Les Ballets Jazz de Montréal

Leur répertoire, généralement accessible au grand public, trouve ses racines dans un style de danse jazz qui allie la technique du ballet classique à des déhanchements et des mouvements à la fois plus percutants et syncopés qui rappellent par moments les revues américaines.

Miles, Eric
Eric Miles (avec la permission des Les Ballets Jazz de Montreal/photo Spiro).
ghosts
\u00ab ghosts \u00bb, ballet dont les interprètes sont nathalie huot et robert rublinger, et dont la chorégraphie est signée james kudelka (avec la permission des ballets jazz de montréal; photo de michael slobodian).
Avec 100 représentations annuelles de par le monde, les Ballets Jazz de Montréal ont longtemps compté parmi les troupes canadiennes les plus populaires et les plus appréciées du public international.

Leur répertoire, généralement accessible au grand public, trouve ses racines dans un style de danse jazz qui allie la technique du ballet classique à des déhanchements et des mouvements à la fois plus percutants et syncopés qui rappellent par moments les revues américaines. Leur politique, librement interprétée, était de se produire sur de la musique jazz ou sur de la musique comportant des éléments rythmiques hérités du jazz traditionnel. Les tendances ouvertement populistes de la compagnie lui ont souvent valu le mépris des critiques canadiens et des partisans de formes moins accessibles de danse artistique. Les Ballets Jazz, pendant des années, ont vécu dans une large mesure grâce à leurs recettes, ne recevant aucune subvention fédérale. Parallèlement, ils ont su profiter de la popularité de la danse jazz en exploitant plusieurs autres écoles commerciales. Toutefois, à partir des années 1990, ils semblent décalés par rapport à l'évolution de la danse et, quoiqu'ils aient toujours gardé un public fidèle, ils ont eu du mal, pendant assez longtemps, à se donner une identité clairement définie.

C'est en 1972 que Eva VON GENCSY, Geneviève SALBAING et Eddy TOUSSAINT créent Les Ballets Jazz de Montréal. Ses principaux danseurs viennent de l'école fondée à Montréal en 1962, par von Gencsy, grande adepte de la danse jazz. E. Toussaint quitte la compagnie durant ces deux ans pour créer sa propre troupe et en 1977, Eva von Gencsy n'y oeuvre que partiellement, en tant qu'enseignante et chorégraphe pigiste. G. Salbaing, administratrice de la compagnie au départ, n'en devient alors que l'unique directrice artistique.

Sous la direction de Salbaing, le répertoire devient beaucoup plus varié et la troupe entreprend une grande tournée au Canada et à l'étranger, se produisant dans les grandes villes du monde comme dans les petites communautés. Ses tournées l'amènent à danser dans toute l'Amérique du Nord et du Sud, en Australie, en Russie, en Afrique et partout en Europe.

Les premiers temps, le répertoire des Ballets Jazz comprend des œuvres de chorégraphes canadiens reconnus tels que Brian MACDONALD et James KUDELKA, de même que des œuvres de nombreux chorégraphes étrangers, parmi lesquels Mauricio Wainrot, Vicente Nebrada, Lynne Taylor-Corbett, Ulysses Dove, Louis Falco, David Parsons et Buzz Miller.

Sentant la nécessité de renouveler la direction, G. Salbaing décide de céder son poste à William Whitener, qui sera, sous la supervision de cette dernière, directeur artistique désigné de novembre 1991 à juin 1992. En novembre 1993, W. Whitener, célèbre danseur américain et chorégraphe prometteur qui avait entrepris de redéfinir l'image de la compagnie, part après avoir accepté de devenir le directeur artistique du ROYAL WINNIPEG BALLET. Un membre de la compagnie, Yvan Michaud, assure la direction artistique jusqu'à l'arrivée du chorégraphe argentin Mauricio Wainrot, le 1er juillet 1994. Moins d'un an après, M. Wainrot démissionne et Michaud est confirmé au poste de directeur artistique. En septembre 1998, il est remplacé par Louis ROBITAILLE. Sous sa direction, les Ballets Jazz continuent de s'éloigner de la danse jazz de leurs origines, pour devenir une troupe de ballet contemporain plus diversifiée sur le plan artistique. Le nom historique de la compagnie n'embrasse plus toute la gamme de styles des œuvres présentées par la troupe.

Louis Robitaille fait passer les contrats des danseurs de 38 à 42 semaines et les tournées des BJM sont de quatre mois en moyenne par an, au lieu du maximum historique de six mois. Il fait découvrir au public une nouvelle génération de chorégraphes, avec un répertoire qui donne largement la préférence à des Canadiens, comme Shawn Hounsell et Dominique Dumais, et aux danseurs depuis longtemps dans la troupe que sont Susan Gaudreau et Edgar Zendejas. La compagnie doit certains de ses plus grands succès du nouveau millénaire aux Canadiennes Crystal PITE et Aszure Barton à la carrière internationale alors naissante. Les BJM préfèrent « découvrir » des chorégraphes avant qu'ils ne percent sur la scène mondiale, mais il leur arrive, par amour de la danse contemporaine, de se retrouver en compétition avec d'autres compagnies pour les œuvres de chorégraphes plus connus, comme l'Italien Mauro Bigonzetti.

Depuis qu'ils existent, les BJM gardent leur image chaleureuse non seulement par le choix des œuvres qu'ils présentent, mais aussi grâce à leur plus grand atout, leurs danseurs toujours aussi effervescents.

En 2008, la compagnie change de nom et devient bjm danse Montréal, mais cet assaut de modernité ne fait que semer la confusion, et en 2011, associant l'ancien et le nouveau, elle opte pour BJM - Les Ballets Jazz de Montréal.

En 2012, les BJM fêtent leur 40e anniversaire par 18 mois de représentations dans le monde entier et dans tout le Canada, avec une nouvelle œuvre maîtresse commandée au jeune chorégraphe israélo-américain Barak Marshall.


Lecture supplémentaire

  • Michael Crabb, Encounters in Motion 40 Years On (2012).