Le Canada et les armes nucléaires

Le Canada a contribué au développement d’armes nucléaires durant la Deuxième Guerre mondiale. Le Canada a également disposé des armes nucléaires durant la Guerre froide. Les Forces armées canadiennes ont été équipées d’ogives nucléaires de 1964 à 1984. Le Canada n’a jamais utilisé d’arme nucléaire dans un mouvement de colère et n’a jamais testé d’arme nucléaire. Le Canada est signataire du Traité de non-prolifération nucléaire et a toujours plaidé en faveur du désarmement. Cependant, le Canada est également protégé par les armes nucléaires américaines en tant que membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), et du North American Air Defense Agreement (NORAD). (Voir aussi Le Canada et les États-Unis.) Le Canada a été le premier pays à renoncer volontairement à ses armes nucléaires.

Voir aussi Le Canada et les armes de destructions massives.  
Le Canada a contribué au développement d’armes nucléaires durant la Deuxième Guerre mondiale. Le Canada a également disposé des armes nucléaires durant la Guerre froide. Les Forces armées canadiennes ont été équipées d’ogives nucléaires de 1964 à 1984. Le Canada n’a jamais utilisé d’arme nucléaire dans un mouvement de colère et n’a jamais testé d’arme nucléaire. Le Canada est signataire du Traité de non-prolifération nucléaire et a toujours plaidé en faveur du désarmement. Cependant, le Canada est également protégé par les armes nucléaires américaines en tant que membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), et du North American Air Defense Agreement (NORAD). (Voir aussi Le Canada et les États-Unis.) Le Canada a été le premier pays à renoncer volontairement à ses armes nucléaires. Voir aussi Le Canada et les armes de destructions massives.  


Une roquette Genie à côté d'un CF-101 Voodoo de l'ARC. Le Genie pouvait être muni d'une charge nucléaire.

Deuxième Guerre mondiale

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, le Royaume-Uni détient le programme d’armes nucléaires le plus développé au monde. En raison de la menace d’invasion nazie et du bombardement de la Grande-Bretagne, le programme nucléaire britannique est transféré au Canada en 1942. Le Canada est déjà, à cette époque, un chef de file important dans l’étude de la physique nucléaire. (Voir Fusion nucléaire.)

Lors de la Conférence de Québec, en août 1943, le programme de recherche nucléaire britanno-canadien fusionne avec son homologue américain, le Projet Manhattan. La contribution du Canada comprend l’approvisionnement et le traitement de l’uranium ainsi que des recherches sur la production du plutonium. Le Canada fournit également des scientifiques en plus des installations de recherche et de production. (Voir Le Canada et le Projet Manhattan.)

La participation du Canada au Projet Manhattan mène au développement de son industrie d’énergie nucléaire. Les réacteurs nucléaires canadiens ont depuis été conçus de manière à ce qu’ils ne puissent être utilisés pour fabriquer des armes nucléaires.

 

Début de la période de la Guerre froide et les Broken Arrow

Les premières armes nucléaires déployées au Canada sont entre 11 et 15 bombes atomiques Mark IV. Ces bombes sont des versions améliorées de la bombe Fat Man utilisée pour détruire Nagasaki en 1945. Ces bombes, ainsi que 43 bombardiers américains à long rayon d’action, sont déployées durant l’été 1950 à la base aérienne de Goose au Labrador. (Voir Happy Valley-Goose Bay; Bases des Forces canadiennes.) Le déploiement de ces armes est tenu secret du public canadien. 

Deux incidents « Broken Arrow » se produisent sur le territoire canadien en 1950. Ces deux incidents impliquent des bombes Mark IV. Le nom « Broken Arrow » est un terme militaire américain qui fait référence à un accident impliquant une arme nucléaire. Le 13 février 1950, un bombardier B-36 américain effectuant un vol de l’Alaska jusqu’au Texas subit des pannes de moteur. Ceci force l’avion à larguer sa bombe près de l’île Princess Royal, en Colombie-Britannique. La bombe s’autodétruit dans une explosion conventionnelle (non nucléaire). L’équipage s’éjecte de l’avion et la plupart d’entre eux survivent. Cependant, l’avion s’écrase sur le mont Kologet. (Voir aussi Rocheuses.)

 

Le saviez-vous ?
À l’époque, la politique sur les armes atomiques était que le noyau de plutonium de ces bombes devait être conservé dans un endroit séparé afin d’éviter une détonation nucléaire accidentelle.

 

Le 10 novembre 1950, un bombardier B-50 Superfortress subit de graves défaillances de moteur. L’équipage largue sa bombe MK IV au-dessus du fleuve Saint-Laurent près de Rivière-du-Loup. La bombe s’autodétruit au-dessus de l’eau. L’explosion propage près de 45 kg d’uranium dans l’air. Ces deux incidents « Broken Arrow » sont gardés secrets. Ils ne deviennent plus largement connus qu’après la Guerre froide.

Les armes nucléaires causent beaucoup de controverse au Canada. Si une guerre nucléaire avait éclaté entre les États-Unis et l’Union soviétique durant les premières années de la Guerre froide, elle aurait probablement eu lieu au-dessus du territoire canadien. Ceci motive les militants antinucléaires et mène à la création de Canadian Voice of Women for Peace. Malgré ceci, le Canada demeure un proche allié des États-Unis, ce pays étant la première puissance nucléaire au monde. Les deux nations coopèrent à la défense de l’Amérique du Nord depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Au début de la Guerre froide, la principale menace vient des bombardiers soviétiques qui sont armés de bombes nucléaires. Afin de se défendre contre cette menace, l’Aviation royale canadienne (ARC) s’équipe d’avions de chasse à haute performance. Ceux-ci comprennent l’intercepteur Avro CF-100 Canuck fabriqué au Canada, et plus tard, le Avro CF-105 Arrow. Le Canada et les États-Unis collaborent également à la construction de plusieurs lignes de radars avancés. Ces lignes s’étendent à travers le pays et l’une d’entre elles, la ligne DEW, est construite dans l’Extrême-Arctique. (Voir Cercle arctique.) Elles peuvent détecter la présence de formations de bombardiers soviétiques avant que celles-ci n’entrent dans l’espace aérien nord-américain. Le radar a constitué l’épine dorsale de la contribution du Canada au NORAD tout au long de la Guerre froide.

 

Guerre froide : MBI, Bomarc et Genie

Dans les années 1960, les missiles balistiques intercontinentaux (BMI) commencent à remplacer les bombardiers pour la livraison d’armes nucléaires. Il est largement reconnu que les BMIs ont rendu les bombardiers et les intercepteurs obsolètes. Ces nouvelles menaces mènent à l’annulation du Avro Arrow

NORAD, un commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (Canada et États-Unis conjointement) est mis en service pour la première fois en 1957, et devient officiel en 1958. Le Canada fait l’acquisition de missiles Bomarc dans le cadre de la stratégie de défense continentale. Le Bomarc est un missile sol-air de première génération qui est guidé vers sa cible par des radars situés au sol. Les missiles Bomarc ont une portée d’environ 700 km et sont efficaces contre des cibles même s’ils explosent jusqu’à un kilomètre de distance. Leurs ogives nucléaires ont une puissance de dix kilotonnes (deux tiers de la puissance de l’arme qui a détruit Hiroshima). 

Au total, 56 missiles Bomarc sont déployés au Canada, et en état de fonctionnement de 1960 à 1972. L’utilisation d’ogives nucléaires pour les missiles Bomarc est extrêmement controversée et cause une crise politique au Canada dans les années 1960. (Voir La crise des missiles Bomarc.

Le premier ministre John Diefenbaker tient des positions contradictoires en ce qui concerne les armes nucléaires. Il s’oppose publiquement à l’utilisation d’armes nucléaires. Cependant, son gouvernement se lance également dans le processus d’acquisition d’armes nucléaires. Il achète des roquettes et des missiles alors que la question des ogives nucléaires est débattue par le public canadien. John Diefenbaker est également mécontent lorsque les Forces armées canadiennes passent à l’état d’alerte élevé durant la crise des missiles cubains de 1962, une décision essentiellement prise par l’armée américaine. John Diefenbaker craint que le Canada ne soit entraîné dans un conflit nucléaire contre son gré. Ces deux crises rendent les relations diplomatiques avec les États-Unis tendues, et font en sorte que John Diefenbaker semble faible en ce qui concerne les questions de la défense au Canada. (Voir Le Canada et les États-Unis.) Son successeur, Lester B. Pearson, engage le Canada dans l’acceptation d’ogives nucléaires pour défendre le pays.

L’annulation du Avro Arrow en 1959 signifie que le Canada n’a pas de nouvel avion de chasse pour sa défense continentale. Au lieu, le gouvernement de John Diefenbaker achète 66 intercepteurs CF-101 Voodoo. Le Voodoo est conçu pour transporter la roquette Genie, qui est munie d’une ogive nucléaire. Le Canada doit initialement acheter 330 roquettes Genie avec des ogives nucléaires. Le nombre exact d’armes nucléaires présentes au Canada fait cependant l’objet de débats. Comme le missile Bomarc, le Genie n’a pas besoin d’atteindre une cible directement. Ces missiles peuvent faire tomber des cibles du ciel par leur explosion et leur onde de choc. Le missile Genie a une portée de 10 km et un rayon d’explosion de 300 mètres. Il a un rendement explosif de 1,5 à 2 kilotonnes (environ 10 % de la force explosive de la bombe d’Hiroshima). Les missiles Genie sont en activité de 1965 à 1984.  

 

Armes nucléaires canadiennes en Europe : Honest John et Starfighter

Tout au long de la Guerre froide, le Canada dispose d’une importante force militaire en Europe de l’Ouest. Ceci inclut d’importants déploiements de l’armée et des forces aériennes en France et en Allemagne de l’Ouest. Le Canada déploie des armes nucléaires dans le cadre de sa contribution pour l’OTAN à la défense de l’Europe de l’Ouest. 

La seule arme nucléaire détenue l’armée canadienne est la roquette d’artillerie nucléaire à courte portée appelée Honest John. Le Canada a accès à 16 ogives W31 à puissance variable réglées sur une puissance explosive de 2 kilotonnes. Quatre systèmes complets Honest John sont déployés en Allemagne de l’Ouest, tandis que deux systèmes demeurent au Canada pour la formation. Les ogives nucléaires ne sont déployées qu’en Allemagne. Honest John a une portée allant jusqu’à 50 km. Le Canada maintient ce système de 1964 à 1970. 

Les armes nucléaires les plus destructives et les plus nombreuses du Canada sont transportées par le CF-104 Starfighter de l’ARC. Entre 1964 et 1972, les Starfighters ont accès à différents types de bombes nucléaires avec une variété de puissances explosives. Celles-ci varient de 5 kilotonnes (environ 33 % de la force de la bombe d’Hiroshima) jusqu’à possiblement 1,45 mégatonne (presque 100 fois plus puissante que la bombe d’Hiroshima). Il est estimé que les Forces armées canadiennes auraient eu accès à un nombre situé entre 90 et 120 bombes nucléaires durant cette période. L’information concernant ces armes demeure limitée. 

 

Désarmement nucléaire

Tout au long de la Guerre froide, l’utilisation d’armes nucléaires par le Canada est controversée, et le sujet demeure un secret national bien gardé. Les autorités n’ont jamais confirmé ni nié la présence d’armes nucléaires sur les bases militaires canadiennes. Le Canada est généralement considéré comme étant la première nation à avoir volontairement renoncé à ses armes nucléaires. Les systèmes ont été désactivés à partir de 1968 et les désactivations se sont poursuivies jusqu’en 1984. (Voir Désarmement.) Le Canada maintient la capacité technologique de développer des armes nucléaires. Il demeure également protégé par le parapluie nucléaire américain et les armes nucléaires de ses alliés de l’OTAN.