Franco-Américains

De la moitié du XIXe siècle jusqu'à 1930 environ, plus de 900 000 Québécois francophones émigrent aux États-Unis. Partis par vagues, surtout après la Guerre de sécession, vers 1890, ils se sentent chez eux et, en quelques générations, adoptent les us et coutumes de leur nouveau milieu.

Franco-Américains

De la moitié du XIXe siècle jusqu'à 1930 environ, plus de 900 000 Québécois francophones émigrent aux États-Unis. Partis par vagues, surtout après la Guerre de sécession, vers 1890, ils se sentent chez eux et, en quelques générations, adoptent les us et coutumes de leur nouveau milieu. On appelle leurs descendants des Franco-Américains, quoique le terme ne soit pas apparu avant la fin du XIXe siècle. Les quelque cinq millions de Franco-Américains constituent l'élément le plus important de la diaspora québécoise en Amérique du Nord.

Cet exode massif, « La Grande Hémorragie », ébranle la société québécoise et réveille un sentiment de xénophobie chez les habitants de la Nouvelle-Angleterre, où près de la moitié des émigrant Canadiens français s'établissent. La plupart viennent des régions rurales du Québec en quête de sécurité financière et d'emplois permanents, particulièrement dans les fabriques de textiles et de chaussures. Leurs aptitudes professionnelles se diversifient cependant aux cours des ans. Bon nombre deviennent commerçants et accèdent aux professions libérales. Vers 1930, lorsque la Crise économique met fin à l'émigration, les États de la Nouvelle-Angleterre ont acquis une importante population franco-américaine, dont la plus grande partie se retrouve dans des villes comme Lowell, Lawrence et New Bedford, au Massachusetts; Woonsocket, au Rhode Island; Manchester et Nashua, au New Hampshire; Biddeford et Lewiston, au Maine.

Dans certains quartiers des grandes villes américaines, ces Franco-Américains catholiques créent de « petits Canadas » où ils perpétuent la vie culturelle et les institutions religieuses des Canadiens français. Bien qu'ils s'américanisent, les descendants des émigrants québécois réussissent néanmoins, jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, à préserver leur identité probablement mieux que tous les autres groupes ethniques. Plusieurs figures importantes de l'histoire du Québec ont des racines franco-américaines : le journaliste Olivar Asselin, l'écrivain Honoré Beaugrand, l'essayiste Edmond de Nevers et le penseur ultramontain Jules-Paul Tardivel. Au début du XXe siècle, certains Franco-Américains reviennent au Canada et forment le noyau de plusieurs colonies francophones dans l'Ouest (voir Canadiens français dans l'Ouest).

Toutefois, étant donné qu'ils vivent surtout en milieux urbains, la majorité des Franco-Américains en viennent, avec le temps, à adopter la langue anglaise et le mode de vie américain. Certains d'entre eux, bien qu'anglicisés, s'intéressent encore aujourd'hui à leurs racines historiques et entretiennent un réseau de relations ethniques de même que certaines traditions folkloriques et gastronomiques. Quelques-uns, comme l'écrivain Jack Kerouac et le joueur de baseball Napoléon Lajoie, ont eu une influence majeure aux États-Unis. Les profonds changements qu'a connus la société québécoise à la suite de sa laïcisation et de sa Révolution tranquille font que les Franco-Américains et les Québécois ont moins en commun qu'autrefois.


Lecture supplémentaire

  • Yves Frenette, Étienne Rivard et Marc St-Hilaire, dir. La francophonie nord-américaine (Québec : Presses de l’Université Laval, 2012). Coll. Atlas historique du Québec.