Le Devoir

Le Devoir est un journal montréalais francophone fondé en 1910 par Henri Bourassa. Réputé pour son indépendance financière, le journal continue d’être publié quotidiennement même aujourd’hui.

Le Devoir est un journal montréalais francophone fondé en 1910 par Henri Bourassa. Réputé pour son indépendance financière, le journal continue d’être publié quotidiennement même aujourd’hui.


Origines idéologiques

En 1910, Henri Bourassa fonde le journal montréalais Le Devoir pour les lecteurs Canadiens français catholiques. Le journal adopte des positions contre l’Empire britannique et en faveur de l’indépendance canadienne. Le Devoir préconise aussi la lutte contre l’assimilation des Canadiens français et pour un statut égal avec la majorité anglophone au sein du Canada.

Éditoriaux au début 20e siècle

Le Devoir est un journal d'opinions et d'idées jaloux de son indépendance. La publication est au fil du temps utilisée comme plateforme d’expression sur divers enjeux.

Pendant la Première Guerre mondiale et Deuxième Guerre mondiale, Le Devoir mène une campagne contre la conscription en 1917 et en 1942. Dans les années 1930, la publication adopte des positions antisémites incluant notamment un appui pour une campagne de boycottage des commerces juifs via la campagne de « l’Achat chez nous ». (Voir antisémitisme au Canada.)

Durant les années de règne de Maurice Duplessis, le journal, sous l’influence de Gérard Filion et d’André Laurendeau, critique les tendances antisyndicales et le système de patronage du gouvernement.

Positions sur l’indépendance du Québec

Dans les années 70 et les débats sur l’indépendance du Québec, Le Devoir appuie la position fédéraliste. Les nationalistes et indépendantistes désertent le journal et fondent un concurrent, Le Jour. Cependant, aux élections de 1976, l’éditorialiste Claude Ryan recommande à ses lecteurs de voter pour le Parti québécois.

Au référendum de 1980 sur le projet de la souveraineté-association, une division idéologique se manifeste au sein de la publication. Le directeur intérimaire prend position pour le NON alors que trois autres membres de l'équipe éditoriale signent chacun un éditorial favorable au OUI. Par contre, quinze ans plus tard, lors du référendum de 1995 sur la souveraineté-partenariat, Le Devoir sera le seul journal au Canada à se déclarer en faveur du OUI.

Difficultés financières et modernisation

Dans les années 80, Le Devoir traverse une longue crise qui a failli l'emporter. Dans une tentative d'accroître son lectorat, Jean-Louis Roy augmente son contenu économique et culturel. Dans les années 90, Lise Bissonnette réalise une rénovation complète du journal qu'elle restructure tant au plan financier et administratif qu'au plan graphique et rédactionnel. Le Devoir quitte le Vieux-Montréal pour le centre-ville. Sa situation financière se redresse lentement mais graduellement.

Bernard Descôteaux entre en fonction alors que le journal, pour la première fois en presque vingt ans, recommence à faire de modestes profits. Il conserve la plupart des orientations définies par Lise Bissonnette tout en explorant des façons d'augmenter les revenus et le tirage. La couverture internationale du Devoir dépend en partie d'articles provenant des quotidiens français Le Monde et Libération.

Le Devoir est l'un des premiers journaux québécois à se doter, à l'été 1997, d'un site Internet. Aujourd’hui, le journal publie encore une version physique en parallèle à son contenu numérique.

En 2019, il est estimé que Le Devoir a reçu près 1,19 million lecteurs.


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