De Havilland Beaver

Le Beaver DHC‑2 de la compagnie de Havilland, aussi connu sous le nom de Beaver (en français « castor »), successeur du Noorduyn Norseman, a longtemps été l’avion de brousse tout usage du Nord canadien. Robuste et fiable, le Beaver est capable de décoller et d’atterrir sur de courtes distances, sur terre, sur l’eau et sur la neige. À l’époque, on l’a qualifié de meilleur avion de brousse jamais construit. Alors que de Havilland ne l’a produit que pendant 20 ans, de 1947 à 1967, de nombreux Beaver volent encore aujourd’hui. Outre son exploitation dans le monde entier, le Beaver permet à de nombreuses collectivités dans des régions éloignées du Canada de rester en contact avec le reste du pays.



de Havilland Beaver
Timbre illustrant le célèbre avion de brousse canadien, le « Beaver », produit par de Havilland

Conception

De Havilland base certains aspects de la conception du Beaver sur les résultats d’un questionnaire envoyé aux pilotes de brousse canadiens en 1946. L’entreprise souhaite construire un avion idéalement adapté au transport dans les régions éloignées du Nord. Dans ce cadre, la compagnie consulte également des as de l’aviation de la Première Guerre mondiale et le pilote de brousse pionnier Clennell Haggerston « Punch » Dickins.

Le résultat est un avion monomoteur, entièrement métallique, avec des ailes placées haut sur le fuselage (le corps de l’avion). Un moteur puissant et un système spécial d’ailes et de volets, conçu par l’ingénieur Richard Hiscocks, lui permettent de décoller et d’atterrir sur de courtes distances. Le Beaver peut aussi être équipé de roues, de flotteurs ou de skis. Il est en mesure de transporter un pilote, six passagers et de lourdes charges. Le directeur de l’avionneur, Phil Garratt, le décrit alors comme « une camionnette volante d’une demi‑tonne ».

Exploitation

Le Beaver vole, pour la première fois, le 16 août 1947. Il est exploité dans les deux régions polaires, dans les déserts africains et sur des terrains d’aviation des Andes en altitude. Il s’avère si précieux en Antarctique qu’un lac, un glacier et une île sont nommés en son honneur. En 1965, quelque 1 600 Beaver sont en service dans 63 pays. Le plus gros client est alors l’armée américaine, qui l’utilise pendant la guerre de Corée.

De Havilland cesse de produire le Beaver en 1967. En 1983, la compagnie vend l’outillage et les dessins de l’avion à Viking Air de Sidney, en Colombie‑Britannique. Viking continue d’offrir des pièces détachées et de l’assistance pour le Beaver. De nombreux Beaver volent encore aujourd’hui, bien qu’il soit courant que ses exploitants les aient modifiés.

Importance

En 1987, la Commission canadienne du centenaire de l’ingénierie nomme le Beaver parmi les dix plus brillantes réalisations canadiennes en ingénierie du 20e siècle.

Plusieurs avions Beaver sont conservés dans les collections de musées du monde entier. Le prototype CF‑FHB est exposé au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada à Ottawa.

En 2019, Harbor Air, une compagnie basée en Colombie‑Britannique, effectue un vol d’essai d’un hydravion Beaver équipé d’un moteur électrique. Il s’agit du premier vol au monde d’un avion commercial entièrement électrique.


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