Donald MacLaren

Donald Roderick MacLaren, pilote de chasse, héros de guerre et homme d’affaires. Né le 28 mai 1893 à Ottawa, en Ontario; décédé le 4 juillet 1988 à Burnaby, en Colombie-Britannique). Pendant la Première Guerre mondiale, MacLaren devient un as aérien et remporte 54 engagements aériens en moins de huit mois, un record exceptionnel.

Jeunesse

Donald MacLaren est le fils de Robert James et de Mary Jeanie MacLaren. Quand il est encore enfant, sa famille s’installe à Calgary, qui est alors une petite ville frontalière. Son père lui enseigne le maniement des armes à feu, et Donald se révèle être un excellent chasseur de gibier à plumes, tant pour l’alimentation que pour le plaisir.

La famille déménage à Vancouver quand il a 17 ans. Après avoir achevé ses études secondaires, Donald MacLaren choisit d’étudier le génie électrique. En 1912, il est accepté à l’Université McGill, à Montréal. Cependant, il tombe malade avant d’avoir pu compléter sa deuxième année et retourne à Vancouver. Plutôt que de poursuivre ses études à McGill, il choisit de rester à Vancouver, où l’on croit qu’il étudie pour devenir arpenteur.

En compagnie de son père et de son frère Roy, Donald s’installe à Red River Prairie dans le nord de l’Alberta, et y ouvre un poste de traite des fourrures. Il s’agit d’un endroit isolé, où l’on doit se déplacer à cheval, en canot, à pied, ou avec des traîneaux à chiens. Il découvre que ce milieu sauvage lui convient parfaitement. Donald MacLaren passe l’été 1916 dans le Grand Nord avec une équipe d’arpenteurs gouvernementaux. Quand il revient chez lui à l’automne, il apprend que Roy s’est engagé dans l’armée canadienne et qu’il est parti combattre dans la Grande Guerre qui fait rage en Europe depuis 1914. Au printemps 1917, Donald et son père vont à Vancouver pour s’enrôler. Robert est refusé en raison de son âge avancé. Donald, quant à lui, est accepté dans le Royal Flying Corps.

Départ pour la guerre, 1917

Donald MacLaren est formé aux bases de Long Branch, Armour Heights et Camp Borden, en Ontario, où il s’entraîne au pilotage, au tir au canon et à la reconnaissance. Il obtient son brevet de pilote en août 1917. Il est ensuite envoyé en Angleterre, où il suit un entraînement plus intensif en tactiques et en manœuvres aériennes. À ce stade de la guerre, de lourdes pertes dans les airs convainquent les commandants de la RFC qu’une amélioration de la formation au combat est essentielle afin de réduire les pertes et d’obtenir la supériorité aérienne. Donald MacLaren arrive en France en novembre. Il rejoint le 46e escadron au rang de sous-lieutenant et pilote un Sopwith Camel.

Ses trois premiers mois sur le front Ouest sont relativement calmes. Il participe à des patrouilles aériennes et à des raids de bombardement, mais l’aviation allemande continue de briller par son absence, et les rares avions ennemis aperçus par les pilotes alliés évitent les combats. Les Allemands veulent en fait conserver leur personnel et leur équipement aérien en prévision d’une importante offensive printanière. Donald MacLaren doit donc attendre jusqu’au 6 mars pour son premier combat aérien, au cours duquel il abat un avion hanovrien. Quatre jours plus tard, il descend un Albatros D.V.

Offensive allemande de 1918

Les Allemands déclenchent leur grande offensive le 21 mars 1918, dans l’espoir de remporter une victoire décisive sur les Alliés occidentaux avant l’arrivée en France des forces américaines, qui s’étaient récemment jointes au conflit. Ce jour-là, Donald MacLaren participe à une mission de bombardement qui détruit un canon allemand à longue portée cinq ou six miles derrière les lignes ennemies. Pendant son vol de retour, il abat deux chasseurs allemands et un ballon d’observation, ce qui lui vaut la Croix militaire.

L’aviation allemande revient en force dans les cieux. Jour après jour, des combats aériens (au moins l’un de ceux-ci impliquant plus d’une centaine d’appareils) font rage dans les cieux du front de l’Ouest. Projeté dans le feu de l’action, Donald MacLaren s’avère être un pilote hors pair et un redoutable tireur. À la fin du mois de mars, il a remporté 13 victoires aériennes et reçoit le titre d’ « as », un statut réservé aux pilotes ayant remporté au moins 5 victoires.

Le 6 avril, quelques jours après l’amalgamation des Royal Flying Corps et du Royal Naval Air Service dans la Royal Air Force, Donald MacLaren est promu au rang de capitaine. À la fin mai, il a abattu un total de 32 appareils ennemis, en dépit d’un atterrissage forcé après que son appareil ait été gravement endommagé par des tirs antiaériens. Donald voit sa Croix militaire décorée d’une agrafe supplémentaire en reconnaissance de ce que son commandant appelle « une magnifique bravoure et une intrépidité sans égale ».

Les derniers mois de la guerre

Les mois de juin et juillet 1918 sont marqués par les dernières offensives majeures des Allemands. Donald MacLaren y abat neuf appareils de plus et continue d’accumuler les victoires aériennes lors de la contre-offensive alliée qui brise les lignes allemandes et force l’ennemi à signer l’armistice du 11 novembre.

Quand la guerre prend fin, il a 54 victoires aériennes à son nom, ce qui le place au sixième rang parmi les as de l’air alliés (position qu’il partage avec un autre as) et troisième parmi les Canadiens, où il est surpassé par Billy Bishop et Raymond Collishaw. En plus de sa Croix militaire avec agrafe, Donald MacLaren reçoit l’Ordre du service distingué et la Croix du service distingué dans l’aviation. Le gouvernement français le nomme également chevalier de la Légion d’honneur et lui décerne la Croix de Guerre.

Lorsqu’on lui demande s’il éprouve des remords pour les hommes décédés dans l’écrasement des avions qu’il a abattus, Donald MacLaren répond : « La première fois que j’ai vu deux Allemands se faire sortir de leurs appareils, que nous avions abattus derrière nos lignes, j’ai été frappé par l’émotion… Mais l’émotion qui nous frappait le plus était une grande affection envers nos propres confrères, et nous étions pleinement conscients que chaque Allemand qui s’échappait pourrait plus tard tuer un ou plusieurs de nos camarades ».

Vie après la guerre

En 1919, Donald MacLaren est promu major. Il aide à mettre en place la jeune Aviation canadienne, occupant les postes de directeur des services aériens et d’agent de liaison avec le ministère de l’Air britannique. En 1920, il soumet sa démission à l’Aviation canadienne et se lance en aviation commerciale.

De retour à Vancouver, il fonde sa propre compagnie, Pacific Airways Ltd. Cette entreprise ne compte qu’un seul employé (lui-même) et un seul appareil, un hydravion à coque. Donald MacLaren travaille pour les gouvernements fédéraux et provinciaux, effectuant des opérations de surveillance des pêches et des levés aériens. En 1926, il apporte une contribution importante à la fondation des premiers clubs aériens privés. L’ARC déléguera à ces clubs plusieurs aspects de l’aviation civile, et y trouvera une bonne source de pilotes à appeler en temps de guerre. Avec le développement du commerce aérien, Donald MacLaren occupe divers postes chez Western Canada Airways, Canadian Airways et chez les Lignes aériennes Trans-Canada.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Donald MacLaren participe à la formation de la Ligue des cadets de l'Air du Canada et en devient le président en 1944. En 1977, il est intronisé au Temple de la renommée de l’aviation canadienne.

Il meurt à l’âge de 95 ans. Ses médailles sont maintenant exposées au Musée canadien de la guerre à Ottawa.

Voir aussi La guerre dans les airs.