Infirmières militaires du Service de santé de l’Armée canadienne

Plus de 2 800 infirmières civiles formées se sont enrôlées dans l’Armée canadienne durant la Première Guerre mondiale, devenant ainsi les premières femmes du monde moderne à détenir des commissions militaires en tant qu’officières. En tant que membres du Corps médical de l’Armée canadienne (CMAC), les infirmières militaires soignaient et prenaient soin des soldats blessés, à l’étranger et au pays. Au moins 58 d’entre elles sont décédées de maladie ou des conséquences d’actions ennemies durant la guerre.

Plus de 2 800 infirmières civiles formées se sont enrôlées dans l’Armée canadienne durant la Première Guerre mondiale, devenant ainsi les premières femmes du monde moderne à détenir des commissions militaires en tant qu’officières. En tant que membres du Corps médical de l’Armée canadienne (CMAC), les infirmières militaires soignaient et prenaient soin des soldats blessés, à l’étranger et au pays. Au moins 58 d’entre elles sont décédées de maladie ou des conséquences d’actions ennemies durant la guerre.
Infirmières militaires canadiennes

Faits importants : Infirmières militaires canadiennes durant de la Première Guerre mondiale

Le Corps médical de l’Armée canadienne (CMAC) a été créé en 1904 et incluait un service infirmier permanent.
Les infirmières militaires étaient surnommées les « bluebirds » (merles bleus) en raison de leurs uniformes bleus et leurs voiles blancs.
2 845 infirmières militaires ont servi au sein du CMAC durant la Première Guerre mondiale.
Au moins 58 infirmières militaires sont décédées (21 d’entre elles des suites d’actions directes de l’ennemi).
Les infirmières militaires du CMAC ont servi au Canada, en Angleterre, en France, en Belgique, en Russie, et en Méditerranée à Gallipoli et à Salonique.

Les premières officières

En 1904, la milice canadienne crée le Corps médical de l’Armée canadienne (CMAC) qui comprend un petit service infirmier permanent. Seules les femmes sont admissibles à servir en tant qu’infirmières militaires. L’armée crée un grade spécial d’officier pour les infirmières, avec le grade relatif de lieutenant, et le titre « infirmière militaire ». Leur désignation de grade complet est lieutenant/infirmière militaire ou, si elles gravissent les échelons de rangs, capitaine/infirmière militaire ou major/infirmière militaire. Jusqu’au milieu des années 1940, le Canada est le seul pays à commissionner des femmes en tant qu’officiers. L’infirmière-major en chef est à la tête du service infirmier.

Le service infirmier du CMAC est initialement composé de deux infirmières (Georgina Pope et Margaret Macdonald). En 1914, on y compte cinq infirmières de l’armée régulière ainsi qu’une petite réserve d’infirmières civiles qui ont suivi une formation d’infirmière militaire d’un mois et ont participé à un camp d’entraînement.

Le saviez-vous?

Georgina Fane Pope a servi durant la guerre d’Afrique du Sud (1899-1902) et a été la première infirmière-major du service infirmier du CMAC (1908). Pendant la majeure partie de la Première Guerre mondiale, Georgina Pope était responsable de la formation des infirmières à Halifax. Elle a été envoyée outre-mer en 1917, lorsqu’elle avait 55 ans. Elle a d’abord été affectée en Angleterre et ensuite au 2e hôpital militaire fixe canadien en France. Georgina Pope était présente lors du bombardement des unités hospitalières du CMAC à Étaples en 1918 et elle a souffert du traumatisme dû au bombardement ( trouble de stress post-traumatique). En 1919, elle a pris sa retraite du CMAC avec une pension pour blessures de guerre.


Lorsque la guerre est déclarée en août 1914, le CMAC nomme Margaret Macdonald à la tête du service infirmier. Elle est chargée de recruter et de mobiliser des infirmières civiles. Margaret Macdonald est la première femme de l’Empire britannique à détenir le grade de major.

Qui sont-elles ?

La nomination au service infirmier du CMAC exige que les femmes aient la citoyenneté britannique, qu’elles aient obtenu un diplôme d’un programme de trois ans reconnu en soins infirmiers, qu’elles fassent preuve d’une haute moralité, d’un comportement digne, d’une bonne condition physique, et qu’elles aient entre 21 et 38 ans. Toutefois, certaines infirmières militaires sont admises dans le Corps sans répondre aux critères standard. Certaines femmes n’ont pas de formation d’infirmière professionnelle, d’autres sont plus jeunes ou plus âgées que l’âge requis, et d’autres sont mariées.

Au total, 2845 infirmières militaires servent dans le CMAC durant la Première Guerre mondiale, à l’étranger comme au Canada. La vaste majorité d’entre elles sont des infirmières pleinement qualifiées. Vingt-neuf autres femmes réussissent à se glisser dans les rangs, quelques-unes avec d’autres qualifications professionnelles. Deux femmes médecins s’enrôlent comme infirmières militaires parce qu’elles n’ont pas l’autorisation de s’enrôler en tant que médecins. D’autres obtiennent souvent leur nomination grâce à leurs relations politiques, en dépit d’une absence de qualification. Elles servent en tant qu’infirmières en résidence et elles sont chargées de gérer les conditions de vie des infirmières.

En moyennes, les infirmières militaires ont 29,9 ans lorsqu’elles s’enrôlent, bien que l’une d’entre elles soit âgée de 19 ans et au moins deux de 56 ans. La plupart sont Canadiennes de naissance avec des origines britanniques. Bien que le règlement stipule que seules les célibataires, les divorcées ou les veuves peuvent s’enrôler (c’est-à-dire des femmes n’ayant aucun enfant à charge), les femmes trouvent des moyens de contourner cette exigence. Leurs journaux ou leurs lettres font mention de collègues infirmières qui se sont mariées en secret, mais n’ont pas démissionné de leurs commissions comme elles auraient été censées le faire une fois mariées.

Les affectations

Les infirmières militaires du CMAC servent au Canada, en Angleterre, en France, en Belgique, en Russie, et en Méditerranée à Gallipoli et à Salonique. Elles servent de 1914 jusqu’au début des années 1920, longtemps après que la signature de l’armistice mette fin à la Première Guerre mondiale en novembre 1918. Les soldats blessés ont encore besoin de soins et de réhabilitation. L’épidémie de grippe qui se déferle sur les camps militaires durant les années 1918 et 1919 prolonge également le besoin d’infirmières.

Au fur et à mesure de la démobilisation du Corps expéditionnaire canadien, le service infirmier diminue progressivement en nombre, et lorsqu’arrive 1920, il constitue un établissement d’après-guerre composé de seulement 12 infirmières militaires. Cette année-là, le service médical est réorganisé et désigné Corps de santé royal canadien.

Legs

Au moins 58 infirmières militaires meurent durant la Première Guerre mondiale, 21 d’entre elles des suites directes d’actions ennemies. Six infirmières sont tuées lorsque l’Hôpital général canadien no 1 et le 3e hôpital militaire fixe canadien no 3 sont bombardés en France en mai 1918. Lorsqu’un sous-marin allemand torpille et coule le navire-hôpital canadien Llandovery Castle en juin 1918, les 14 infirmières militaires à bord périssent (voir Naufrage du NHSM Llandovery Castle). Une autre infirmière militaire meurt lorsqu’un sous-marin allemand coule le RMS Leinster en octobre 1918. D’autres meurent de maladies liées à leur service en temps de guerre.

Parmi les infirmières militaires qui ont servi, neuf reçoivent des médailles militaires, 317 infirmières reçoivent la Croix-Rouge royale, une est nommée à l’Ordre royal de Victoria, et 169 sont citées à l’ordre du jour. Deux infirmières-majors en chef reçoivent l’Ordre de l’Empire britannique. Plus de 50 d’entre elles reçoivent également d’autres décorations étrangères supplémentaires.

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