Les infirmières militaires et la participation des femmes à l’effort de guerre

Par comparaison avec de nombreux autres pays, le Canada a été relativement épargné par les guerres.

Infirmières militaires
Le 10 septembre 1944, à Montreuil, en France, le lieutenant B. Rankin fait une transfusion sanguine à un soldat blessé (avec la permission du ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-128234).
Les Infirmières Arrivent
Les infirmières arrivent en France, 1944 (Aikman, DND PA-108174).
Infirmières militaires (1940)
À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, 4480 infirmières militaires avaient fait du service (avec la permission de l'U. York/Toronto Telegram Coll.).

Par comparaison avec de nombreux autres pays, le Canada a été relativement épargné par les guerres. Notre Confédération de 1867 s’est déroulée dans la paix, ce qui est loin d’être le cas pour d’innombrables nations issues d’affrontements violents. La plupart des conflits auxquels a participé le Canada se sont déroulés en sol étranger. Contrairement à plusieurs pays d’Europe, par exemple, où bâtiments, rues et champs portent la trace indélébile de bombardements et de batailles passés, notre territoire est intact.

Les Canadiens, hommes et femmes, ne sont pourtant pas à l’abri des ravages de la guerre. Nous célébrons solennellement la bravoure de nos soldats et saluons leurs sacrifices dans les deux guerres mondiales, différents conflits étrangers et nos missions de maintien de la paix. Mais qu’en est-il des efforts déployés par les femmes, plus particulièrement ceux des infirmières qui ont contribué à créer une noble tradition de service et de sacrifice?

C’est en 1885, pendant la Rébellion du Nord-Ouest, que les premières infirmières canadiennes se joignent à une unité militaire – dans ce cas exceptionnel, dans un combat engagé en sol canadien. Leur première incursion en sol étranger se produit moins de 20 ans plus tard lorsqu’elles sont déployées en Afrique du Sud, où la Guerre des Boers fait rage. Elles portent alors l’uniforme de l’armée canadienne. Peu après, en 1904, le Service de santé de l’armée canadienne est fondé; quatre ans plus tard, Georgina Fane Pope en devient la première directrice.

Les infirmières canadiennes sont rapidement reconnues par leurs collègues masculins pour l’importance de leur rôle et l’excellence de leur travail. Cette reconnaissance s’exprime bien entendu selon les normes appropriées à cette époque. Dans War Story of the Canadian Army Medical Corps, un ouvrage publié du temps de la Première Guerre mondiale, J. George Adami écrit ceci : « La profession infirmière [...] est plus valorisée au Canada qu’elle ne l’est au vieux pays [la Grande-Bretagne]. » Pendant le conflit, environ 3 000 infirmières canadiennes en service obtiennent un statut d’officier au sein du Service de santé de l’armée canadienne, ce qui leur confère un rang supérieur unique dans les forces alliées. J. George Adami ajoute que les infirmières canadiennes jouissent d’une formation plus poussée que leurs homologues d’autres régions du monde, ce qui se traduit par « un nombre considérable de directrices d’origine et de formation canadiennes dans les grands hôpitaux américains ».

Parmi les infirmières canadiennes ayant servi au front, 53 y sont décédées, dont 20 du fait de l’ennemi et 33 en raison de maladies. Souvent postées dans des hôpitaux de campagne à proximité du front, les infirmières sont exposées aux mêmes conditions défavorables que les soldats : puces, rats, mauvaise hygiène. Sur fond de bombardements et de tirs d’artillerie, elles tentent tant bien que mal de soigner les soldats blessés et mourants avec les moyens primitifs dont elles disposent. Huit infirmières canadiennes se sont vu décerner la Médaille militaire pour bravoure en service.

Depuis 1926, le Monument commémoratif des infirmières militaires se dresse dans le Hall d’Honneur de l’édifice du Centre sur la Colline du Parlement, pour que l’on n’oublie jamais les sacrifices consentis par ces pionnières des soins infirmiers au pays. Force régulière et force de réserve combinées, plus de 340 infirmiers et infirmières militaires œuvrent aujourd’hui au sein des Services de santé des Forces canadiennes. On dénombre également plus de 250 infirmiers et infirmières civils dans les centres des SSFC d’un bout à l’autre du pays.

Aujourd’hui plus que jamais, nous comprenons la véritable portée des propos – exacts quoique sobres – de J. George Adami lorsqu’il décrivait le travail accompli par les infirmières canadiennes au front : « Elles ont fait abondamment de bien. » Et personne n’est mieux placé pour le savoir que les patients qui ont reçu leurs bons soins.



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