Joe Schlesinger

Josef Schlesinger, C.M., journaliste, correspondant à l’étranger (né le 11 mai 1928 à Vienne, en Autriche; mort le 11 février 2019 à Toronto, en Ontario). Joe Schlesinger est un journaliste voyageant à travers le monde qui immigre au Canada après avoir fui la Tchécoslovaquie occupée par les nazis. Travaillant pour la CBC pendant une période de temps assez longue, il fait des reportages sur certains des grands événements mondiaux du 20e siècle, dont la guerre du Viêt Nam, la Révolution en Iran et la Chute du mur de Berlin. Il est membre de l’Ordre du Canada, reçoit un prix pour l’ensemble de ses réalisations de la part de la Fondation pour le journalisme canadien et est admis au Temple de la renommée de CBC News.



Enfance et évasion de la Tchécoslovaquie nazie

Josef Schlesinger est né à Vienne en 1928, il est le premier fils dans la famille d’Emmanuel et de Lilli Schlesinger. Lui et son frère Ernest grandissent à Bratislava, dans l’ancienne Tchécoslovaquie. Ses parents sont des Juifs dévoués qui ont un magasin de produits de nettoyage. Lorsque les nazis envahissent la Tchécoslovaquie en 1939, les parents de Josef Schlesinger organisent la fuite de leurs fils en Angleterre par le Kindertransport, l’organisation qui conduit des milliers d’enfants, principalement juifs, en Angleterre dans les mois précédant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale . Emmanuel et Lilli réussissent à se procurer un passage pour leurs enfants sur le dernier transport organisé par Nicholas Winton, le 30 juin 1939. 

Formation et début de carrière

Josef Schlesinger se rend compte plus tard que son enfance tumultueuse a inspiré son intérêt pour le journalisme . Lui et son frère retournent en Tchécoslovaquie après la guerre et apprennent que leurs parents n’ont pas survécu à l’Holocauste . En 1948, Josef Schlesinger commence à travailler comme traducteur pour l’Associated Press à Prague, mais il se sent de plus en plus en danger lorsque le gouvernement communiste de l’après-guerre commence à arrêter des journalistes. En 1950, il paye un passeur pour emmener, lui et une amie, dans une ville frontalière, où ils traversent une rivière gelée pour aller en Autriche. 

Josef Schlesinger s’enfuit au Canada et il s’installe à Vancouver , où son frère vit déjà. En arrivant, il se trouve un travail comme ouvrier de la construction et serveur avant de s’inscrire à l’Université de la Colombie-Britannique . Il passe un jour par le bureau du journal étudiant, The Ubyssey, et comme il le dit dans son mémoire de 1990 Time Zones, il « se trouve un nouveau foyer ». Plus tard, il travaille pour le journal Province où il fait les reportages sur des affaires criminelles pour ensuite déménager à l’Est pour un poste au Toronto Star

À la recherche d’un emploi plus dynamique, Josef Schlesinger quitte le Canada pour l’Europe où il travaille pour United Press International à Londres et pour l’International Herald Tribune à Paris. 

Travail pour la CBC

Josef Schlesinger revient à Toronto en 1966, où il commence sa carrière de presque 30 ans à la CBC . D’abord, il occupe un poste de cadre, mais ensuite il gravit les échelons pour être réalisateur en chef d’une émission emblématique d’actualités The National, qui paraît tous les soirs. Bill Cunningham, à qui on confie la tâche de réorganiser l’émission, propose à Josef Schlesinger d’être metteur en ondes de nouvelles mondiales. Plus tard, Bill Cunningham admet que l’accent étranger de Josef Schlesinger n’est pas un inconvénient, mais un avantage : « Il avait l’air de quelqu’un qui connaissait des choses sur l’Europe. De plus, il avait des compétences en journalisme pour faire ce travail. »

 Josef Schlesinger se rend compte qu’il a envie de retourner sur le terrain. En 1970, il déménage à Hong Kong à titre de correspondant de la CBC pour l’Extrême-Orient. Il s’en suit une longue carrière de plusieurs décennies de correspondant au cours desquelles il fait des reportages sur des événements mondiaux. Dans un documentaire de la CBC de 1994, Josef Schlesinger déclare que lorsqu’il cesse de « gravir les échelons » et qu’il recommence à faire des reportages, « Je suis plus heureux depuis, merci ». 


Correspondant à l’étranger

Tout au long des années 1970 et 1980, Josef Schlesinger voyage à travers le monde et il fait des reportages sur des événements éloignés pour la CBC . Au fil des ans, il est témoin de certains des événements les plus importants de la fin du 20e siècle. En 1971, il est l’un des rares journalistes à voir de ses propres yeux la « diplomatie du ping-pong » chinoise, dans le cadre de laquelle les joueurs de ping-pong chinois et américains s’affrontent pour mettre fin à l’isolement mondial de la Chine. En 1979, il fait un reportage sur la visite du pape à Auschwitz, où il est bouleversé par l’insensibilité des organisateurs qui servent le dîner sur la rampe de train du fameux camp de concentration. 

Josef Schlesinger est un journaliste acharné qui se bat pour avoir accès aux zones de guerre les plus hostiles. Pendant la guerre du Viêt Nam , il réussit à envoyer un rapport de la ville assiégée d’An Loc au cours de l’Offensive de Pâques de 1972 en faisant un trajet en hélicoptère avec des parachutistes sud-vietnamiens. Il fait un reportage sur la guerre des Contras au Nicaragua. Ensuite, il chevauche un éléphant avec une patrouille de l’armée à la poursuite des guérillas khmères rouges au Cambodge. Il est à Téhéran pendant la Révolution iranienne en 1979. Même si l’armée iranienne empêche les journalistes de quitter la ville, il réussit à se faufiler dans un village voisin pour demander aux gens ordinaires ce qu’ils pensent de la chute du Shah. 

Josef Schlesinger déménage constamment. En 1974, il s’installe à Paris, où il fait un entretien avec l’actrice légendaire du cinéma Brigitte Bardot. (« Je lui ai tapoté la main et je lui ai dit qu’elle était encore belle, alors elle m’a emmenée chez elle... et m’a présentée à son petit ami », a-t-il dit à La Presse canadienne en 2009.) 

Alors que les années 1980 touchent à leur fin, Josef Schlesinger voit l’ordre mondial dans lequel il est né s’effondrer. En 1987, il est témoin du fameux discours près du mur de Berlin du président américain Ronald Reagan qui met Gorbatchev au défi de « faire tomber ce mur » ! Enfin, en 1989, il retourne dans son pays natal, la Tchécoslovaquie, pour faire des reportages sur la révolution de velours à Prague, où le gouvernement communiste du pays est tombé. Réfléchissant plus tard, il dit : « Si j’avais pu retourner dans le passé juste pour un moment, ça aurait été cette journée à Prague 50 ans après mon départ en tant que réfugié du régime de Hitler, 40 ans après mon départ en tant que réfugié du régime de Staline, pour voir tout le système s’effondrer ». 

Retour au Canada et semi-retraite

Après avoir fait des reportages sur l’opération Tempête du désert au Koweït en 1991, Josef Schlesinger, âgé de 62 ans, décide d’arrêter son métier de correspondant de guerre. De retour au Canada, il obtient le poste de correspondant politique en chef de The National. En 1994, il prend officiellement sa retraite. Alors, CBC News crée une émission spéciale en deux parties intitulée Through My Eyes qui relate la vie et le parcours de Josef Schlesinger. Même après sa retraite, il continue à contribuer à la CBC et, à la fin des années 1990, il est l’un des animateurs de l’émission Foreign Assignment de CBC News Network avec Ian Hanomansing. 

En 2013, Josef Schlesinger apparaît comme narrateur à l’écran dans un documentaire sur Nicholas Winton intitulé Nicky’s Family. Les efforts de Nicholas Winton ne sont rendus publics qu’à la fin des années 1980. Josef Schlesinger se lie d’amitié avec son sauveur et il travaille fort pour faire connaître son histoire. « Sans Nicky Winton, je ne serais certainement pas en vie aujourd’hui », a-t-il déclaré à l’émission Sook-Yin Lee de la CBC en 2011. « C’est l’homme qui m’a offert le reste de ma vie. » 

En 2015, Josef Schlesinger écrit un article sur le sort des réfugiés syriens qui cherchent un asile auprès du Canada. Il essaie de persuader les Canadiens de manifester de la compassion plutôt que de la crainte et du ressentiment. Sa dernière chronique pour la CBC, sur les élections américaines et le tumulte entourant les problèmes de santé de Hillary Clinton, est publiée en septembre 2016.

Vie familiale et personnelle

Alors qu’il travaille pour l’International Herald Tribute à Paris dans les années 1960, Josef Schlesinger assiste à un dîner où il rencontre sa future femme, Myra « Mike » Kemmer, qui y est en poste comme agent du service extérieur américain. Ils se marient, et ils ont deux filles, Léah et Ann. Myra Kemmer meurt en 2001. Josef Schlesinger se marie plus tard avec la Dre Judith Levene, psychothérapeute . Ils vivent à Toronto jusqu’en 2019, année de la mort de Josef Schlesinger. Il meurt à l’âge de 90 ans, à la suite d’une longue maladie. 

Prix et distinctions honorifiques

Prix Gemini 

Meilleure performance d’un journaliste de la radio et de la télévision (1987)

Meilleur reportage (1992)

Meilleur segment de nouvelle de revue (2004) 

Autres 

Membre, Ordre du Canada (1994)

Prix John Drainie, ACTRA (1997)

Prix pour l’ensemble de ses réalisations, Fondation pour le journalisme canadien (2009) 

Doctorats honorifiques 

Doctorat honorifique en lettres, Université de la Colombie-Britannique (1992)

Doctorat honorifique en droit, Collège militaire royal du Canada (1997)

Doctorat honorifique en droit, Université Dalhousie (2000)

Doctorat honorifique en droit, Université Carleton (2010)

Doctorat honorifique en droit, Université Queen’s (2010)

Doctorat honorifique en lettres, Université de l’Alberta (2011)