et de la journaliste francophone Robertine Barry, qui écrit sous le pseudonyme de Françoise dans Le Journal de Françoise, Margaret Graham réussit à trouver 16 femmes intéressées.

Le voyage commence le 16 juin, quand 11 femmes arrivent à la gare Windsor pour embarquer dans une voiture-lit Pullman toute neuve du Canadien Pacifique. Encore cinq femmes embarquent le long du chemin vers Saint Louis. Seulement la moitié des femmes du Québec sont des écrivaines à réputation établie. La plupart d’elles entreprennent ce voyage pour lancer leurs carrières en journalisme avec des publications liées à des partis politiques. Celles qui embarquent à Toronto sont les représentantes de The Mail and Empire (voir Globe and Mail), de The Evening Telegram et de la revue Saturday Night.

Le groupe arrive à Saint Louis le 18 juin, en matinée. Les responsables gouvernementaux les accueillent avec chaleur et donnent à chacune un laissez-passer de presse. Kathleen « Kit » Coleman, Grace Denison et Robertine Barry ont déjà fait des reportages sur des expositions universelles, donc elles partagent leur expérience avec leurs collègues. Marie Beaupré écrit : « À partir de ce matin, nous avons apprécié l’avantage de faire partie de la presse; toutes les portes et toutes les barrières ont été ouvertes pour nous ». Leur premier arrêt est le pavillon canadien où elles trouvent leur propre salle de séjour bien équipée et un opérateur de télégraphe pour leurs envois.

Les journalistes font des reportages sur ce que l’exposition offre tout le long de leur séjour. Elles partent de Saint Louis le jeudi 21 juin et elles font un arrêt à Chicago sur le chemin du retour.

Le CWPC est fondé en train, mais les participantes ne sont pas sures si elles le créent sur le chemin vers Saint Louis ou sur le chemin du retour. Quoi qu’il en soit, Kathleen « Kit » Coleman annonce à ses lecteurs que le club est créé dans un esprit de « camaraderie ».

Développement

Kit Coleman, une des premières correspondantes de guerre, devient la première présidente du Club. C’est elle qui couvre la guerre hispano-américaine.

Les premières rencontres du CWPC au Canada ont lieu à Winnipeg en juin 1906. Cent femmes y sont invitées, mais seules quarante-quatre viennent. Le CWPC organise des rencontres chaque année jusqu’en 1910, quand, pendant la rencontre ayant lieu à Toronto, ses membres décident de se retrouver tous les trois ans. Leur nombre continue d’augmenter. En 1913, le CWPC a 219 membres; en 1920, on en compte 277; en 1946, 391; en 1949, 437. En 1968, le CWPC atteint le nombre maximal de ses membres, on en compte 680.

Le club ne comprend d’abord que des chroniqueuses de journaux et de revues, puis il s’élargit pour inclure des rédactrices, des rédactrices publicitaires et des pigistes de l’imprimerie. Plus tard, le club admet aussi des écrivaines de la radio, de la télévision et du cinéma. Au fur et à mesure qu’il grandit, il comprend des romancières (Lucy Maud Montgomery, l’auteure de Anne… la maison aux pignons verts, est sa vice-présidente régionale), des nouvellistes, des dramaturges, des poètes et des historiennes. Au cours des années, le club connaît des hauts et des bas. Le nombre de ses membres varie en fonction de l’intérêt du public. On établit quinze succursales régionales du club au Canada.

Impact

Le Canadian Women’s Press Club aide les femmes à faire du progrès en journalisme en leur offrant du mentorat, de la formation et du développement professionnel avant l’apparition des écoles de journalisme. Le club crée des prix avec récompenses en argent et « un fond bénéficiaire » pour des membres avec des difficultés financières.

Plusieurs des premiers membres du CWPC ont une attitude étonnante envers le droit de vote pour femmes. Certaines d’entre elles, commeGrace Denison et Katherine Hughes, se prononcent contre le droit de vote pour femmes. Kit Coleman défend avec vigueur les droits des femmes, mais elle non plus ne fait rien pour promouvoir le droit de vote avant 1910. Plus tard, d’autres membres du club, dont E. Cora Hind, Nellie McClung, Emily Murphy,Helen MacGill, Lillian Beynon Thomas et sa sœur Francis Marion Beynon, mènent une campagne à succès en faveur de l’émancipation des femmes. Certaines de ces femmes ont aussi une carrière en politique et en droit et elles utilisent le journalisme comme moyen pour promouvoir une réforme sociale et obtenir des droits juridiques pour les femmes et les enfants.

Héritage

Le Canadian Women’s Press Club est le premier club de femmes de presse organisé à l’échelle nationale le plus longtemps en activité. Cependant, en juin 1971, ses membres votent pour admettre les hommes au club et pour changer le nom du club pour le Media Club of Canada (maintenant défunt).

En 1975, Lois Graham Horton crée le prix Margaret Graham en l’honneur de sa mère. Chaque année, le prix est accordé à un étudiant en journalisme dans la région d’Ottawa par le Media Club of Ottawa.

En 1994, 13 membres du club entreprennent un voyage commémoratif à Saint Louis pour marquer le 90e anniversaire du Canadian Women’s Press Club. En 2004, un événement spécial nommé « One Hundred Years of Daring (cent ans à oser) » a lieu à Ottawa. Pendant cet événement, le CWPC donne ses documents à la Bibliothèque et Archives Canada et annonce la fin officielle du club. Pendant plusieurs années, le club assure un environnement favorable pour femmes canadiennes en journalisme.

Membres fondateurs

Robertine Barry (écrit sous le pseudonyme de Françoise dans Le Journal de Françoise)

Alice Le Boutillier Asselin (elle n’est pas journaliste elle-même, mais elle est mariée à un journaliste et fondateur de Le Nationaliste, Olivar Asselin)

Marie Beaupré (écrit sous le pseudonyme d’Hélène Dumont dans La Presse)

Kathleen Blake Coleman (écrit sous le pseudonyme de Kit Coleman pour le Mail and Empire)

Mary Adelaide Dawson (écrit sous ses initiales, M.A.D., pour le Evening Telegram deToronto)

Grace Denison (écrit sous le pseudonyme de Lady Gay dans Saturday Night)

Antoinette Gérin-Lajoie (écrit sous ses initiales, A.G.L., pour L’Événement)

Anne-Marie Gleason (écrit sous le pseudonyme de Madeleine dans La Patrie)

Margaret Graham (écrit sous le pseudonyme de M.G. dans The Halifax Herald en 1904)

Kate Simpson Hayes (écrit sous le pseudonyme de Mary Markwell dans le Manitoba Free Press)

Katherine Hughes (écrit sous ses initiales, K.H., pour le Montreal Daily Star)

Cécile Laberge (écrit sous son propre nom dans Le Soleil)

Irene Currie Love (écrit sous le pseudonyme de Nan dans le London Advertiser)

Amintha Plouffe (écrit sous le nom de A. Plouffe dans Le Journal)

Léonise Valois (écrit sous le pseudonyme d’Attala dans Le Canada)

Gertrude Balmer Watt (écrit sous le pseudonyme de Peggy dans le Woodstock Sentinel-Review)