Golf

Les origines du jeu demeurent nébuleuses, mais le golf tel que nous le connaissons aujourd'hui serait apparu en Écosse au cours de la dernière moitié du XVe siècle.

Lyon, George
George Lyon, golfeur. George Lyon est un athl\u00e8te accompli exceptionnel, mais c'est la médaille d'or qu'il remporte au golf aux Jeux Olympiques de St. Louis en 1904 qui est son principal titre de gloire (avec la permission du Panthéon des sports canadiens, www.cshof.ca).

Golf

Le golf est un sport de plein air qui se joue avec une petite balle dure et un ensemble de bâtons dont la tête est en fer ou en bois. Il consiste à faire le tour d'un parcours spécialement aménagé en frappant le moins de fois possible la balle posée sur un socle en forme de T, le tee, et de la faire pénétrer dans une cible constituée d'un trou creusé dans le sol. La plupart des parcours ont 18 trous. Le mot « golf » découle probablement de l'allemand kolbe, qui signifie « bâton ».

Les origines du jeu demeurent nébuleuses, mais le golf tel que nous le connaissons aujourd'hui serait apparu en Écosse au cours de la dernière moitié du XVe siècle. Pourtant, en 1491, le Parlement écossais avait adopté trois décrets pour en bannir la pratique, sous prétexte qu'il empêchait ses adeptes de se livrer à des occupations plus utiles et qu'il nuisait aux activités militaires. Malgré tout, la pratique du golf va se répandre, et lorsque des Écossais émigrent au Canada, ils y introduisent ce « jeu ancien et royal ».

Le premier club de golf du Canada, le Montreal Golf Club, est fondé en novembre 1873, à Montréal, par l'Écossais Alexander Dennistoun, qui en est aussi le premier président et le capitaine. Deux frères écossais qui ont émigré au Canada, John G. et David D. Sidey, l'aident dans son entreprise. Le parcours du club de Montréal est situé sur une propriété appelée Fletcher's Field, qui appartient à la ville. En 1884, la reine Victoria, par l'intermédiaire du comte de Derby, lui attribue l'épithète « royal ». En 1874, le club de golf de Québec (aujourd'hui, le club de golf Royal Québec) voit le jour. Son parcours, le terrain Cove, s'étend entre la citadelle et les plaines d'Abraham. Le troisième parcours du Canada est celui du club de golf de Toronto, fondé en 1876.

Le club de golf de Brantford (Ontario), créé en 1879, constitue le quatrième parcours. L'un de ses membres, Ralph H. Reville, met sur pied la première revue canadienne de golf, Canadian Golfer, en 1915. Reville assume jusqu'en 1932 la direction du magazine, qui deviendra une source primordiale de renseignements sur l'histoire du golf au Canada. Le premier parcours de 18 trous du Canada est inauguré à Victoria en 1893. Jusque-là, les golfeurs n'avaient joué que sur des parcours de 9 trous. En 1894, on fonde le club de golf de Winnipeg, suivi du club de Calgary en 1895, puis du club de Halifax et du club sportif d'Edmonton en 1896. Au tournant du XXe siècle, le golf est solidement établi au Canada. Le premier parcours de golf municipal est créé en 1912 par la ville d'Edmonton, et, en peu de temps, presque chaque ville du Canada a le sien. À présent, le Canada compte de nombreux parcours remarquables, dont le club de golf national à Woodbridge (Ontario) et le club de golf Glen Abbey à Oakville (Ontario), tous deux considérés comme les meilleurs parcours pour la tenue de championnats.

Les membres des clubs de golf, dans un esprit de saine compétition et de camaraderie, commencent à jouer les uns contre les autres. La première compétition interclubs se déroule au parcours Cove, à Québec, en 1876. L'équipe hôtesse défait celle de Montréal par 12 trous. En 1882, la première confrontation interprovinciale a lieu à Montréal et oppose Québec et Ottawa. En 1895, sous l'impulsion d'A. Simpson, secrétaire du club de golf Royal Ottawa (anciennement le club de golf d'Ottawa), on crée l'Association canadienne de golf, devenue par la suite l'Association royale de golf du Canada (ARGC). L'ARGC, qui a pour mandat de promouvoir et de développer le golf au Canada, de protéger les intérêts mutuels de ses membres et de régir les championnats nationaux, établit un système uniforme de classement, ou handicap, des joueurs. En 1895, elle organise au parcours d'Ottawa le premier championnat canadien amateur, que va remporter Tom Harley, un Écossais établi à Kingston (Ontario).

Au début, l'ARGC organise des championnats masculins et féminins. Le premier championnat canadien féminin, tenu en 1901 au club Royal Montréal, se termine par la victoire de Lily Young. En 1913, une membre du club de golf de Hamilton, Florence Harvey, fonde la Canadian Ladies' Golf Union (CLGU), sur le modèle d'une association féminine de golf formée en Angleterre et dont elle avait pu admirer le travail à l'occasion d'une compétition de golf à laquelle elle avait participé. En 1924, la CLGU, aujourd'hui l'Association canadienne des golfeuses (ACG), est en mesure de s'occuper de son propre championnat, et l'ARGC lui en a cédé la pleine gestion. L'ACG a adopté des objectifs similaires à ceux de l'association masculine.

À mesure que des golfeurs débutants se joignent à des clubs partout au Canada, un grand nombre d'Écossais qui y travaillent et qui sont des adeptes du golf feront office d'instructeurs et transmettront leur savoir-faire. En 1911, les joueurs professionnels se trouvent en si grand nombre qu'ils forment l'Association des golfeurs professionnels du Canada. En 1912, l'association tient son premier championnat professionnel au club de golf de Mississauga, près de Toronto. Quelques années auparavant, en 1904, l'ARGC organisait son premier omnium canadien, remporté par J.H. Oke, un Anglais qui séjournait depuis un certain temps au Canada. Toutefois, ce sont des membres de clubs canadiens qui gagneront 8 des 10 omniums suivants. George Cumming, golfeur professionnel au club de Toronto (1900-1950), les frères Charles et Albert Murray du club Royal Montréal et du club d'Outremont (Québec) et Karl Keffer du club Royal Ottawa vont s'illustrer pendant ces 10 années de tournois. De toute évidence, les professionnels peuvent à la fois enseigner le golf et y jouer, mais bientôt ces rôles seront séparés. En effet, le nombre de membres ne cesse d'augmenter, et la compétition se fait de plus en plus vive, si bien que pour pouvoir vivre du golf, tout joueur doit consacrer beaucoup de temps à la pratique et aux compétitions.

Les golfeurs amateurs ne sont pas moins occupés que leurs homologues professionnels. Un ancien joueur de cricket, George S. LYON, qui joue au golf aux clubs de Rosedale et de Lambton à Toronto, remporte huit titres amateurs entre 1898 et 1914 ainsi que l'épreuve de golf olympique en 1904. C. Ross « Sandy » Somerville du Hunt Club de London gagne six fois le titre amateur entre 1926 et 1937, et Ada MACKENZIE, fondatrice des clubs de golf et de tennis féminins à Thornhill (Ontario), est couronnée à cinq reprises championne amateur canadienne entre 1919 et 1935. Par la suite, d'autres amateurs de haut calibre font leur apparition, dont Marlene Stewart STREIT, 11 fois championne amateur, championne amateur de l'omnium britannique féminin (1953) et gagnante du championnat amateur américain chez les femmes (1956), et Gary Cowan de Kitchener (Ontario), gagnant du championnat amateur américain chez les hommes en 1966 et en 1971. Pendant que Somerville domine chez les amateurs (il remporte aussi le championnat amateur américain en 1932), les tournois interprovinciaux en équipes pour l'obtention de la coupe Willingdon sont inaugurés de concert avec le championnat canadien amateur. Les compétitions débutent en 1927 lorsque le gouverneur général, le vicomte Willingdon, offre la coupe à l'ARGC. Des équipes de quatre golfeurs s'affrontent annuellement pour l'obtention de la coupe après avoir remporté les finales provinciales. Comme les meilleurs golfeurs avancent en âge, des championnats seniors sont organisés pour répondre aux besoins de la compétition. Lyon remporte les six premiers tournois organisés par l'Association canadienne des golfeurs seniors entre 1918 et 1923.

Du côté des professionnels, l'omnium canadien devient l'un des titres les plus convoités. Des golfeurs du Canada, des États-Unis et d'ailleurs dans le monde se disputent des prix qui atteignent un million de dollars en 1992. De 1920 à 1935, la coupe Rivermead est en jeu; de 1936 à 1970, la coupe Seagram Gold prend le relais; suivie du trophée Peter Jackson après 1971. Sur le circuit américain professionnel, le Canadien Stan LEONARD gagne trois épreuves entre 1957 et 1960, tandis que George KNUDSON en remporte huit avant de devenir instructeur à la fin des années 70. Il a aussi obtenu la Coupe du monde en 1968 avec Al Balding. Sur le circuit féminin, Sandra POST d'Oakville (Ontario) domine le championnat de l'Association des golfeuses professionnelles à sa première année sur le circuit et gagne plus d'argent que tout autre golfeur professionnel, homme ou femme. En 1980, Dan HALLDORSON et Jim Nelford gagnent la Coupe du monde du golf professionnel pour le Canada. La même année, Halldorson remporte un tournoi du circuit américain, et en 1981, Dave BARR de Kelowna (Colombie-Britannique) fait de même. En 1984, Nelford, Halldorson et Barr figurent parmi les 100 golfeurs qui ont gagné le plus d'argent sur le circuit américain.

Aujourd'hui, les professionnels canadiens jouent partout dans le monde sur les circuits asiatiques, européens et américains et ils connaissent du succès. En 1992, on compte trois gagnantes canadiennes sur le circuit de la LPGA et un gagnant, Richard Zokol, sur le circuit lucratif de la PGA. Dans les années 80, on revitalise le circuit canadien de la PGA, qui comprend désormais plus de 15 épreuves et plus de 2 millions de dollars en prix. Des jeunes professionnels du monde entier jouent sur ce circuit, et un grand nombre passent au circuit de la PGA américaine.

Toujours dans les années 80, on dénombre plus de 1300 clubs au sein de l'ARGC. Le golf junior est aussi bien implanté depuis la tenue des premiers championnats juniors en 1938. Les meilleures golfeuses juniors participent au championnat canadien junior féminin depuis 1955. Stimulés par les prix en argent offerts partout dans le monde et encouragés par l'ARGC, par l'ACG ainsi que par les associations provinciales de golf, les golfeurs juniors commencent à envisager le golf comme une carrière et à fréquenter des universités grâce à des bourses offertes par des associations de golf. Créée en 1979, la Fondation canadienne du golf, une branche de l'ARGC, se veut un organisme central où il est possible d'obtenir des informations sur le golf canadien. En 1982, elle accorde des bourses aux Canadiens admissibles qui veulent poursuivre des études universitaires.

La longue tradition qui a fait du golf un sport de participation, l'environnement agréable dans lequel il se pratique et le fait qu'on puisse y jouer jusqu'à un âge avancé lui garantissent une popularité durable. Le golf possède quelque chose de particulier qui explique l'intérêt indéfectible des joueurs (peut-être est-ce le test d'habileté personnel), et malgré l'augmentation du coût des terrains, la hausse continue des frais d'admission et la réputation injustifiée selon laquelle il serait réservé à la classe riche et oisive, le golf traverse les siècles sans perdre son pouvoir d'attraction.


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