La résistance de Kanesatake (la crise d’Oka) (résumé en langage simple) | l'Encyclopédie Canadienne

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La résistance de Kanesatake (la crise d’Oka) (résumé en langage simple)

À l’été 1990, un mouvement de résistance éclate à Kanesatake, au Québec, à proximité d’une ville nommée Oka. On a appelé cet événement « la crise d’Oka », « la résistance de Kanesatake » ou « la résistance mohawk ». Les manifestants kanyen'kehà:ka (mohawk), la police du Québec, la GRC et l’Armée canadienne ont été les principaux acteurs de ces événements. Tout a débuté lorsque des membres de la communauté kanyen'kehà:ka ont commencé à protester contre l’agrandissement d’un parcours de golf et la construction de maisons de ville sur des terres où se trouvait un cimetière autochtone. La situation est rapidement devenue violente et un policier, caporal à la Sûreté du Québec, a été tué. L’armée canadienne a alors été envoyée à Kanesatake. Finalement le projet d’agrandissement a été abandonné. Le gouvernement fédéral a acheté le terrain litigieux et la résistance a pris fin à la fin du mois de septembre. Cependant, la terre n’a pas été transférée aux Kanyen'kehà:ka. Cette résistance a eu des répercussions durables.

Cet article est un résumé en langage simple sur la résistance de Kanesatake (la crise d’Oka). Si vous souhaitez approfondir le sujet, veuillez consulter notre article intégral, La résistance de Kanesatake (la crise d’Oka).

Affrontement d'Oka

Contexte historique

Les terres autour d’Oka et de Kanesatake font l’objet de contestations depuis longtemps. Dès les années 1760 et jusque dans les années 1910, les Kanyen'kehà:ka (Mohawk), le gouvernement britannique et l’Église catholique se disputent cette terre. En 1851, les Kanyen'kehà:ka demandent au gouvernement de reconnaître que ces terres leur appartiennent, mais ce dernier ignore leur requête. Pendant plus d’un siècle, les divers paliers de gouvernement vont réagir de la même façon, les revendications territoriales des Kanyen'kehà:ka étant, par exemple, rejetées en 1975 et en 1977.

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Événements qui ont précipité la crise/résistance et premiers événements de la crise

En 1989, le maire d’Oka annonce un agrandissement d’un cours de golf et la construction de maisons de ville. Les Kanyen'kehà:ka (Mohawk) n’ont pas été informés auparavant de ce projet et ceux qui résident dans les environs de Kanesatake protestent. Cependant, les plans de construction se poursuivent. Pour arrêter les travaux, un groupe de Kanyen'kehà:ka érige une barricade. Peu de temps après, les Kanyen'kehà:ka de Kahnawake et d’Akwesasne se joignent aux manifestations. Un autre groupe, appelé la Société des guerriers mohawks, intègre également le mouvement.

La ville d’Oka demande à la Sûreté du Québec (SQ) de faire tomber les barrières érigées par les manifestants. À son arrivée sur place, la police utilise des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes avec, comme objectif, de disperser les manifestants. Après cela, des coups de feu sont tirés des deux côtés. Marcel Lemay, un agent de la SQ, est tué. La SQ décide alors de battre en retraite.

Résistance croissante

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Suite à la violence, un nombre croissant de personnes se joignent aux manifestations, qui prennent de l’ampleur. Les Kanyen'kehà:ka (Mohawk) de la réserve de Kahnawake bloquent le pont Mercier emprunté quotidiennement par les navetteurs pour aller à Montréal et en revenir. À ce moment‑là, les tensions sont devenues très fortes. Le mécontentement est très important parmi la population non autochtone de Montréal et des environs.

Implication de l’Armée canadienne

Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, demande au gouvernement fédéral d’envoyer l’armée pour mettre fin à la résistance, environ 4 000 soldats étant alors postés sur place. Après l’arrivée des militaires, les tensions s’accroissent encore notablement, en particulier sur l’île de Tekakwitha, située près de Kahnawake. La police et les soldats affrontent les Kanyen'kehà:ka (Mohawk), avec, à la clé, de nombreux blessés des deux côtés.

Importance historique de la résistance de Kanesatake

Partout au Canada, on s’intéresse à la résistance de Kanesatake, la population étant partagée à ce sujet. Certains soutiennent les Kanyen'kehà:ka (Mohawk) et d’autres non. La création d’une Commission royale sur les peuples autochtones est l’une des conséquences importantes de ces événements. Elle permet à la population canadienne de mieux comprendre les peuples autochtones au Canada et d’être sensible aux problèmes qui les affectent, notamment leurs revendications territoriales. Cela favorise également la création de mouvements autochtones à l’échelle nationale. La résistance de Kanesatake a été un tournant dans l’histoire des relations entre les Autochtones et les colons.