Désarmement

Depuis le XIXe siècle, les puissances mondiales discutent de désarmement en temps de paix, convaincues de la possibilité d'éviter les guerres par la réduction ou par l'élimination des armes.

Désarmement

Depuis le XIXe siècle, les puissances mondiales discutent de désarmement en temps de paix, convaincues de la possibilité d'éviter les guerres par la réduction ou par l'élimination des armes. Au cours de la DEUXIÈME GUERRE MONDIALE, en raison des bombardements d'agglomérations urbaines et de zones industrielles, qui culminent avec le largage de bombes atomiques au-dessus d'Hiroshima et de Nagasaki au Japon, la guerre entre dans une ère nouvelle. Afin d'assurer un meilleur avenir à l'humanité, de nombreux dirigeants politiques et scientifiques placent alors le désarmement en tête de l'ordre du jour des problèmes à régler.

C'est en 1946, habituellement sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies (ONU), que débutent les négociations visant à prévenir une guerre nucléaire. À l'Assemblée générale de l'ONU de 1959, Nikita Khrouchtchev propose que les nations s'engagent à un désarmement total. Bien que les travaux de plusieurs comités sur le désarmement n'aient pas atteint cet objectif, certaines mesures de « contrôle des armements » ont été adoptées comme l'interdiction partielle des essais nucléaires, en 1963, et le Traité sur la non-prolifération de 1968. Entre-temps, alors que se poursuit la course à la construction de missiles intercontinentaux, les superpuissances décident en 1969, de leur propre chef, d'entreprendre des pourparlers sur la limitation des armes stratégiques. En 1972, un traité, SALT I, entre en vigueur. Un deuxième traité, SALT II, est rejeté par le Sénat américain.

L'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) craint que les pays membres du Pacte de Varsovie (l'URSS et ses alliés de l'Europe de l'Est) détiennent la suprématie en matière d'armes conventionnelles (canons, chars d'assaut, avions d'attaque), ce qui leur permettrait d'envahir l'Europe de l'Ouest et de balayer les forces de défense conventionnelles. Jusque dans les années 70, on pensait que les États-Unis disposaient d'une force supérieure pour ce qui est des bombardiers et des missiles intercontinentaux, de sorte qu'ils pourraient prévenir toute attaque conventionnelle en faisant planer une menace de destruction nucléaire en URSS et chez ses alliés sans risquer de subir des dommages comparables. Toutefois, au cours des années 70, avec les changements qui surviennent dans l'équilibre des arsenaux intercontinentaux, la théorie de la riposte graduelle est élaborée. À une invasion menée avec des forces conventionnelles, on opposerait une riposte localisée, à l'aide d'armes nucléaires tactiques se limitant au théâtre d'opérations. La menace d'une escalade amènerait donc les opposants à suspendre les hostilités.

La participation du Canada à la mise au point de la bombe atomique, lui a valu de prendre part, dès le début, aux négociations entreprises sur le désarmement, se faisant le champion d'un désarmement équilibré et contrôlable de toutes les parties. Mais la liberté d'expression du Canada est limitée par ses contraintes de solidarité avec ses partenaires au sein de l'OTAN. Durant les années 80, les préoccupations du gouvernement, que partagent un nombre croissant de Canadiens, portent sur les risques de destruction globale, sur la portée stratégique d'une guerre nucléaire entre les superpuissances (à cause de la position géographique du Canada) et sur les dégâts éventuels aux écosystèmes fragiles comme l'Arctique, les Grands Lacs et les régions côtières, en cas d'essais d'armes nucléaires ou de guerres. Les conférences internationales sur le contrôle des armements ont lieu jusque vers la fin des années 80. Dans le cadre des négociations entre le président des États-Unis, Reagan, et le dirigeant soviétique, Gorbatchev, un traité prévoyant le retrait éventuel des missiles de portée intermédiaire, est signé le 8 décembre 1987. Il s'agit du premier accord visant à éliminer une catégorie complète d'armes nucléaires. Voir aussi ARMEMENTS, PACIFISME, LIGUE INTERNATIONALE DE FEMMES POUR LA PAIX ET LA LIBERTÉ, MOUVEMENT PACIFISTE.


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